This Year, I ski to Verbier!

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Quand la Suisse s'anglicise et les chalets s'hollandisent.

Ils sont là! La snowboardeuse du Devon, le rider fou du Yorkshire déboulent en masse à l’aéroport de Cointrin. Matos dernier cri, combi at the best of the fashion rate. Direction Verbier, The place to ski, The place to be. A les voir et les entendre, on se croirait dans la dernière vidéo cool de Burton ou Nidecker. En théorie, à la porte de débarquement de l’aéroport c’est le cas. En pratique, à 2800m d’altitude, ce n’est pas du tout ça. Trois heures de snowboard au compteur dans sa vie, Debby, la freerideuse chevronnée de Bristol débutera ses sessions dérâpages du côté du Baby Lift; un dénivelé vertigineux de 13 m 50, à une altitude de 1500m (pour un anglais, ça compte). Mais ça, elle ne préfère pas le montrer.

En cette veille de Noël donc, à l’aéroport de Genève Cointrin, c’est non sans un certain plaisir et un sourire en coin que j’observe l’arrivée trépidante de la manne économique hivernale suisse, fraîchement débarquée du smog londonnien. Le tout easyjet est là. Pas moins de 22 vols, en provenance de trois des cinq aéroports de la capitale britannique sont au programme du jour, soit 3’300 Britons. De quoi perturber les habitudes linguistiques du personnel de l’aéroport, mais surtout celles des saisonniers des stations de ski, dont la langue de Shakespeare reste une prouesse à maîtriser. Et pourtant.

Et pourtant, car comme leur tenue à la sortie de l’avion semblent le suggérer, les Britons sont là pour skier. Bonnet Burton vissé sur la tête, gilet North Face et bottes de poil, aggrémenté d’un petit top laissant généreusement entrevoir un imposant bidon, Thiffany n’en peut plus d’attendre pour dévaler les pentes. Comme tous ses congénères, demain, elle aura sa première training lesson pour espérer devenir the queen of the slopes at Verbier. Ca tombe bien, je comptais aller skier. Mais qui m’aurait prévenu que mon escapade montagnarde aurait des airs de séjour linguistique.

One assiette valaisanne and a glas of vin chaud

Deux jours plus tard, cap donc sur Verbier ou la ville à la montagne. Le paradis britannique. Au loin, près du Baby Lift (ce n’est pas une légende), j’entends des turn, TUrn, TURRRN et des Sloooowly. Ils sont bien là, les mêmes qu’à l’aéroport (je reconnais les habits). Mais pas que. Dans la file pour les abonnements, on s’excuse de m’avoir bousculé par des sorry mate ou des where’s the domaine of Médran (un des secteurs du domaine skiable ndlr.) C’est la panique. Au resto des pistes, même combat: “Bonjour! Une assiette valaisanne et un verre de vin chaud s’il vous plaît”. Le gars me regarde avec de gros yeux. “Ah pardon, one assiette valaisanne and a glas of vin chaud”. L’expérience est pour le moins intéressante et elle durera une bonne partie de la journée, jusqu’à l’après ski. Mais voilà, il y a une contrepartie.

Car, pendant que les Anglouses plantent du bâton, les Suisses s’en vont. Où ça? Ben à London: “Up to 70% on every items”, dans tous les magasins de la capitale britannique. Les soldes quoi. Et la sévérité de la crise a ses effets bénéfiques qu’elle a ramené la Livre à 1.6 contre 2.5 il y a quelques mois. Une aubaine. Donc 3’330 Britons par jour à Genève et ce sont 3’300 Suisses à Londres. C’est ce qu’on appelle un échange de bons procédés.

Mehdi Atmani

Mehdi

  1. Avatar

    Now that’s what we call an Entente Cordiale !
    Santé / cheers to one and all.

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