Rencontre avec Nora Ayi

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[Interview] L’association franco-marocaine, « Espoir du Ziz » vient en aide aux personnes souffrant d’un handicap mental et de leurs familles. Elle oeuvre depuis 2005 dans la ville d'Errachidia, au Maroc. Entretien avec Nora Ayi, ergothérapeute sétoise et fondatrice de l'association.

A Errachidia, où manquent encore les structures scolaires et medico-sociales adaptées aux handicapés mentaux, Nora Ayi, ergotherapeute, mène son propre combat pour créer un espace d’accueil et de soutien au service de ces jeunes et de leurs familles. Outre ce travail de terrain, l’association mène également des activités de sensibilisation en Europe. Fascinée par sa demarche, Nicole tenait à en savoir davantage.  Entretien.

Comment êtes-vous venues à l’idee d’ouvrir un centre au Maroc? C’est quand meme courageux…


Après plusieurs séjours au Maroc dans ma région d’origine, j’ai constaté qu’il n’existait aucune structure d’accueil offrant aux enfants handicapés mentaux une éducation spécialisée et la chance d’aller à l’école comme les autres. J’ai décidé alors de démarrer nos actions de sensibilisation et de créer l’association « Espoir du Ziz » pour venir en aide à ces enfants alors que j’étais toujours etudiante. Une fois dîplomée et après 4 années d’exercice, j’ai décidé de prendre 2 années de disponibillité au sein de la fonction publique hospitalière pour partir bénévolement à Errachidia afin de mener à bien ce projet. 

Mon but en tant qu’ergothérapeute est de pouvoir évaluer les besoins sur le terrain et de participer à la mise en place d’une prise en charge adaptée aux difficultés des enfants handicapés, mais aussi de faire partager mes connaissances dans le domaine du handicap, en formant des personnes qui pourront assurer la continuité du centre, et trouver les moyens de garantir une autonomie financière au centre d’accueil.

Quelle était la reaction de votre famille, vos amis une fois que vous leur avez fait part de vos plans?

Leur réaction a été positive et ils m’ont tous encouragés. Ils se mobilisent en organisant des collectes de matériels et de fonds pour soutenir nos actions sur le terrain.

Quelles difficultés (administratives, logistiques…)avez-vous rencontré pour monter votre association au Maroc?

Les démarches administratives sont très fastidieuses et freinent nos efforts. Actuellement, nos locaux sont trop étroits pour accueillir les 41 enfants et adolescents que nous accueillons. La demande de prise en charge est forte est nous avons constitué une liste d’attente car nos moyens matériels et humains sont encore limités. Aussi, nous ne disposons pas de véhicule adapté pour assurer le transport des enfants handicapés qui habitent trop loin du centre et qui se retrouvent bloqués à domicile toute la journée sans aucune activité ni aucune rééducation.

Entre la France et le Maroc, quelles sont les différences au niveau de l’infrastructure et l’acceuil des handicapés? En quoi est-ce que cela a changé votre demarche?

Errachidia est une ville isolée géographiquement. La majorité des familles disposent de faibles revenus et les handicapés ne bénéficient d’aucune allocation d’aide ni aucune couverture sociale. Les structures adaptées pour les personnes déficientes mentalement sont quasi-inexistantes, que ce soit dans le cadre scolaire ou dans les structures médico-sociales et sanitaires. La majorité ne bénéficient d’aucun suivi scolaire ni aucune prise en charge en rééducation. Ils restent à leur domicile et ne sont pour la plupart jamais sortis de leur quartier.

Quels services proposez-vous dans votre centre a Errachidia? En quoi sont-ils différents de ce que les habitants de la region pouvaient s’attendre?

Nous proposons aux enfants des séances de rééducation, d’ergothérapie, d’orthophonie, un enseignement adapté, des activités pédagogiques, ainsi que des ateliers d’activités manuelles. Nous travaillons en collaboration avec les parents afin qu’ils prennent conscience que malgré l’handicap leur enfant possède des capacités d’apprentissage à valoriser, car souvent ils ne connaissent pas le handicap de leur enfant ni leurs potentialités. Notre objectif est de leur apporter un soutien moral, de leur permettre de mieux comprendre le handicap de leur enfant et d’effacer l’image stigmatisante et culpabilisante du handicap.

Pour en savoir plus sur l’Association “L’Espoir du Ziz” visitez son site web au www.espoirduziz.org.  L’association est aussi presente sur Facebook.

Nicole

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