VTT au Chalet-à-Gobet

Posté dans : Lausanno-lausannois | 2
Après une longue et pénible semaine de travail aux nombreuses heures supplémentaires, j'ai pris l'heureuse initiative de ressortir mon cher vieux VTT. Et de faire un tour dans la forêt tout à côté de chez moi, au Chalet-à-Gobet, sur un très beau parcours balisé. J'ai décidé d'en tirer un petit article, tout en commençant par une longue digression sur la raison m'amenant à me replier sur le vélo.

Dans notre société aux mille paradoxes, il en est un qui m’agace profondément. Il s’agit de deux injonctions contradictoire. La première : du sport tu feras. La deuxième : beaucoup de bières avec tes amis tu boiras. Le résultat : on voit nombre de trentenaires secouer leur ventre déjà proéminent au pas de course. Pour peu qu’ils aient encore la joyeuse idée de récompenser leur effort par une bonne bière devant le match une fois rentré, et on a là la recette de l’imbécilité maximisée, car l’alcool favorise la déshydratation d’un corps qui après l’effort aurait justement besoin de s’hydrater.

Courir : liberté ou contrainte ?
Courir : liberté ou contrainte ?

Par ailleurs, un autre agacement, c’est le manque de nuance que je constate dans certaines affirmations. Le sport, bon pour la santé ? Cela dépend encore de la manière dont on le pratique. Interrogez vos proches, faites les comptes : combien n’ont ils pas déjà développé des douleurs chroniques à cause d’une pratique excessive, un tel aux genoux, un tel autre au dos ? L’effort sans discernement, les 20 kilomètres sans très sérieuse préparation, c’est une invitation aux inflammations chroniques et aux tendinites à répétition.

Une rancune personnelle

L’écriture de mon intro, qui, je l’admets, peut paraître assez agressive et pleine de snobisme churchilien, a été favorisée par une double détresse personnelle, et, vous allez tout de suite le constater, ses origines n’ont rien à voir avec le vécu du célèbre leader britannique. Celui-ci était en effet un grand amateur de la fumette et de la boisson. D’autre part, interrogé à 80 ans sur ce qui expliquait sa longévité et sa bonne santé, il répondit un laconique “No sport.”

Première différence : je ne bois quasi jamais. D’où parfois une difficulté exacerbée de m’intégrer dans certains contextes, le pire ayant été mon expérience à l’armée dans telle compagnie majoritairement valaisanne. Quant à la cigarette, je trouvais classe quand j’était préado et j’ai du m’envoyer une ou deux tiges creuses ramassées en bordure de forêt, ça s’est arrêté là. Ainsi, dans mon rôle de garçon très sage s’est certainement développée une certaine amertume, une certaine jalousie dirais-je même, à l’encontre de tous ces caïds, cigarette au bec, bouteille à la main. De vrais mâles qui savent s’affirmer, afficher leur virilité, et qui ont un pouvoir de séduction très supérieur au mien, du moins ça a toujours été ma crainte.

Bâle-Chiasso à pied + mauvaises chaussures = douleurs + semelles orthopédiques.
Bâle-Chiasso à pied + mauvaises chaussures = douleurs + semelles orthopédiques.

Deuxième différence : si je n’ai jamais été très régulier ni constant dans mes efforts sportifs, je sais quand même ce que c’est, y compris dans des exercices de très longue durée. Et c’est justement un exercice de très longue durée qui est à l’origine d’énormes regrets, d’inlassables ruminations, de culpabilité sans mesure, l’auto-pardon m’étant à peu près inaccessible sur ce sujet. Tant l’idiotie me paraît énorme avec le recul : je me suis blessé à l’occasion d’une grande traversée de la Suisse à pied, il y a plus de trois ans de cela. Bâle-Chiasso en 15 jours, avec des mauvaises chaussures. Mes pieds ne retrouveront, c’est certain, jamais le même état, mais ça ne serait encore rien si les dégâts dans les extrémités inférieures de mon corps ne provoquaient pas de très douloureux déséquilibres musculaires et tensions multiples au niveau des jambes. De petits soulagement, loin d’être complets, ont été possibles grâce à mon orthopédiste, il a déjà fait tant de modification sur mes semelles que je songe à lui offrir une boîte de pralines à ma prochaine visite.

Vous comprenez maintenant mes réserves sur le sport. Et mon sentiment qu’il faudrait peut-être faire tout autant de prévention sur les dangers qu’induisent les excès et manques de discernement dans la pratique de l’exercice physique que ce que l’on fait concernant les risques d’une vie trop sédentaire.

Une bouffée de bonheur dans “le dernier samedi de l’été”

Je suis pourtant encore vivant et il s’agit maintenant de tourner la page et faire ce qui est encore possible. Pour les pieds douloureux, on recommande la natation et le vélo. Peu friand de l’eau, car après tout ça mouille*, c’est mon bon vieux VTT que j’ai récemment décidé de sortir du garage de papa-maman, afin de le rapatrier dans mon studio sis au Chalet-à-Gobet. Les bois par là-bas proposent en effet un très beau parcours bien balisé, objet donc de cet article, qui risque je le crains de se voire à peine aussi développé que l’initiale digression.

Le parcours, très bien balisé avec les petites flèches rouges, commence au centre sportif de Mauvernay.

Le parcours commence donc au centre sportif de Mauvernay. Deux options s’offrent au cycliste : une boucle de 10 ou 20 kilomètres, certains tronçons étant commun quel que soit le choix. Porté à la prudence suite à mon expérience décrite plus haut, j’ai commencé par suivre l’option “10”, puis, à mi-parcours, le plaisir devint tel qu’il me fallut conclure avec l’option “20”.

C’est que, quasiment sans pratique les dernières années, je ne me souvenais pas quel grand bonheur c’est, pour moi, que de pédaler en forêt. Entre descentes endiablées, le visage fouetté par le frottement de l’air, toute à ma sereine vigilance pour éviter tantôt une branche, tantôt tel coin du chemin plus propice à la chute, et la poussée à la montée, bientôt suivie de la sensation de brûlure de l’acide lactique parcourant les cuisses. Sensation au fait étrangement agréable quand on en est un peu habitué, et que je sens parfaitement saine comparativement aux tensions musculaires que je décrivais plus haut.

A propos de ces tensions, comme je l’espérais, cet effort en vélo se révéla idéal : elle se sont quelque peu détendues, et j’ai même pu constater que mes jambes ont encore d’intéressants restes, elles ont très bien répondu présentes et furent même fort heureuses de se déployer sans que cela n’éveille de douleurs. C’était lors du dernier samedi du mois d’août, une très belle et chaude journée, hélas le “dernier samedi de l’été”, selon les météorologues.

VTT ? Au Chalet-à-Gobet ? Pourquoi ?

Mais j’ai parlé pour moi, avec mes besoins et plaisirs spécifiques. Comment convaincre le quidam à monter si haut dans la commune lausannoise pour appuyer sur des pédales, et aller peut-être jusqu’à louer un vélo s’il n’en possède pas ? Les raisons me paraissent innombrables, en voici quelques unes :

  • La localisation. 15 minutes de métro à tout péter, puis un bus passant aux Croisettes toutes les 15 minutes, c’est quand même plus simple qu’aller faire du VTT dans les montagnes valaisannes. Et possibilité, évidemment, de redescendre en ville sur son vélo, il n’y a qu’à se laisser aller.
  • L'un des passages les plus "compliqués".
    L’un des passages les plus “compliqués”.

    La simplicité du parcours, pour tous niveaux. Les VTTistes experts trouveront même sans doute trop simple**, il n’y a guère d’endroits où la chute menace davantage que sur une autoroute. Tout juste certain-e-s trouveront-ils tel ou tel passage encombrés par quelques racines un peu pénibles. Passages au plat toutefois et fort peu nombreux, un gosse de dix ans les fera sans problème.

  • La santé, malgré toutes mes alarmes lancées plus haut. Le risque de se blesser après deux heures de vélo, maximum trois pour les plus lents qui feront les 20 kilomètres, est à peu près nul. Bien-sûr le casque est recommandé, d’emporter 5 dl à boire aussi. Ne forcez quand même pas votre petit coeur à l’excès si vous n’êtes pas habitués, il n’y a aucune honte à mettre les plus petits vitesses ou même de poser pied à terre pour s’asseoir.
  • S’asseoir sera d’ailleurs tout à fait agréable et facilité tout au long du parcours grâce aux nombreux bancs publics et autres aires de repos disponibles tout au long du parcours. Ces endroits permettent non seulement de souffler mais aussi de profiter du silence “vivant” en forêt et de la beauté.
  • Beauté touchante de nos forêts.
    Beauté touchante de nos forêts.

    Car elle est grande, la beauté de nos forêts du Jorat, des champs et jolies prairies qui l’aérent. Rien de tel qu’une virée une ou deux heures en leur sein pour prendre un grand bol d’air, une vraie bouffée de bonheur après une journée voire une semaine enfermés dans nos cubes de béton. Notre corps et notre esprit ont en grand besoin, ils ne sont pas fait pour être confinés, et c’est criminel de préférer les salles de fitness aux possibilités extérieures quand les conditions météorologiques le permettent. La nature, le vert, de nombreuses études l’ont démontré, sont positives pour le moral !

  • Le centre sportif du Mauvernay est également très bien équipé : jetons à 1 franc pour une douche, vestiaires, possibilité d’arrosage pour le nettoyage du vélo…
  • Bien que le temps ce soit déjà sérieusement rafraîchi, le vélo reste très agréable, et devrait le rester jusqu’à fin octobre au moins, en dehors des jours de très grosse pluie.
  • Et pour ceux qui préfèreront toujours, malgré ma longue démonstration, s’abîmer sur les pistes Vita, il y en a bien-sûr une très chouette qui part de Mauvernay également.
  • Pour se rendre au centre sportif de Mauvernay, il y a un parking juste à côté, ainsi que l’arrêt “Mauvernay” de la ligne 45.
  • Vous trouverez plus de détails sur les parcours du Chalet-à-Gobet ainsi que la carte détaillée ici.
  • Les possibilités de location de vélos sont innombrables. Pour éviter toute publicité malvenue, je renvoie simplement à la page dédiée de la ville qui propose plusieurs liens.

*Dixit je ne sais plus quel nain dans “Blanche Neige et les Sept Nains”, © Walt Disney, 1937.

**Signalons toutefois l’existence d’un troisième parcours parsemé d’obstacles, que je n’ai pour ma part jamais pratiqué.

2 Responses

  1. Line Rithner
    | Répondre

    Bravo. Vive le sport. Eh gomme pour ce sont les excès qui font mal…

    • Line Rithner
      | Répondre

      Et comme pour tout ce sont les excès qui font mal.

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