Un atelier bougies ouvert au public a été testé pour vous !

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J'ai profité d'un « atelier bougie » organisé par le centre d'animation de Grand-Vennes pour aller y fabriquer deux exemplaires. Compte-rendu de cette expérience.

De la boucherie à la bougie

A 27 ans, comme la plupart des hommes de mon âge, la période de l’avent ne change pas grand chose pour moi en principe. Je n’ai pas pour habitude de me mettre à cuire des petits biscuits ou à sprayer des étoiles filantes sur les fenêtres juste parce que l’arrivée du Père Noël est imminente ; bien plutôt, le froid participant à me retenir devant les écrans, je continue plus que jamais à truffer mes ennemis de plomb à Call of Duty ou à visionner des tranchages de tête dans Game of Thrones.

Le Centre d'animation de Grand-Vennes, juste au dessus du collège, qui propose l'atelier bougie.
Le Centre d’animation de Grand-Vennes, juste au dessus du collège, qui propose l’atelier bougie.

Cependant, une fois n’est pas coutume, j’ai décidé d’épargner à mes yeux toute cette effusion d’hémoglobine l’espace d’une après-midi pour aller me fabriquer… deux bougies ! A voir la surprise des charmantes animatrices du centre d’animation de Grand-Vennes lorsqu’elles m’ont vu débarquer, la présence d’un jeune homme seul pour une telle occasion demeure tout à fait exceptionnelle pour ne pas dire unique. Comment passe-t-on de la boucherie à la bougie ?

Je vais vous vendre la mèche. 😉 C’est que, chers lecteurs, nous autres rédacteurs du Lausanne Bondy Blog ne reculons devant rien pour vous, et nous osons nous mettre dans les situations les plus improbables pour vous en rapporter nos impressions. M’armant de toute l’héroïsme dont je suis capable, j’ai donc bravé le ridicule jusqu’au bout et j’ai même enfilé chaussons (obligatoires) et tablier (optionnel, à vos risques et péril si vous vous en dispensez) disposés à l’entrée de la pièce avant de me mettre au travail.

Il n'y a qu'à y tremper sa mèche !
Il n’y a qu’à y tremper sa mèche !

Simplicité enfantine

Vous vous en doutez, ce sont avant tout les enfants qui sont absolument ravis de concevoir leur propre chandelle, mais j’ai constaté que tous les parents présents, à majorité féminine tout de même, s’y sont également essayés. A signaler aussi la présence d’un couple de retraité. Dans le fond, créer sa propre bougie est possible pour tous les âges où l’on dispose de suffisamment de connexions neuronales pour savoir tremper une mèche dans de la cire bouillante sans y mettre tout le bras, soit, à la louche, de 5 ans à 99 ans.

Pour fabriquer sa bougie, deux possibilités : soit on peut utiliser un moule dans lequel il n’y a qu’à verser la cire, soit, comme déjà brièvement évoqué, l’on se contente d’une mèche qu’il s’agit ensuite d’aller tremper dans des récipients maintenus à haute température. J’ai décidé de faire les deux.

Tremper la mèche : mode d’emploi

La technique du trempage de mèche est simple comme bonjour certes, mais quelques conseils s’imposent tout de même. Tout d’abord, sachez-le, se lancer dans la création d’une bougie développe une vertu : la patience. En effet, à chaque fois que l’on trempe la mèche, seule une mince couche de cire s’ajoute à la chandelle naissante. Et il ne s’agit pas de retremper tout cela immédiatement, car une cire encore trop liquide retournerais immédiatement dans le récipient bouillant. Il ne faut pas s’imaginer non plus que laisser tremper longuement attirerait plus de cire sur votre chandelle, c’est au contraire toute la cire péniblement accumulée qui redeviendrait liquide. Il n’y a guère d’échappatoire : on trempe dans une cire liquide de la couleur désirée, on ressort sans trop traîner et puis on attend ! Une vingtaine de secondes, de préférence trente, enfin à chacun de développer son feeling quant à la durée idéale entre chaque trempage. Tout dépend aussi de la température ambiante. Durant l’après-midi, les animatrices ont eu la joyeuse idée d’ouvrir une porte donnant sur l’extérieur => un petit tour dans un froid de canard accélère bien-sûr le séchage, et présente le double avantage de redonner un coup de fouet aux éventuels esprits chagrins qui, lassés, menaceraient de s’effondrer d’ennui et de fatigue.

Utilisation d’un moule

Voici mon moule rempli.
Voici mon moule rempli.

Pour ma deuxième bougie, il m’a fallu choisir un moule parmi ceux mis à disposition par le centre d’animation. Une animatrice a ensuite préparé le modèle choisi en en rassemblant les parties et en disposant une mèche tendue au milieu de l’appareillage qu’il suffit ensuite de remplir de cire. Je vois d’ici les rétifs à toute patience et à tout effort se réjouir de cette solution qui paraît plus rapide et moins laborieuse. Et bien, qu’ils ne s’y trompent pas. L’on pourrait bien sûr remplir le moule très rapidement comme un sauvage. Mais la cire prendrait alors un temps énorme à sécher, vous condamnant à repasser à l’atelier un autre jour pour venir chercher votre production, et par ailleurs les couleurs versées risqueraient de se mélanger. Mieux vaut donc, une fois encore, agir avec méthode, intelligence et en prenant son temps : verser une quantité modérée de cire d’une certaine couleur, attendre qu’elle sèche, et ensuite seulement enchaîner avec le versement d’une cire d’une couleur différente.

Plusieurs possibilités existent pour créer des chandelles tout à fait originales.
Plusieurs possibilités existent pour créer des chandelles tout à fait originales.

Animatrices à disposition

Sachez que l’atelier est merveilleusement encadré par les animatrices du centre. Disponibles, fort sympathiques et expertes dans l’art de créer des bougies, elles sauront vous aiguiller vous et vos enfants pour optimiser vos techniques. J’ajoute également qu’elles se mettent volontiers à disposition pour travailler la cire de vos chandelles de la manière que vous le désirez : torsades, création d’oreilles, de branches de sapin… plusieurs possibilités existent. Il faut toutefois que la cire, surtout dans ses dernières couches, ne se soit pas totalement solidifiée, sans quoi les alternatives s’amenuisent. Restera toujours la solution d’entailler votre cierge au couteau pour en faire apparaître les différentes couleurs, comme je l’ai laissé faire pour ma bougie, ou encore de verser quelques “larmes” de cire sur le pourtour…

Prix et autres détails pratiques

A proprement parler, la participation à l’atelier est gratuite. Seul le matériel des bougies créées est à payer, soit 0.50 ct. la mèche et 2.- fr. les 100 gr de cire. Pour mes deux créations, je m’en suis tiré pour 5.- fr. On ne peut vraiment pas dire qu’il s’agisse de brûler la chandelle par les deux bouts. 😉

J'ai mis près de trois heures pour parvenir à mes fins.
J’ai mis près de trois heures pour parvenir à mes fins.

Le principal investissement n’a donc pas été monétaire mais bien temporel : aucune chance de parvenir à créer une bougie digne de ce nom en moins d’une heure, et il faut plutôt en compter deux, voir trois pour les lents et les perfectionnistes comme moi.

L’atelier organisé par le centre d’animation de Grand-Vennes, qui se trouve donc au chemin des Abeilles 17, juste au dessus du collège de Grand-Vennes, sera encore ouvert les cinq derniers jours de cette semaine (07.12 au 11.12) : mercredi  de 14h00 à 18h00, jeudi et vendredi de 16h00 à 18h00, et enfin samedi et dimanche de 14h00 à 18h00. Aux mêmes dates et aux mêmes heures, vous pourrez aussi aller à l’atelier organisé par le centre de quartier des Bossons-Plaines du loup, dont voici le programme complet pour les mois de novembre et décembre. Ces ateliers seront bien-sûr très probablement réouverts toutes ces prochaines années début décembre.

De la vitesse, de la folie et de la philosophie

La vitesse ! L’homme rapide et efficace qui coure en tous sens ! C’est cela l’époque moderne. Tout semble devoir se dérouler de plus en plus vite dans nos vies. Voulant tout et surtout tout de suite, voulant déjà se trouver à destination avant même d’avoir commencé à parcourir le chemin qui y mène, j’ai bien bien peur qu’il n’y ait là une profonde folie, une profonde ignorance de la manière dont fonctionne la vie. Concrètement, nous voudrions presque toujours nous trouver ailleurs de l’endroit où nous sommes. Concrètement, nous sommes désormais incapables de patienter avant l’arrivée d’un bus ne serait-ce que trois minutes sans nous mettre à triturer nerveusement nos appareils électroniques, histoire de s’évader des attentes même très courtes qui nous apparaissent tout de suite infernales.

Les rondelles coupées au bas de l'une des chandelles que j'ai créé. Elles rappellent la coupe d'un tronc d'arbre...
Les rondelles coupées au bas de l’une des chandelles que j’ai créé. Elles rappellent la coupe d’un tronc d’arbre…

C’est dire que nous en sommes souvent venus, j’en ai peur, à oublier que la vie ne fournit aucun résultat satisfaisant sans temps et patience, que ce soit dans les domaines politiques, économiques, sentimentaux et bien-sûr culturels et créatifs. Rien de tel, donc, qu’un petit passage à un atelier bougie pour remettre un peu d’ordre dans sa tête. Et apprendre, réapprendre, à soi comme à ses éventuels enfants, que le moment présent, qui coule doucement, a toute sa valeur si on lui accorde l’attention qu’il mérite. C’est lui qui fait pousser les arbres, c’est lui aussi qui vous permettra de faire pousser votre bougie. C’est le temps qui fournit tous les bonheurs possibles, mais patience ! Un trempage à la fois, un pas après l’autre… pour un parcours de vie plus éclairé. 🙂

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