Verso ou la mélodie du coeur

Posté dans : Culture, Personnages | 0
Verso vous propose une bulle, une rupture temporelle et spatiale. Quasi-inclassable, la musique de ce groupe lausannois est comme un voyage intérieur aux sonorités étrangement familières. Rencontre exclusive pour le Lausanne Bondy Blog, à l'occasion de la sortie de leur premier album "Atmosfée" et du début de leur tournée lausannoise.

C’est parfois étrange de voir comment la musique peut réunir les gens. C’est dans les moments les plus inattendus qu’une mélodie vous frappe et reste gravée dans votre esprit. C’est ce qui m’est arrivé ce samedi, lorsque, opérant un travail avilissant, les notes de Verso arrivèrent à mes oreilles. Et comme dans un refuge, je me suis mis à l’abri du stress, en me faufilant dans leurs envolées. Puis, le showcase se termina et ni une ni deux, je suis allé les voir et nous voilà deux jours plus tard autour d’une table à parler musique, à rigoler et à partager. Il y a Sébastien le pianiste au sérieux inspiré, Milena l’altiste à la discrétion trompeuse, Samuel le batteur au sourire franc et Cléa, la bassiste au regard pétillant. Le casting est réuni, le papier est prêt et le crayon palpite. La partition commence.

Lausanne Bondy Blog : Pourquoi Verso, pourquoi Atmosfée ?
Verso : Pour trois raisons. On vient d’entrer dans l’ère astrologique du Verseau, plus léger et plus fluide, comme un renouveau. Puis, « vers » se traduit par  « verso » en portugais et en espagnol, ce qui reflète nos textes poétiques. Enfin, verso signifie aussi la face cachée des choses, ce qu’il y a derrière. Ces trois aspects reflètent parfaitement notre musique, donc Verso ! Pour Atmosfée, c’est simplement une contraction entre « atmosphérique » et « féerique », ce qui correspond également à notre musique, au genre un peu difficile à cerner qui nous est propre.

Le trio originel de Verso.

LBB : Votre rencontre ?
V : Au début, il y  avait Sébastien qui composait dans son coin, avec des textes de Paris Poèmes de John Edward tang. Puis, un jour Milena se baladait au Flon, quand quelqu’un l’interpella d’un balcon de l’EJMA (École de Jazz et de Musiques Actuelles) : «  Hé toi ! Tu joue pas du violon ? » C’était Sébastien qui cherchait à faire évoluer sa musique, en trouvant de nouveaux musiciens. C’était il y a six ans. Et après, Samuel s’est greffé au duo pour donner un peu de rythme à tout ça ! Il connaissait Sébastien depuis vingt ans. C’est là, en 2010, que s’est vraiment créé Verso. C’est là que la musique est devenue plus aboutie. Et enfin, il y a un mois, Cléa a intégré le groupe. Encore une histoire de collègue de quelqu’un qui connaît le beau-père de quelqu’un d’autre… etc. (rires)

LBB : Votre musique est très inspirée et aérienne. Comment vous vient-elle ?
V : Ça nous vient naturellement. On part d’une base, d’une mélodie et ensuite on glisse doucement vers l’improvisation et le morceau se forme. On se laisse emporter complètement, en fait ! La musique s’ouvre de plus en plus et chacun apporte son truc. Cette manière de faire correspond du coup au résultat final. Notre musique est très naturelle, très instinctive. C’est le fait qu’on ne se l’explique pas qui fait d’elle quelque chose de puissant et d’irrationnel.

LBB : Vos morceaux touchent les gens. Ça se voit lors des concerts et aussi avec les réactions sur votre site. Vous vous attendiez à ça ?
V : On essaie de ne pas penser au public quand on compose. Le premier but est de se faire plaisir, d’exprimer nos émotions et nos ressentis. Du coup, les gens le ressentent aussi. Nous, ça nous ravit, car partager fait bien sûr partie de nos envies, partager avec ceux qui sont sur la même longueur d’ondes. On a d’ailleurs remarqué que notre musique parlait plus aux femmes, peut-être car elles ont une sensibilité plus assumée que certains hommes. Elles n’ont pas peur de ressentir leurs émotions. Mais il y a aussi des hommes comme ça !

Inspiré, vous avez dit inspiré ?

LBB : Cléa, cela fait tout juste un mois que tu as rejoint Verso. Tu as donc eu un point de vue externe, et maintenant interne vis-à-vis du groupe. Peux-tu nous en parler ?
Cléa : J’ai d’abord été très surprise par l’originalité de leur musique, sa spontanéité. Elle n’est pas trop intellectuelle et ne cherche pas à être novatrice à tout prix. C’est comme si elle sortait du cœur, sans pour autant tomber dans la mélancolie, ce qui est rare. Et ça s’est vérifié après pendant les répétitions. Jouer sur le moment en fonction de l’humeur, sérieusement tout en laissant une grande place au plaisir. C’est un très bon équilibre et je pense que Verso a le potentiel de devenir un groupe qui marche. Mais, je vais m’arrêter là. Je voudrais pas non plus trop les brosser dans le sens du poil ! (rires)

LBB : Votre album pourrait être la bande originale d’un film. Si vous aviez pu composer la musique d’un film, lequel auriez-vous choisi ?
Milena : Pour moi, ce serait Eternal sunshine of the spotless mind, car il parle de rêves et d’instinct.
Samuel : Je ne sais pas trop. Sûrement un film de Miyazaki, Le château ambulant ou Le voyage de Chihiro. C’est tout ce qui me vient, là !
Sébastien : Je pense à La vie rêvée des anges, car il est très poétique et il nous parle de choses essentielles de la vie. J’ai beaucoup aimé ce film.
Cléa : Edward aux mains d’argent ! C’est un film fou et poétique.

En live, à la Fnac.

LBB : Lausanne, ville d’inspiration ?
V : Il y a tellement d’endroits différents. On peut changer d’ambiances très rapidement. Les parcs, les montagnes face au lac, la cathédrale de nuit… Il manque peut-être de lieux plus underground. Il y a aussi la multiculturalité à Lausanne, au niveau des gens, bien sûr, mais aussi au niveau musical. C’est très inspirant d’écouter et de pouvoir collaborer avec des styles différents, venus d’endroits éloignés. C’est ce qu’on a fait sur Sushi Revolución, un morceau plus ska, qu’on a enregistré avec deux amis latino.

LBB : Vous venez de commencer votre tournée lausannoise (voir plus bas). Comment se passent les concerts ?
V : Il nous reste quatre dates. Nous avions déjà joué au VO et c’était presque plein. L’ambiance était excellente et on est comme connecté en live, c’est très étrange et très agréable à la fois. Nous avons une setlist déjà définie avec d’autres morceaux aériens, mais aussi des titres plus festifs, plus fun. Pour la suite, on espère avoir des réponses positives d’autres salles dans le canton et pourquoi pas ailleurs. Ce soir, on joue au Broadway, Av., au Tunnel, dès 20h.

LBB : Pour finir, trois mots qui vous définissent, vous et votre musique.
V : (ça réfléchit, ça réfléchit) Atmosphérique, évidemment ! Odyssée onirique et intensité.

Les mots sont dits et les notes sont jouées. La partition s’achève et « de toute façon, c’est l’heure de la répète » me dit Samuel. Laissons les donc à leur magie, en attendant de les retrouver en live !

Pour patienter et découvrir,  voici deux morceaux tirés de leur album : Filled et Clair-Obscur

Verso sera en concert ce soir au Broadway Av, le 27 avril au Standard Café et les 25 et 26 mai au Fairy Night Op. à Prilly.

Atmosfée, leur premier album, est disponible sur leur site et à la Fnac, au prix de 14.90.-

Pour plus d’infos et de morceaux, consultez le site de Verso et leur page Facebook.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.