Lausanne sous les bombes de peinture 2/2

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Dans nos villes, l’espace public est majoritairement occupé par des publicités et des enseignes, profitant de l’attention du passant qui lève les yeux. A la recherche de la friche perdue et de l’herbe qui s’échappe des pavés, j’ai cueilli pour vous aujourd’hui quelques graffitis lausannois. Deuxième galerie.

[Pour lire le premier article sur le sujet, suivez le lien]

Dans la galerie en fin d’article, des photos des deux autres murs légaux vous sont proposées. Les murs en question se trouvent dans des tunnels, respectivement au chemin du Martinet, entre l’avenue de Morges et celle de Provence, et sous le rond point de la Maladière.

Chiller avec ses bombes

Pour le graffeur, le mur légal comporte de nombreux avantages. Il donne du temps pour peindre une oeuvre sans crainte. En ville, combien de temps pensez-vous qu’il est possible d’activer sa bombe avant d’être découvert ? Par conséquent, il faut miser sur un type de graffiti rapide. Il s’agit généralement d’apposer son “throw up”, quelques lettres dont le contour est tracé d’une couleur et rempli par une autre, sans fioritures. Artistiquement, il est plus intéressant de pouvoir travailler plus longtemps et réaliser un dessin (une “pièce”) plus technique en changeant de nuances, en superposant les couches ou en utilisant plusieurs tailles d’aérosols. C’est aussi l’occasion pour les passants d’observer un processus qui resterait dans l’ombre s’il était uniquement pratiqué illégalement.

Légal et dans les règles

L’espace sur les murs légaux est limité, et les places sont donc chères. Un novice devra éviter de s’entraîner en recouvrant un dessin d’un ancien, à moins de demander à l’un de ces derniers où il ose faire ses armes. Parfois impatient, un graffeur inexpérimenté abîmera, sans protocole, l’oeuvre d’un autre. Si j’ai bien compris les codes, de manière générale, le fait de recouvrir un autre graffiti par le sien est un manque de respect : pour le dessin en lui-même ou pour des rivalités plus personnelles préexistantes. La question qui reste en suspens pour moi, c’est pourquoi, sur ces murs légaux, certains sont recouverts et d’autres, non ? La concurrence est plus rude vu l’espace restreint, mais qui décide ? L’amatrice que je suis tentera de faire la lumière sur ce point dans un prochain article. Si vous restez sur votre faim, c’est normal, je pénetre tout juste l’univers de l’art urbain.

 

Pour célébrer, l’éphémère, jetez un oeil à la galerie de photos !

2 réponses

  1. Raph
    | Répondre

    Est-ce possible de connaitre l’emplacement de ces graffitis et ceux du premier article également svp?

    • Mathilde
      Mathilde
      | Répondre

      Hello Raph,

      C’est vrai que je voulais faire une carte personnalisée pour pouvoir répertorier ces lieux.
      Dans l’article, il y a 4 lieux principaux, en partant du Flon :
      – Flon, près de l’Ejma
      – Le mur à côté de l’Eracom
      – Sous-voie du Chemin du Martinet
      – Rond point de la Maladière

      A Lausanne, il existe encore d’autres murs (plus ou moins) légaux qui sont évoqués dans cet article : https://www.lausannebondyblog.ch/inso-mundo/. J’espère avoir répondu à ta question ! Merci pour le commentaire

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