Une Muzungu chez les Massaï : excision, parlons-en!

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A priori, mémoire universitaire rime avec rat de bibliothèque, stationnement devant la photocopieuse, post-it qui s’accumulent dans des bouquins et théories scientifiques qui usent la matière grise (du moins ce qu’il en reste), bref : pétage de plombs. Pourtant, en choisissant pour son labeur de fin de Master le sujet des mutilations génitales féminines (MGF), Katy François veut sortir du carcan théorique. Place à la prise de position, à l’approche militante et surtout à la pratique avec un terrain anthropologique parmi la population Massaï.

Pas de Gazouillis chez les Gazaouis

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Alors que des camions humanitaires sont bloqués en Egypte depuis plusieurs jours, le quatuor** politique helvétique ne reste que deux heures à la frontière de Rafah et rentre étonnamment sans difficulté à Gaza. Une fois sur sol palestinien, la délégation rencontre John Ging, le chef de l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés de Palestine (UNRWA), ainsi que plusieurs ONG. Elle se rend également dans divers (restes d’) hôpitaux et institutions indépendantes. Pour Josef Zisyadis, ces quelques jours passés parmi la population palestinienne ne correspondent pas à « un acte de bravoure » mais bien à un « devoir de solidarité et d’humanité ». Ce Conseiller national popiste, qui s’était déjà rendu début novembre dans ce mouchoir de 360 km2, se dit choqué par la dévastation et la misère qu’il a pu constater après ce “massacre du samedi noir ”. Depuis son retour à Lausanne, il tente d’écrire un article sur ce bref voyage (au bout de la nuit), mais, poser des mots sur des maux n’est pas tâche aisée.

De Lausanne à la Havane: Chessex chez Le Che

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Un père passionné par la photo, un grand frère photographe, autant dire que le petit Luc Chessex est bercé dans le monde des images. Très jeune, lors de ses vacances d’été dans le Val de Bagnes et aux Diablerets, il prend ses premiers clichés : des vaches et des montagnes. Modestes débuts où se cachent les germes d’un engagement total dans le 8ème art. Peu scolaire, désirant avoir du temps libre et une profession qui l’invite au voyage, ce Lausannois intègre durant trois ans l’école de photo de Vevey. Il travaille ensuite dans la capitale vaudoise chez Kodak, puis dans un studio pour des photos de mode « mais dans les années 60 à Lausanne, ce n’était pas très excitant…». Les images dites “ volées ” l’intéressant plus que celles posées et négociées, l’appel du large devient alors plus fort que le cloisonnement en atelier. En quête d’inconnu et de nouveauté, c’est en partance pour Cuba qu’il pressent que la photographie ne sera plus seulement son métier, mais son moyen d’expression. Entre une gorgée de thé noir et une esquisse de sourire, il me lance: « Je travaille sur le format du réel, mon studio c’est le monde ».

Cumulus Politicus

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Après la fête de la Nativité, le Réveillon (-nous), un temps prétendument nouveau est annoncé. Ah 2009 et ses promesses folles, ses espoirs mégalos et ses moult résolutions qu’on ne tiendra jamais (mais qu’on réitère pourtant pour tous les prochains 365 jours à venir) ! Mais si 2008 a pris ses cliques et ses claques et que le pétage de plombs à trouver du scotch pour emballer les cadeaux, que la semaine ski-rando, le bourrinage du 31 ou encore le suspense de qui “sera le roi ou la reine d’une brioche” semblent déjà loin c’est parce que l’irrémédiable fuite du temps nous poursuit!  Un poète préconisait de s’enivrer pour lutter contre cet « horrible fardeau du temps qui brise [nos] épaules ». J’adopte volontiers cette solution mon cher Charles, mais si je puis me permettre, le temps n’est pas toujours immaîtrisable, paraît qu’on peut parfois même le prévoir.

CHRONIQUES LAUSANNOISES D’IMMIGRES CONGOLAIS (2/2)

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La patronne, Liliane, est arrivée à l’âge de 17 ans en terre helvétique pour suivre un bel étudiant, son chéri de l’époque. La Suisse, pour elle, c’était du temporaire. Sa vie, elle la passerait au Congo. Mais entre désir et réalité, il y a parfois de la marge. Du travail dans la coiffure et dans le service, la naissance de son enfant et une situation en RDC qui se dégrade l’ont convaincue de rester au bord du Léman. Mais elle n’en oublie pas pour autant ses racines. Si son ancien bar près du Tunnel s’appelait le “ Zizi coin-coin ” et son nouveau café se nomme “ l’Okapi ”, c’est sans doute pour rappeler son enfance passée à Kinshasa. Parfois la mélancolie pointe le bout de son nez, alors elle s’envole quelques semaines, une année sur deux, retrouver sa famille restée dans la capitale congolaise.

Le mercredi à Kinshasa : c’est le jour du PMU (1/2)

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Les couvre-chefs vissés sur les caboches, les bouches mi-ouvertes et les regards figés dans une même direction, une dizaine d’hommes en état hypnotique fixent l’écran plat de l’Okapi bar. Le suspense est à son comble et les publicités suivies des bla-bla infinis du commentateur font encore languir les clients parieurs. Au bout des tickets blancs du PMU pendent des rêves, le jour de chance ne tient qu’à quelques galops. Les chevaux fous s’élancent enfin. Un type se lève de sa chaise en criant à “Rombaldi” n°5 : «Si tu gagnes, je t’emmène au Cameroun!», un autre, cramponné à son verre de bière, “tippe” pour insulter l’animal sur lequel il a placé ses espoirs et surtout une part de ses économies: «Pchit, tssss…nul-nul-nul!». Une fois la course terminée, seuls les soupirs de déception l’emportent, mais à l’Okapi on ne désespère pas, le prochain pari sera le bon. 

Sida: entre politique de l’autruche et stigmatisation

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Le Sida mon cul, la santé m’habite! Les thèses négationnistes au sujet du VIH/Sida pullulent partout, même dans le journalisme ou dans la politique. Preuve en est avec le scandale récent du site Médiapart, dirigé par le grand journaliste Edwy Plenel, sur lequel on trouve un blog de M. Verschoore autoproclamé spécialiste du sida et qui déclare que le « virus VIH n’existe pas et n’entraîne pas de déficience immunitaire ». (Mais bien sûr! Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’alu!). Autre exemple: celui de l’ancienne ministre de la Santé en Afrique du Sud, Manto Tshabalala-Msimang. Si cette dernière est surnommée Dr. Betterave, c’est bien par rapport à ses positions négationnistes sur le VIH. Alors que son pays connaissait plus de 1000 nouveaux cas infectés chaque jour, elle prétendait soigner cette maladie avec de l’ail, de la patate douce et de la betterave. Mais pas besoin d’aller surfer dans ces concentrés de n’importe quoi du Net ou sur les vagues du Cap pour retrouver une politique de l’autruche vis-à-vis de l’existence du VIH et du Sida, ainsi qu’une stigmatisation de ces malades. Détour par Renens, à l’association Arc-En-Ciel, où deux Lausannois touchés par le virus m’ont livré quelques bribes de leur expérience.

Quand une quinqua fume le kéké

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Précoce, Marie-Jeanne* avait 13 ans lorsqu’elle a goûté son premier bédo en compagnie de ses frères. Rien de choquant pour elle, à la fin des années 60 « c’était presque normal de fumer ». D’ailleurs, tous ses amis, sans exception, étaient des amateurs de cannabis. Avec le temps va, tout ne s’en va pas. La cinquantaine aujourd’hui, mon interviewée prend encore du plaisir à tirer quelques lattes. Apparemment, cette maman et grand-maman n’est pas une exception, elle raconte connaître encore un bon nombre de personnes de sa génération restée en mode Marley. Selon elle, pas de quoi sauter au plafond, « un petit joint, c’est comme boire un verre de vin ». 

« C’est une sorte de folie d’être sage au milieu des fous »

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Soirée pluvieuse, gare CFF, Lauzcity. Probabilité grandissante de devenir aveugle tant les badauds frôlent tes yeux de leur parapluie déployé pour l’occasion. Un temps de chien et une fricasse qui donnent envie de rejoindre son pieu pour hiberner un peu. Comme j’ai oublié d’imperméabiliser mes bottes en faux cuir, j’ai les pieds mouillés et le moral dans les chaussettes. La réaction des gouttes de pluie sur mes cheveux me met en mode Jackson5. Je commence à croire que le refrain que m’offre mon MP3 : « La mine un peu défaite, sur le pavé qui s’y prête…» a été écrit pour ma pomme. Bientôt ma boîte à musique se met en grève, plus de batterie. Un sms de ma pote qui « a-du-retard-car-elle-est-prise-dans-les-bouchons », vient couronner le tout. Une attente à n’en plus finir à l’arrêt des bus Blécherette 1, Epalinges 5. 

Université de Lausanne: quand l’addition se fait salée, le repas se fait amer

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Chacun a pu constater, en ce début d’année académique, qu’une crise insidieuse arpente couloirs et auditoires, avance à pas feutrés jusque dans les cafet’ bondées d’étudiants et squatte les prix des repas du microcosme des Hautes Etudes. Explication caricaturale d’une non économiste rencontrée sur le parvis de l’Anthropole : « cherté du pétrole et des importations, augmentation des salaires, subprimes aux USA, et, au final, c’est le café et le plat de pâtes de bibi, durant la pause estudiantine, qui se voient taxer encore de “quelques” centimes ».

AUVAL, ô désespoir, ô jeunesse ennemie !

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Sorte de passage obligé dans le cursus des exilés du Valais : “les noces de l’AUVAL”, autrement dit, les fêtes de l’Association Universitaire des Valaisans à Lausanne. La nouvelle année académique lancée, ces étudiants s’empressent de saisir leurs agendas et d’y inscrire la date tant attendue du “souper de la rentrée”, originalement intitulé : ” Spaghettis – vin rouge”. Un repas où le gosier sera largement hydraté et où l’estomac restera un peu sur sa faim. Qu’importe ! La philosophie de ces soirées ne semble pas trop étrangère au slogan maintes fois entendu lors de ces rendez-vous: « Manger, c’est tricher !». Non messieurs, non mesdames, l’art de lever le coude n’est pas inconciliable avec l’acquisition d’un Bachelor, d’un Master voire même d’un Doctorat. Au contraire, selon cette enivrante (ou enivrée ?) jeunesse, l’alcool permet une sélection des neurones, les moins efficaces meurent, paraît-il, et c’est tout ça de gagné pour les études. A bon entendeur.

Soyons féministes, tentons l’impossible !

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Ma rapidité légendaire m’ayant encore rattrapée, j’arrive à bout de souffle et avec “quelques” minutes de retard au cinéma indépendant Oblò. La projection est déjà lancée et avec une discrétion très remarquée, je tente, tant bien que mal, d’atteindre l’un des seuls sièges vacants. Au programme, des extraits de deux films de “Mujeres Creando”, un collectif anarcho-féministe bolivien. Sur l’écran apparaissent des femmes qui, par des actions directes et des théâtres de rue, dénoncent toute forme de discrimination dont sont victimes les latino-américaines. Par exemple, certaines déversent, sur une grande place de La Paz, un liquide couleur sang pour critiquer le manque de liberté d’expression et les violences policières ; d’autres occupent un tribunal de la capitale en traînant des sacs d’ordures, afin de condamner l’escroquerie des institutions financières et la corruption de la justice. Mais l’accusation principale de ces Boliviennes engagées concerne le système machiste. 

Aladdin sur la vague de la slam mania : « Les nouvelles religions : iPhone, iPod, iTunes et iSlam »

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Sans avoir encore ouvert la bouche, Aladdin impressionne déjà. Planqué sous sa casquette, derrière de grandes lunettes carrées, le jeune homme se tient droit et fier avant de balancer son flow du haut de ses centimètres qu’on n’ose compter. Vraiment, il possède ce que Goethe appelait la puissante déesse : la présence. Gamin, il rêvait de devenir le danseur de Michael Jackson et, ado, « le plus grand rappeur de l’histoire de l’humanité ». L’ambition enfantine a amené le jeune homme de 27 ans dans le paysage hip-hop lausannois, certes ce n’est pas (encore) la scène internationale mais c’est déjà pas mal. Sa première interview c’est celle-ci, je ne doute pas que d’autres suivront. 

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