L’UBS ne va pas faire faillite, le Lausanne Sport montera en Super League. Eh ouais, si c’est une voyante qui l’dit…

Posté dans : Société | 2
Il paraît que les prédicateurs d’avenir ne se sont jamais aussi bien portés. Normal, quand la crise refait surface, le désespoir des uns fait le bonheur des autres ! Petit rendez-vous intimiste chez une apôtre de la magie blanche.

 Je m’attends à m’asseoir dans une pièce feutrée, coincée entre une boule de cristal et des bling-blings crépissant tous les murs. J’imagine déjà, la nana avec sa robe ethno, ses colliers pendouillant et la clope au bec. Que dalle. Au 3e étage de cet immeuble du centre de Renens, une petite Espagnole plutôt fashion me reçoit. Derrière ses lunettes carrées, Carmen n’a rien d’une sorcière jouant avec le destin du monde. «Pour la séance, c’est dans la cuisine», me lance-t-elle. Sur la table, un tissu «béni» enveloppe les révélateurs de destin, bénis eux aussi. Tarots, cartes en tous genres, pendules: un peu pour tous les goûts. Quand même, je suis rassurée, les films ne nous montrent pas que des conneries! Et j’avais pas encore vu la sculpture miniature de Saint-Antoine posée sur des livres de prières qui essaie déjà de sauver mon âme. C’est que notre voyante est une Catholique à la foi inébranlable…

Avant de me révéler enfin ce qu’il va bien advenir de ce monde en décrépitudes, elle m’explique son don. Carmen a des visions. Attention, pas comme celles de mon rêve de la nuit passée avec hum xxx BIP xxx. Non, non, elle voit des choses ! «Ça m’arrive depuis toute petite», m’explique-t-elle avec son accent envoûtant. Pour que les villageois de son bled arrêtent de jaser, ces parents l’ont même envoyée vers un curé, histoire qu’il stoppe la malédiction. Pas con, ces cathos! Alors à seize ans, quand elle arrive en Suisse, elle décide d’exploiter son don parallèlement à son boulot de gouvernante.

Victoire espagnole, merci mon dieu

Depuis quelques années, Carmen, Cristina de son nom de scène, ne vit plus que de ça. Attention, pas sur l’or, sinon c’est clair qu’elle logerait plutôt du côté de Rumine. Mais le créneau a de l’avenir. «Il y a de plus en plus de gens qui viennent me voir. Je ne mets même pas d’annonces dans les journaux. Une fois, je l’ai fait et je n’arrivais plus à suivre!» Elle me sort la fameuse pub parue dans Le Matin cet été. Noir sur blanc, elle annonçait que l’Espagne allait gagner l’Euro… Et oui Messieurs Dames, elle avait même fait beaucoup de prières incantatoires pour qu’ils y arrivent, me précise-t-elle. Et voilà comment on trouve une explication à la victoire des toréadors du ballon. Pas qu’on les ait pas soutenus bien sûr…

Très bien, mais à part les accros de l’Euro, qui consulte une voyante? Une femme qui suspecte son mari de coucher avec la petite secrétaire aguicheuse du bureau, le jeune mec qui a l’espoir de quitter son une pièce pour une vaste villa en gagnant au loto, le bon type qui attend un miracle pour quitter son job miteux de représentant en lingette humide révolutionnaire. En résumé, une bonne sélection de gens un peu désespérés mais pas si différents de chacun de nous. Ok, vous ne vous sentez pas concernés? Après mon passage chez la voyante, moi si! Je précise, pour les intéressés, qu’elle ne donne pas les numéros du prochain tirage du Lotto. C’est trop long à trouver. «Ça fait partie des choses que je ne fais pas comme annoncer la mort, ou des dates précises. Et le lotto, si c’était si simple, j’aurai déjà remporté le gros lot, vous ne croyez pas?» Avis à tous les naïfs, le lotto demeure donc le truc pour lequel on dépense toute sa vie en jubilant le jour où l’on gagne 50 balles.

Mon budget cervelas au chaud à l’UBS

C’est bon, on démarre le grand face à face avec mon avenir. Je brasse les cartes, j’en choisis une dizaine, et les rajoute sur d’autres, je ne sais pas pourquoi. C’est que Carmen tire les cartes à l’instinct. Et ouais, même pas besoin de livres ou de cours de tarots quand on a le don, souligne-t-elle. De l’amour, des changements professionnels. Pourquoi pas? Un problème avec la loi et une sortie d’argent. Merde! J’avais presque oublié que je m’étais fait flasher le soir d’avant. Pas joli, joli tout ça… Je vous passe quand même les détails confidentiels de ma destinée prometteuse.

Place aux questions existentielles qui brûlent la langue de tout bon Helvète. On l’a compris c’est le bordel chez les golden boys. Mais nous, simple amateur de bière et cervelas, doit-on courir à l’UBS pour retirer notre maigre butin? Un coup de pendule plus tard, et ben non! Carmen me prédit que cette banque qui fait notre fierté nationale devrait être rachetée. Parole de voyante, on ne risque rien. Ouf…, un poids de moins. Et Hans-Rudolf Merz, il va quand même se repointer au Conseil fédéral? «Désolé, mais je dois vous avertir que sa carrière touche à sa fin. Il va revenir mais provisoirement», m’avoue Carmen. Ok, très bien, en même temps, sale temps pour les finances, on le comprend! Alors au moins Obama va être élu à la Maison Blanche? Argh, le pendule vacille dans tous les sens. Verdict: tendance pour Mac Cain. Heureusement, ma voyante me confirme que le M2 va finalement fonctionner. Encore plus fort, le Lausanne Sport va carrément atteindre la Super League. Comme quoi, tout peut arriver. Il est pas beau l’avenir?

Pascale

2 Responses

  1. Anonyme
    | Répondre

    bien, j aurai aimé en savoir plus sur l ubs PA

  2. fleks
    | Répondre

    Elle a donne une date (non precise) pour le LS?
    Dans la decennie a venir?
    Car dans l avenir proche ca s annonce pas gagne.

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