Quand Lausanne offre un boulevard à une armée de zombies

Posté dans : Lausanno-lausannois, Sport | 0
La ville utilise des moyens démesurés lors des matchs de foot dits « à risque ». C'était le cas samedi, il y a une dizaine de jours.

La rue est à nous. C’est l’impression qui devait flotter dans le cerveau de quelques supporters de foot bâlois en goguette à Lausanne, samedi, il y a une dizaine de jours. «Match à risque» oblige, la police a fermé pendant près d’une heure, aller-retour, le parcours de la gare au stade de la Pontaise. Plus de bus, plus de traffic, hall central de la gare inaccessible, certains commerçants ferment même boutique. Des barrières canalisent les dangereux fanatiques (les méchants). Derrière, se cachent des policiers suréquipés (les gentils). Un no man’s land flippant, tel un champ avant la bataille.

Mais un mal nécessaire, nous dit-on. Depuis que le Lausanne-Sport est monté dans la première ligue du pays, les risques auraient pris la même trajectoire. Sauf qu’à vouloir offrir un boulevard aux supporters adverses sous prétexte de sécuriser la ville, nos autorités auraient tendance à foutre les boules aux Lausannois. Et à exciter des supporters qui n’en demandent pas tant. La preuve, montant l’avenue Louis-Ruchonnet, devant la clinique Cecil, je me suis retrouvé nez à nez avec une armée de zombies. D’abord silencieux, les fans Suisses allemands, peut-être deux cents, descendaient du stade olympique en rangées militaires, de noir vêtus et occupant la largeur de la route. Le silence n’étant pas leur tasse de thé, ils se sont soudain mis à scander des hymnes dans une langue que Goethe n’aurait pas comprise, en accompagnant ce brouhaha de gestes plutôt ambigus. Ainsi regroupés, ces quelques neurones réunis auraient très bien pu s’énerver. Ou s’amuser un peu avec les «gentils» et égayer encore plus une soirée déjà couronnée de victoire (Bâle a battu le LS 3 à 2 ce soir là).

A vouloir prédire l’insécurité, Lausanne ne serait-elle pas simplement en train de la créer ? Et si ces supporters sont si dangereux que cela, que les clubs de foot trouvent de vraies solutions, c’est leur business. Et elles ne manquent pas. Les clubs de hockey, par exemple, doivent organiser des cars spéciaux lors de déplacement qui déposent les supporters devant les patinoires. Si le Lausanne-Sport veut retrouver un semblant de succès populaire, il ferait bien d’y réfléchir. Ce n’est pas en exaspérant les habitants qu’il remplira son stade.

Crédit photo: flickr/galio

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.