Le pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle, à travers Lausanne

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Le pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle peut débuter depuis Lausanne ! Mais en quels endroits enchanteurs de la commune le chemin passe-t-il ? Je l'ai emprunté pour vous permettre de le découvrir et vous inciter à la promenade.

La ViaJacobi, c’est le tracé principal des chemins de Saint-Jacques de Compostelle qui traversent la Suisse. L’emploi du pluriel vous surprend ? C’est que vous ignorez, peut-être, qu’il n’y a pas un chemin, mais bien des chemins menant au tombeau du fameux Saint. La carte ci-dessous en répertorie, en quelque sorte, les veines les plus importantes, lesquelles veines sont encore rejointes par d’autres, secondaires, qui n’apparaissent pas ici.

© Mr Manfred Zentgraf

2 étapes de la Via Jacobi : Moudon-Lausanne et Lausanne-Morges

Je ne suis pas certain d’avoir été très clair, mais peu importe. En tant que Lausannois, apprenez au moins qu’il est possible de démarrer le pèlerinage depuis votre ville, puisque la ViaJacobi traverse la commune en diagonale, du nord-est au sud-ouest. Classiquement, les pèlerins, après avoir passé la nuit à Moudon, effectueront une grosse journée de marche pour rallier Lausanne à travers campagne et forêts du Jorat. Puis, après une nouvelle nuit d’un profond et serein sommeil, ils effectueront une promenade beaucoup moins éprouvante au bord du lac Léman, jusqu’à la jolie petite ville de Morges.

Ayant connaissance de ce tracé depuis quelques années déjà, il m’est venu l’idée d’en parcourir l’intégralité de la portion à travers Lausanne, afin de satisfaire ma curiosité personnelle, d’une part, et de vous en rapporter quelques impressions et quelques photos, d’autre part.

Suivons le chemin national suisse n° 4, qui n'est autre que la ViaJacobi !
Suivons le chemin national suisse n° 4, qui n’est autre que la ViaJacobi !

Mon supplice jusqu’à Saint-Sulpice

Pour ce qui est de mes impressions, la première qui me vient à l’esprit est celle-ci : la commune de Lausanne est beaucoup plus grande qu’on ne pourrait penser ! Pfiou, mes pieds s’en souviennent encore… J’habite le village de Vers-chez-les-Blancs, bien au nord, croyais-je, du district de Lausanne. Et le pèlerinage passe justement tout près de chez moi, en bordure de mon village. Perfectionniste par nature, je ne me serais toutefois pas autorisé de me diriger tout de suite plein sud direction ville. Il fallut d’abord que je rejoigne le point précis où le chemin entre dans la commune lausannoise, quelque part dans la forêt du Chalet-à-Gobet. Une petite trotte qui m’a déjà pris près de 2 heures. Pour ensuite revenir sur mes pas, pas très enchanté, je l’avoue, de me taper de telles distances dans les deux sens, car l’un des attraits principaux de la randonnée consiste bien-sûr en la découverte. Mais enfin bref, j’ai donc fini par retraverser mon village, et pu, à nouveau, connaître un intérêt certain à découvrir l’itinéraire précis de la ViaJacobi. Non sans souffrir physiquement, et de plus en plus. Surtout au sortir de la forêt, lorsqu’il a s’agit de marcher en pleine ville, sur l’asphalte et sous un soleil de plomb. Rien de tel pour parachever près de 8h de supplice depuis le moment où j’étais sorti de chez moi, pour enfin sortir de la commune au bord lac, à la frontière avec Saint-Sulpice où se trouve le complexe universitaire lausannois. Complètement cuit et bien content de m’asseoir enfin dans le M1 pour rentrer.

Un banc accueillant pour le pèlerin fatigué, tout près du village lausannois "Vers-chez-les-Blancs".
Un banc accueillant pour le pèlerin fatigué, tout près du village lausannois “Vers-chez-les-Blancs”.

J’exagère volontairement, la traversée de la commune n’est vraiment pas si pénible, surtout dans le sens de la descente. Mais j’en ai quand même largement sous-estimé la longueur et la difficulté. Un marcheur lent et qui prend des pauses multiples, comme ce fut mon cas, mettra donc bien 5 heures pour cette traversée, un marcheur dynamique et rapide bouclera peut-être l’affaire en 3h30 à peine. Mon objectif n’est pourtant pas de vous dissuader de reproduire mon expérience, mais de vous avertir. 😉 Le trajet peut bien-sûr être écourté, avec, par exemple, des départs possibles depuis le terminus du m2 aux Croisettes, depuis le signal de Sauvabelin, ou encore plus bas, depuis la Cathédrale de Lausanne.

Aspect spirituel

Au delà des considérations pratiques et physiques du chemin, il me faut aussi traiter de l’aspect spirituel. Ai-je éprouvé un rapprochement avec une autre dimension durant mon parcours ? Eh bien oui ! Il me semble bien qu’il y a un petit quelque chose de particulier sur ce chemin. Ce ressenti est difficile à décrire et je ne vais pas chercher à vous convaincre de quoi que ce soit. D’ailleurs, un esprit profondément athée et matérialiste peut facilement trouver des explications au vécu soit-disant transcendantal d’un pèlerin. Il se trouve par exemple que les tracés des chemins de Saint-Jacques ont été soigneusement choisis et passent en des endroits de nature à émerveiller l’esprit. Points de vue magnifiques, ponts au-dessus de petites rivières, coins de forêts apaisants, parcs somptueux, monuments et autres petites églises… Il y a déjà tout cela rien que dans la partie lausannoise du trajet, vous en avez un petit aperçu dans la galerie d’images ci-dessous. C’est beau même sans foi. C’est à se sentir touché par la grâce, même si Dieu n’est pas. Ou qu’il n’est plus, qu’il est mort.

Le chemin passe à côté de l'église de Saint-François.
Le chemin passe à côté de l’église de Saint-François.

Dieu est-il mort ?

“Dieu est mort”, a donc dit Nietzche. Cela peut paraître vrai lorsqu’on regarde les églises protestantes voire catholiques moribondes, un peu plus vides à chaque décès de paroissien. Cela peut paraître encore plus vrai si l’on prend le pouls de la jeune génération occidentale, européenne en particulier, qui présente globalement d’importants symptômes d’allergie à toute notion déiste.

Malgré tout cela, le christianisme se moque bien de la formule du brave philosophe, car il parle d’un Dieu qui ressuscite. Plus glorieux, tapageur et puissant encore qu’auparavant. Voyez ces églises évangéliques qui ont transformé les cultes traditionnels accompagnés d’orgue en véritables concerts de rock. Elles poussent un peu partout comme des champignons, parvenant à nouveau à séduire la jeunesse. Voyez aussi les statistiques relatives au pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle : de 10’000 pèlerins entrés dans la ville au tombeau en 1992, on est passé à 200’000 en 2013. Décidément non, Dieu n’est pas mort, mais les manières de le célébrer et de le rencontrer se renouvellent, l’ancien laissant la place au neuf.

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