« C’est une sorte de folie d’être sage au milieu des fous »

Posté dans : Personnages | 7
Etait-ce un intermittent du spectacle? Un saltimbanque nocturne? Un fou joyeux incurable? Ou tout simplement un être humain qui sait (encore) faire rire des inconnus lors de temps merdiques? Peut-être, un peu de tout ça à la fois...

Soirée pluvieuse, gare CFF, Lauzcity. Probabilité grandissante de devenir aveugle tant les badauds frôlent tes yeux de leur parapluie déployé pour l’occasion. Un temps de chien et une fricasse qui donnent envie de rejoindre son pieu pour hiberner un peu. Comme j’ai oublié d’imperméabiliser mes bottes en faux cuir, j’ai les pieds mouillés et le moral dans les chaussettes. La réaction des gouttes de pluie sur mes cheveux me met en mode Jackson5. Je commence à croire que le refrain que m’offre mon MP3 : « La mine un peu défaite, sur le pavé qui s’y prête…» a été écrit pour ma pomme. Bientôt ma boîte à musique se met en grève, plus de batterie. Un sms de ma pote qui « a-du-retard-car-elle-est-prise-dans-les-bouchons », vient couronner le tout. Une attente à n’en plus finir à l’arrêt des bus Blécherette 1, Epalinges 5. 

Certaines personnes sont des aimants à jolis jeunes hommes ou à belles femmes, d’autres à retraité(e)s esseulé(e)s et à décalé(e)s et taré(e)s. Je fais partie de la deuxième catégorie. J’en ai pour preuve mon aventure du 11 septembre dernier, dans un TPL lausannois. Je me suis assise à côté d’un Pakistanais, apparemment partisan d’Al-Quaïda, avec qui j’ai un peu bavardé. Soudain, il a commencé à faire des feux de Bengale dans le bus pour célébrer “L’anniversaire”! (C’est véridique, j’ai des témoins). Du coup, quand sous cette pluie battante et au degré maximal sur l’échelle de la mauvaise humeur, j’ai entendu un type derrière moi chanter à tue-tête: « Sur la plage ensoleillée, coquillages et crustacés », j’ai craint le pire. Parler de soleil et de sable chaud alors qu’il pleut des cordes et qu’on se croit en Sibérie, c’est purement de la provoc’! 

Je me retourne et un chanteur étonnant apparaît alors dans mon champ de vision : un homme d’un âge avancé, bien sapé, et…avec un pot de fleurs sur la tête. « C’est pour l’arrosage automatique » qu’il m’a murmuré, sûrement en réponse à ma tête en point d’interrogation et à mes yeux de hareng frit. Il s’est alors lancé dans un monologue sur le “ string musical ” tout en adoptant une démarche de…pingouin?! J’avoue, je n’ai pas tout compris…Mais peu importe, tous les individus de l’arrêt de bus, moi avec, avaient leur faciès décrispé, les zygomatiques activés au point que certain(e)s riaient aux éclats. Se tournant vers moi, “le chanteur au pot de fleurs” m’a confié: « Si je fais ça, c’est pour lutter contre la morosité de la vie… »

Ma pote est arrivée (presque trop vite finalement…), mettant fin à mon comique spectacle de rue à représentation unique. L’artiste a bien voulu poser pour la photo. La seule chose que je sais de lui, c’est qu’il se nomme: Willy. Mais cette fois, ce n’est pas à nous de le sauver. Oui, c’est bien lui qui nous sauvera…de nos têtes d’enterrement! 

Florence Métrailler

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Florence

7 Responses

  1. Rouliette
    | Répondre

    Yeah trop drôle ton article, je me rappelle très bien de cette soirée. En plus je suis fière car c’est un peu grace à moi que tu as pu l’écrire…moi la bonne conpine TOUJOURS en retard! Au moins j’arrêterai de culpabiliser vu que ça te permet de faire de drôles (dans les deux sens du terme) de connaissances! Et c’est vrai que tu es un aimant à “fous”…comme la gars dans le métro à Montréal qui te touchait la main et dont tu croyais que c’était un sage qui t’envoyait de l’énergie alors qu’il était complétement crazy!Hahaha, là je me demande qui était le plus fou des deux 😉

    • sam
      | Répondre

      Là du coup la bloggeuse fout un peu la trouille. C’est quoi cette histoire de Montréal????

      • ooopinionsss
        | Répondre

        How you think when the economic crisis will end? I wish to make statistics of independent opinions!

  2. fleks
    | Répondre

    Comment fait-il pour le faire tenir son pot? Il a une astuce?

    Il s est peut etre inspire du type qui se baladait tjrs dans Lausanne avec une feuille de choux sur la tete.
    Je sais pas s il continue, mais jsuis certain que c est lui qui a rendu le couvre chef surprenant hype.

    • romuald
      | Répondre

      Ou alors, ce brave homme s’est fait assommé quelques heures plus tard ce qui lui a provoqué une grosse bosse.
      Le pot ayant peut-être, comme beaucoup de pots, un orifice au fond, il lui aura suffi de poser le pot sur sa bosse, pour que celle-ci s’emboîte dans l’orifice au fond du pot.

      Hein?? comment ça, c’est capilotracté!
      Non, mais plus sérieusement, il a dû coller le pot sur son sclap. Un pot-de-colle quoi. Mais pas méchant apparemment.

  3. Florence
    | Répondre

    Sam: l’histoire de Montréal est trop longue et trop particulière pour ne la raconter qu’avec des mots. Il faut y joindre les gestes, donc je vous la ferai en live. 
    (Merci “Rouliette” pour ta discrétion 😉 Big up à toi Jet7euse!). 
    Pour l’histoire du pot, pas de stratagème apparent, mais je ne désespère pas de le rencontrer à nouveau et je lui poserai la question de ta part, Flecks.

    • Makariste
      | Répondre

      Quel talent Flo… Je viens de parcourir tes articles qui me laissent le sourire aux lèvres.
      Continue, persiste et signe!

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