La source sûre : Grégoire Junod, déjà syndic ?

Selon nos informations, le municipal en charge du logement et de la sécurité publique se ferait appeler "Monsieur le syndic" en privé. Enquête.
Pourtant, l'élu n'est que sourire
Pourtant, l’élu n’est que sourire

“Pour toi c’est Monsieur. Monsieur le syndic même !” Voilà ce qu’aurait déclaré le socialiste de quarante ans à un patron d’une grande boîte de nuit lausannoise. Tenant à garder l’anonymat, le gérant précise : “C’était le 28 août dernier. Il est arrivé, seul, vers 23 heures, visiblement éméché. Après avoir commandé une bière au bar, il a demandé à me voir. Nous nous étions déjà rencontrés pour évoquer les nouvelles dispositions légales pour ma boîte. Les échange étaient courtois jusqu’ici. Mais, cette fois, il semblait différent.”

Vérité ou tentative de fragiliser l’élu ? Difficile à dire, tant les mesures prises par le socialiste ont déplu aux établissement nocturnes de la ville. La rédaction a mené l’enquête.

Que s’est-il réellement passé ce soir-là ?

La soirée avait pourtant bien commencé. À 20h, le municipal était l’invité de l’émission 26 minutes, filmée à Chauderon 18. À la fin de l’interview, Vincent Veillon, sur le ton de la plaisanterie, lui lance : “Monsieur le municipal, on ne vous dit pas encore Monsieur le syndic?” Réponse de Grégoire Junod : “Non.” 

Selon la maquilleuse de l’émission, Nadine Canulard, le démaquillage prit du temps : “D’habitude c’est très rapide. Cette fois, ce fut plus long. Sa tête avait littéralement grossi. Il y avait donc plus de surface à travailler.” En effet, l’invité était très fier d’avoir été évoqué comme possible chef de la Municipalité dans une émission de grande écoute.

Il aurait ensuite rejoint sa femme, Géraldine Savary (élue au Conseil des États) et des amis au N2O – sur la Place de l’Europe – pour fêter sa réussite. Après quelques verres, ils décident de rentrer, alors que le municipal choisit de poursuivre la soirée seul.

Un videur pris à partie, mais un patron indulgent

Il se rend alors dans une des boîtes de nuit du quartier du Flon. Premier accroc au moment de la fouille, où il demande au videur un extrait de son casier judiciaire, conformément au nouveau règlement cantonal, entré en vigueur en octobre dernier.

Finalement, l’élu retrouve son calme et les agents de sécurité le laissent rentrer. Il se dirigera vers le bar avant d’aller parler au patron, qui – par peur de représailles – refuse d’en dire plus sur la nature de leur discussion, précisant tout de même que le politicien s’est plaint de la fermeture de l’établissement à 5h du matin : “Il était bourré et voulait continuer à boire. Vous savez, ça peut arriver à n’importe qui.”

Des voisins indiscrets

Grégoire Junod et son entourage refusant de répondre à nos sollicitations, notre enquête s’est tournée vers le voisinage. Et les réponses obtenues sont pour le moins surprenantes : “Le 29 mai dernier, à la fête des voisins, il a demandé à tous les locataires de l’appeler Monsieur le syndic. Sinon, il changerait de locataires ; l’immeuble appartient à la Ville.” raconte une voisine qui a désormais déménagé.

Son de cloche totalement différent chez son voisin de palier, Christophe Mytho : “C’est un type vraiment sympa. Toujours souriant. Je voterais pour qu’il soit réélu.” Au fil de la discussion, il nous confie tout de même : “L’autre soir, je les ai entendus avec sa femme, en pleine… (il hésite) intimité. Il l’appelait sa Secrétaire municipale, alors qu’elle lui donnait du Monsieur l’élu. Mais je n’ai jamais entendu qui que ce soit l’appeler Monsieur le syndic.”

Difficile de discerner le vrai du faux

Il n’est pas évident d’arriver à une conclusion arrêtée dans cette histoire. Notons tout de même que le syndic en place, Daniel Brélaz, a pris la défense de son collègue : “C’est quelqu’un qui fait sérieusement son travail, sous ses airs de shérif anti vie nocturne, les Lausannois décideront quelle place ils veulent lui accorder à la municipalité. Mais, d’ici-là, je reste le patron. Je suis tout de même surpris d’apprendre qu’il s’enivre le vendredi soir dans des endroits qu’il a essayé de faire fermer. Mais enfin, la politique est un milieu parfois usant. Il faut décompresser. Et puis, un verre de trop est préférable à de la coke achetée à Chauderon.”

Cette affaire ne devrait cependant pas empêcher l’homme politique d’être réélu l’année prochaine, et pourquoi pas, de briguer une syndicature visiblement convoitée.

(Image de Une © RTS)

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