Quand les clopes financent ta soirée

Posté dans : Société | 1
Faire appel à l'industrie du tabac pour financer ses soirées "privées" est devenu une pratique qui tend à se répandre dans la région lausannoise. Que l'on soit désargenté, opportuniste, ou (plus rarement) fan d'une marque de cigarettes spécifique, il est désormais possible de faire de substantielles économies en laissant les grands cigarettiers sponsoriser votre bringue entre potes. Le LBB, par un hasard des plus fortuits, s'est retrouvé dans l'une de ces fêtes.

Lausanne / 13.01.2012 / 21h16. La bise est glaciale lorsque je sors du M2. Je la brave néanmoins avec aplomb pour me rendre à la petite sauterie qu’un ami a organisée en l’honneur de son départ à l’étranger. En effet, la promesse des quelques réjouissances parmi des congénères avinés me semble une raison amplement suffisante pour accepter de sentir ma morve geler à même ma moustache naissante.

Arrivé dans la salle des festivités, je prends rapidement mes marques. Je serre quelques mains, tape quelques bises à droite, à gauche, et me dirige vers les tables faisant office de buffet. Une bière à la main, quelques chips dans l’autre, j’entre en conversation avec des individus dont le capital de sympathie me semble des plus prometteurs.

Néanmoins, au bout d’un certain temps, ma perception de l’espace s’aiguise un tantinet, et je perçois certains éléments qui ne cadrent pas totalement avec l’environnement au sein duquel nous évoluons. En effet, alors que la fête est censée être « privée », des individus affublés de vêtements bleus, portant ostensiblement l’effigie dune marque de cigarettes bien connue, déambulent parmi les convives. Regardant plus attentivement autour de moi, j’aperçois des tables que je n’avais pas remarquées auparavant. Sur celles-ci se trouvent des paquets de cigarettes harmonieusement disposés en arc de cercle, ainsi que toute une série de gadgets hétéroclites allant du briquet-chalumeau aux lunettes fantaisies, en passant par le cendrier portatif et le porte-paquet de clopes gonflable.

Quelque peu interloqué par ces objets peu conventionnels, je m’enquiers, auprès de mon hôte, de la raison de leur présence en ces lieux ; celui-ci me répond, sur un ton des plus désinvoltes et enjoués, que la fête est effectivement sponsorisée par ladite marque de cigarettes. Moyennant la garantie de recevoir au moins quarante convives, ainsi que l’obligation de placer la soirée sous un thème particulier, la marque s’engage à financer la soirée à hauteur de CHF 1000.

Ah.. Ok.. D’accord. L’industrie du tabac finance la soirée. Des jeunes gens bien sous tous rapports viennent s’avachir dans les vices de l’alcool et de la frivolité grâce aux campagnes promotionnelles des grands cigarettiers. L’on se bâfre et l’on se saoule aux frais de la marque (en fait, aux frais de sa compagnie faîtière), et l’on se trémousse grâce aux dividendes engrangés par les vendeurs de mort…

Si j’avais su cela plus tôt, je n’aurais pas eu de remords à être venu les mains vides.

 

  1. Deferne
    | Répondre

    Bonjour,

    je vous écris pour vous poser une question à propos d’un de vos articles du 25 janvier 2012, “Quand les clopes financent ta soirée”.
    Pouvez-vous me communiquer la marque de “dites” cigarettes? Merci beaucoup, très bonne journée.

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