Rencontre avec Lucky Paul

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Ce week-end avait lieu la cinquième édition d'Electrosanne, festival de musique électronique qui prend chaque année de plus en plus d'ampleur. Parmi les nombreux artistes invités, un DJ non conventionnel s'est laissé questionner.

Electrosanne 2010. Les clubs étaient pleins, la place de l’Europe résonne encore et le Lausanne Bondy Blog était évidemment présent. Dans la programmation, deux Djs ont particulièrement retenu notre attention. Malheureusement, suite à une erreur de la compagnie aérienne KLM, le DJ argentin tétraplégique Luke Santos n’a pas pu être présent pour faire danser les Lausannois et répondre à nos questions (voir l’article du 20minutes du 26 août). Heureusement, l’étonnant Lucky Paul, DJ Néo Zélandais qui mixe sans ordinateur tous les sons qui lui passent sous la main et dont le matériel repose sur une planche à repasser, nous a reçus suite à son concert en plein air. 

Lausanne Bondy Blog: Comment et pourquoi as-tu opté pour ce matériel particulier, sans ordinateur?

Lucky Paul: Je suis batteur, pour moi la musique a toujours été quelque chose d’intuitif et instantané, et je trouve qu’avec un ordinateur cela peut prendre beaucoup de temps. C’est juste comme ça que les choses se sont développées. J’avais un sampler et un synthé, et en jouant avec ça les sensations ont été similaires à ce que je sentais en jouant de la batterie, ce que je ne ressens pas en mixant avec un ordinateur. Mais peut-être que dans le futur je me remettrai à l’ordinateur, car c’est beaucoup plus petit et ça offre énormément de possibilités.



Quelles sont tes influences?

Le jazz, l’improvisation, les percussions… Juste écouter de la musique…

Je sais que tout le monde doit te poser cette question, mais pourquoi Lucky Paul?

(rires) Oui alors voilà toute l’histoire: on me surnommait Mister Paul depuis mes 13 ans, et quand j’ai commencé à mixer j’ai pris ce nom. Mais il y avait déjà d’autres Mister Paul et je me disais qu’il fallait que je change de nom. Et quand j’étais chez des amis à Berlin, ils ont commencé à m’appeler Lucky Paul, car je leur racontait sans arrêt les bonnes histoires qui m’arrivaient dans cette ville et les gens formidables que j’y rencontrais. Et je me suis dis “Hey, c’est un bon nom pour moi, qu’est-ce que vous en pensez? – Oui, oui, c’est un nom cool” et donc c’est resté. Et ça me correspond bien, car je me considère comme quelqu’un de chanceux et il y a aussi une part de chance dans ma musique.

Tu vis donc maintenant à Berlin. Pourquoi as-tu quitté la Nouvelle-Zélande? N’y a-t-il pas de scène électro?

C’est difficile pour un musicien de percer en Nouvelle-Zélande, c’est trop petit, trop isolé pour se faire connaître et toucher le public international.

Mais y a-t-il une scène électro? Si j’allais là-bas, où me conseillerais-tu d’aller pour écouter ce genre de musique?

Je ne suis pas trop la scène des clubs, à cause de mon background de musicien plus jazzy, mais il y effectivement une scène assez créative, avec des artistes qui ont une approche différente de ce qui se fait en Europe. Et si je devais conseiller une ville, ce serait la capitale, Wellington, où il y une bonne atmosphère et des bons endroits.

Et pourquoi avoir choisi Berlin?

J’ai toujours voulu vivre dans des endroits où règne une ambiance créative, une énergie positive, et j’ai toujours pensé que Berlin était ce genre d’endroit.

Et c’est le cas?

Oui! Tout ce à quoi je m’attendais et bien plus encore! Je vais y être pour longtemps.
 

Et tu joues souvent dans des clubs là-bas? J’ai vu une vidéo de toi en train de jouer dans la rue, sur Alexanderplatz…

Je joue beaucoup dans la rue. J’adore ça, car je suis tranquille, je peux improviser totalement et j’apprends beaucoup comme ça. Mais je joue aussi dans des clubs et dans des bars.
  


– C’est ta première visite en Suisse?

Non, j’ai joué au Loft Café en mars. Bautista (un des organisateurs d’Electrosanne) était là-bas et il m’a invité à venir jouer ici. J’en suis très heureux d’ailleurs.  

Et que penses-tu de ce festival?

Je le trouve très bon. Très bien organisé, bonne situation, avec une scène gratuite et tous les clubs proches tout autour. Je veux revenir l’année prochaine! (rires)

En avais-tu déjà entendu parler?

Non, jamais. Et quand Bautista m’en a parlé lorsque je suis venu en mars, je suis allé voir le site internet et je me suis rendu compte que c’était un gros festival.

Qu’as-tu pensé de ton set? Du public?

J’ai pris du bon temps, je me suis beaucoup amusé, ça n’aurait pas pu être mieux.

As-tu eu le temps de visiter la ville? Qu’en penses-tu?

Je suis arrivé ce matin, mais je me suis un peu baladé. C’est très joli, ça change totalement de Berlin. La première chose que l’on remarque est que l’air est propre, le cadre est joli. Il y a quelque chose dans l’atmosphère que j’aime bien.

Et tu vas rester quelques jours?

Non, je repars demain, je dois travailler lundi.

Ah, tu ne vis pas de la musique?

Non, non. En fait, je suis assez chanceux avec mon travail aussi, car je travaille une heure par jour. Cela consiste à amener des enfants au jardin d’enfants le matin. Donc ça me fait me lever et ça me laisse le reste de la journée pour travailler ma musique. J’ai beaucoup de chance, je travaille pour une famille adorable.

Ok, sympa. Merci pour tes réponses et bonne continuation. 

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Mike

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