Fête du Slip 2017 : Le programme décortiqué

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“La Fête du Slip ? C’est quoi cette histoire ? Un gag ?”, cette réaction, inspirée de faits réels, est bien susceptible d’arriver pour cette édition encore. En effet, même si le paysage médiatique romand a petit à petit fondu pour cette manifestation cul-turelle, le nom qu’elle porte doit sûrement s’ériger en barrière pour une partie du public. Peut-être qu’il ne fait pas assez sérieux ? Est-ce qu’un titre pareil donne l’impression qu’une partouze se trame ? Si le doute persiste, une décortication du programme s’impose… Mais il est fort possible qu’à ce stade de l’article, seuls les aficionados déclarés soient encore de la partie.

Le festival des sexualités est multidisciplinaire, une approche par catégorie d’événements s’est donc tout naturellement imposée. A noter que, dans un processus de démocratisation, les événements sont maintenant accompagnés de piments, à la mode des restaurants à la cuisine épicées qui souhaitent rassurer leur clientèle aux papilles sensibles. Le système se rapporte dans le cas de la Fête du Slip à la teneur en contenus sexuellement explicites.

Des piments pour légender le programme

Compétition de films porno

La Fête du Slip n’est pas un festival de films porno, mais la manifestation intègre toutefois une compétition. C’est l’occasion de découvrir une pornographie différente, dont le processus de fabrication est éthique et dont le résultat final dépasse les lignes de démarcations classiquement respectées dans cette industrie très codée. Voir un film porno de manière collective, c’est aussi choisir de voir des images qui ne correspondent pas forcément à nos affinités, à l’opposé des mots-clés censés représenter des préférences tapées machinalement dans la barre de recherche des sites biens connus de “tubes” porno.

Les trois programmes de cette années (1, 2 et Slip d’Or) sont projetés dès le début du festival, le vendredi 3 mars à 18h. La séance du dimanche “matin” (c’est à dire à 12h) sera accompagnée de café et de croissants ! Toutes les projections auront lieu à l’Arsenic.

Conférence

Les sexualités ont leur place sur certains bancs d’universités. Celle de Lausanne a par exemple créé une plateforme dédié à cet effet, la PlaGe. Hors de ces murs, l’analyse peut exister lors de conférences ou débats. Cette cinquième édition de la FDS programme en partenariat avec Sid’Action une conférence intitulée “Esthétique de la lutte : la crise du sida 1987-1989”, histoire d’intellectualiser un peu le weekend. C’est samedi à 22 heures au Bourg, juste après la projection du documentaire à succès “How to Survive a Plague”.

Atelier

Rien de tel, plus particulièrement encore quand on parle de sexe, que de mettre les mains dans le cambouis. Ou le visage dans le cambouis. La pratique du “bondage du visage” sera présentée samedi à 17 heures par deux professionnels, Amaury Grisel et Franckie Vega, lors d’un atelier à la librairie Humus. Ils sont les auteurs de l’exposition photographique “L’Aquarium” à voir au même endroit.

Long-métrage

L’année dernière, le long-métrage “Tangerine” avait électrisé plusieurs membres de l’équipe du LBB. La programmation de cette année propose à nouveau plusieurs films en lien avec la sexualité : le travail du sexe, le manque d’amour (charnel) ou le lien entre danse et pornographie. Le documentaire “Kiki”, présenté en film d’ouverture vendredi puis samedi, s’intéresse lui au voguing (une danse) et à sa communauté afro-américaine LGBTetc.

Miscellanées

N’oubliez pas de regarder la programmation musicale proposée vendredi et samedi soir au Bourg pour faire parler les corps après les avoir vus. Un nouveau lieu, ajouté cette année au festival, l’Espace Saint-Martin, propose également l’indescriptible atelier-perfo-expo gratuit U-Naked de 20 heures à minuit vendredi et samedi.

Le programme est riche, le pass est à 80 francs… un investissement qui portera facilement ses fruits. D’autre part, pour les bourses moins garnies ou les publics plus frileux, de nombreuses activités estampillées « Gratuit free » se sont nichées aux quatre coins de Lausanne.

Une soirée voguing / CC by Miguel Martínez Díaz

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