Princess Nokia, la « riot grrrl » du hip-hop en concert à Lausanne

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Le blogueur classique serait peut-être alléché par l’idée d’obtenir une accréditation en guise de rémunération pour son bénévolat. Après avoir profité du concert, il se serait retrouvé derrière son écran tout blanc pour vainement vous faire revivre un événement unique pour vous dégouter de ne pas avoir pu y assister. Bref, au lieu de vous prévenir après l’orage, je vais vous parler de Princess Nokia avant son passage à Lausanne mercredi 1er novembre.

La musique proposée par Princess Nokia est unique, mais son processus créatif ressemble à celui des artistes dont la carrière débute après 2010. C’est internet qui joue le rôle des radios-crochets. Sur Soundcloud, elle publie des mixtapes sous différents profils. Grâce aux capacités caméléonesques de l’identité numérique, Destiny Frasqueri de son vrai nom, prend différentes formes sur scène : Destiny ou Wavy Spice et enfin, Princess Nokia.

Origines et facettes multiples

Cette new-yorkaise d’origine portoricaine est un personnage multiple qui s’est construit au son du hip-hop – le style préféré de ses parents – mais aussi à force d’écouter du bon gros métal préconisé par sa baby-sitter goth qu’elle trouvait si cool, comme elle l’a raconté dans un long entretien pour The Guardian. Dans cet article, Princess Nokia décrit aussi son incursion dans la scène punk new-yorkaise, libératrice à travers sa culture du Do it yourself (DIY) et son irrévérence. Ses influences du côté gratteux de la force sont bien perceptibles dans ses titres, même s’il s’agit incontestablement de hip-hop. En effet, l’esprit gueulard est bien là, particulièrement dans des titres comme « Tomboy » ou « Kitana ». De ouï-dire, l’artiste a également gardé un côté punk sur scène, haranguant son public ou en se la jouant Pete Doherty (pas punk, mais instable) en terminant son set de manière abrupte après une petite demi-heure de show en juin lors du festival Bad Bonn Kilbi.

Coup de point figuré et littéral

L’autre facette qui distingue l’américaine, c’est son engagement féministe et queer, dont elle se revendique depuis son adolescence. Une couche supplémentaire de cette verve a été ajoutée à son attirail de guerrière lors de ses premières confrontations dans l’industrie de la musique, dès 2010. Le milieu, ni tendre et encore moins égalitaire, a mis de l’huile sur le feu de la rappeuse. Elle est d’ailleurs connue pour réserver la partie avant de ses salles de concerts aux femmes, afin de mettre à leur disposition un espace moins mixte et plus libre. En février 2017, Princess Nokia a aussi fait couler l’encre à la suite d’une altercation lors d’un de ses concerts, durant lequel elle s’est retournée contre un membre du public qui lui avait apparemment demandé de « montrer ses seins » ; les paroles combatives ainsi mêlées aux actes.

Au-delà du personnage, la musique proposée par Princess Nokia est un hip-hop rythmé, un peu déroutant. L’oreille rouillée nécessitera plusieurs écoutes pour que le débit de la rappeuse puisse se frayer un chemin jusqu’à mon cerveau francophone. A découvrir avec l’album « 1992 ».

 

 

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