Téléchargement équitable

Posté dans : Culture | 1
C’est presque par hasard que nous sommes arrivés à parler d’Hadopi (projet de loi français visant à réguler le partage d'œuvres culturelles sur Internet) avec deux membres du groupe Luke. L'avis des rockeurs français est loin d'être inintéressant.

Jean-Pierre Ensuque : Ça me fait peur, ça me fout la trouille. J’ai l’impression que c’est la prophétie d’Orwell qui est en train de se réaliser. Ce qui me gêne vraiment dans Hadopi, c’est pas tout le truc sur piratage ou pas, téléchargement légal ou illégal, c’est le flicage ! 

Personne n’a trop relevé cet aspect-là du problème. En France, cela veut dire qu’on fait une loi où on pourra regarder les mails de quelqu’un, regarder son historique de connexion à n’importe quelle adresse IP sans avoir une décision d’un juge, comme ça. On pourra l’écouter pendant des mois sous prétexte qu’il est soupçonné de pirater de la musique. Je trouve que c’est une espèce de cheval de Troie dans la liberté individuelle sur le net, c’est terrifiant.

Damien Lefèvre :  Je trouve Hadopi obsolète, ça ne sert à rien. C’est pas en jouant de la matraque qu’on va régler les histoires.

Lausanne Bondy Blog : Vous, vous téléchargez illégalement ?

JP E : Moi non. Parce que t’es pas sûr de la qualité du son. Ou alors il faut y passer un temps fou.

D L : Moi oui. C’est un truc de conscience. Je télécharge surtout les classiques, ceux dont j’ai déjà les cd, ceux qui ont déjà gagné des fortunes. Par contre, les jeunes artistes, j’achète les disques. À la place d’Hadopi, il pourrait y avoir toute une éducation, apprendre aux gens à avoir une conscience par rapport à ce qu’ils achètent sur le net.


En bref, imaginer un internaute de demain qui téléchargerait intelligemment, comme une consommateur qui achète des vêtements produits équitablement ou des légumes issus de filières courtes. Pourquoi pas ?

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Manuela Bruchez

Une réponse

  1. jojolangelot
    | Répondre

    En fait, de la musique équitable pourrait être sensiblement moins chère, si on paie les artistes et plus les parasites de la distribution…

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