Chapelier Fou aux commandes de Satellite pour un concert insolite

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Une rencontre musicale insolite aura lieu au bar de l’EPFL, Satellite, lors de la venue du musicien français Chapelier Fou. Présentation de l’artiste en vue d’un concert qui devrait valoir le détour.

J’avoue, je m’étais un peu emballée lors de mon précédent article qui annonçait un concert. En effet, la performance de Princess Nokia au Romandie le 1er novembre n’aurait pas mérité de teaser (merci pour le playback !).

Partons donc sur une valeur sûre dans un style complétement différent : Chapelier Fou. Cette fois-ci, il s’agit d’un artiste que j’ai eu la chance de voir en live à Bruxelles en mai dernier et dont la longue carrière fait du lui un musicien de scène expérimenté, même si encore et toujours timide.

Musique d’intello ?

Le matos de Chapelier Fou, photo par Kmeron (CC-BY-SA-NC).

Chapelier Fou est le nom de scène de Louis Warynski. Formé au Conservatoire de Metz dès ses 6 ans, il est multi-instrumentiste et a étudié la musicologie à l’université. Son parcours académique lui confère une image de musicien sérieux et de longues années de pratique lui ont permis d’acquérir une maîtrise de ses deux instruments : le clavecin et le violon. Cette dimension, scolaire, n’a pas entièrement satisfait Louis Warynski. Afin de s’extraire de cette vision, il s’est lancé dans une carrière plus libre et a adopté le nom du personnage sorti du fantaisiste conte de Lewis Caroll pour se lancer dans une carrière solo. Son premier LP porte le nom de « Darling, Darling, Darling » et sera suivi de huit EP ou LP.

Pour ma part, c’est la couverture de l’album 613, paru en 2010, qui avait attiré mon regard vers l’univers bien particulier du Chapelier. Pour s’y plonger en connaissance de cause, il vaut mieux savoir que les morceaux proposés sont pratiquement tous dénués de paroles. Les titres superposent des couches formant de multiples pistes pour accorder différents instruments dans une mélodie entêtante. On peut ainsi catégoriser Chapelier Fou comme musicien électronique.

Dans Alice au pays des merveilles, le personnage de Chapelier Fou porte des chapeaux hautes formes exubérants. Le musicien privilégie une sobre casquette plate. Devant les spectateurs, il construit, grâce à des pédales maniées à la perfection et un ordinateur, des boucles mêlant violon, piano et percussions. Ces constructions ressemblent à des tours de passe-passe élaborés, et l’on ne saurait qu’apprécier cette magie de l’instant.

La force du lieu

Reste à savoir si l’atmosphère délicate qui règne dans les concerts de Chapelier Fou pourra s’immiscer à Satellite. Le lieu, au cœur du campus de l’EPFL, réunit étudiants et collaborateurs de l’EPFL devant un immense panel de bières qui n’a rien à envier aux fûts multiples de la Mise en Bière. Même si le bar se transforme régulièrement en salle de concert et que le lieu a vu passer des acteurs importants de la scène française (No one is innocent, Aston Villa, Sarcloret) depuis son ouverture en 1987, pour quelqu’un comme moi, qui ne connait l’endroit que comme débit de boisson, il est ardu d’imaginer une audience attentive. Ce qui est intéressant et fait taire mes doutes, c’est que Chapelier Fou lui-même s’est déjà rendu sur place, en 2012, et qu’il sait dans quoi il s’aventure.

Informations pratiques

  • Si vous êtes rassurés, et convaincus, je vous convie donc à Satellite, le mercredi 20 décembre.
  • Horaire : Portes 20h / Concerts 20h30
  • Tarif : 10 CHF (5 CHF avec carte Sat)
  • Pour écouter Chapelier Fou, il y a plusieurs extraits sur son bandcamp.
Les pédales de Chapelier Fou, photo par Kmeron (CC-BY-NC-SA).

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