Plonger dans l’univers d’Aquatis: Est-ce la peine?

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A l'heure ou Aquatis va souffler sa première bougie (ouverture du musée le 21.10.2017), j'ai décidé de me lancer dans la visite et de vous rapporter mes impressions. Alors, cet aquarium-vivarium sur les écosystèmes d'eau douce, est-il désormais à ranger dans les "incontournables" de Lausanne, comme sa cathédrale ou encore le musée olympique, et remplace-t-il avantageusement ce bon vieux vivarium de Sauvabelin qui a fermé ses portes en léguant ses animaux à la nouvelle enceinte ?

Contrairement à ce qui a pu m’arriver pour certains articles, je n’ai pas vraiment dû me faire violence pour faire un tour du côté de Vennes où sont rassemblés tous ces poissons. Ma curiosité est en effet naturellement excitée par les autres êtres vivants, et d’autant plus par les spécimens rares qu’il ne m’a pas encore été donné l’occasion de voir. Il est néanmoins toujours moins tristounet de se promener accompagné dans un tel endroit plutôt que seul, j’ai donc motivé mon frérot et plouf ! Nous nous sommes retrouvés au milieu de tous ces êtres étranges.

Premières impressions plutôt bonnes au début de la visite…

La visite commence par un voyage le long du Rhône (ci-dessus un modèle réduit accroché au plafond et "miroité" au sol).
La visite commence par un voyage le long du Rhône (ci-dessus un modèle réduit accroché au plafond et “miroité” au sol).

Que vous soyez prévenu, la visite commence un peu doucement : la première partie propose en effet une sorte de voyage le long du Rhône, l’occasion donc d’observer des poissons bien de chez nous aux apparences plutôt familières, comme les truites fario ou encore l’ombre commun. Quelques individus intéressants quand même, telle l’anguille d’Europe. Et puis le constat aussi que l’ambiance est soignée. Que ce soit dans les corridors, qui par endroits ressemblent à une véritable grotte, ou, en d’autres endroits, se trouvent décorés avec des modèles réduits accrochés au plafond et reflétés au sol par des miroirs, ce qui donne au visiteur l’impression d’être véritablement transporté bien ailleurs que coincé entre des bretelles d’autoroute et la route de Berne. Ambiance soignée aussi que ce soit dans les aquariums même, où de gros efforts ont été consacrés à donner l’impression qu’on a amené là non seulement les poissons, mais aussi un véritable échantillon de leur milieu naturel… ou pas, parce que sont aussi reproduits ici des “intrus” qui polluent ces milieux : restes de cages toutes rouillées, de barrières, de filets,…

Dans les aquariums aussi la décoration est des plus soignée.
Dans les aquariums aussi la décoration est des plus soignée.
Le poisson-spatule, ici mal photographié par mes soins, est toutefois très impressionnant "en vrai", surtout la gueule ouverte
Le poisson-spatule, ici mal photographié par mes soins, est toutefois très impressionnant “en vrai”, surtout la gueule ouverte

Des efforts louables donc, malgré lesquels c’est tout de même d’un pas réjoui que j’ai progressé plus loin dans la visite, accompagnant en quelque sorte le Rhône dans son voyage vers le sud et donc vers des espèces un peu plus dépaysantes… pour déboucher enfin dans l’espace “évolution”, où le visiteur et replongé dans les origines de la vie avec un focus particulier sur la sortie de l’eau du vivant. Si cet élément de l’expo n’est pas follement original, il sert surtout de prétexte pour l’un des éléments phares d’Aquatis : le grand bassin, dans lequel les yeux resteront rivés principalement sur le poisson-spatule, assez impressionnant surtout la gueule ouverte. Ce poisson, comme quelques autres dans le bassin, présente la particularité d’avoir déjà existé à l’époque des dinosaures et d’avoir conservé des particularités préhistoriques, d’où le vague lien avec l’espace “évolution”.

… de bonnes impressions confirmées et renforcées dans les espaces Afrique, Asie et Océanie

Mimi tout pleins ces petits poissons au corps transparent dont on voit le squelette (clic sur l'image l'affiche en grand).
Mimi tout pleins ces petits poissons au corps transparent dont on voit le squelette (clic sur l’image l’affiche en grand).

J’ai ensuite traversé les espaces Afrique, Asie et Océanie, avec donc je l’avoue un intérêt sensiblement plus important que pour le bon vieux Rhône, car j’ai pu m’y satisfaire les rétines avec des espèces bien plus étranges et colorées. A relever que derrière certaines vitrines se trouvent non pas des poissons mais des reptiles : serpents, crocodile,… et même un dragon du Komodo, ce populaire lézard géant. Je passe un peu rapidement sur ces trois espaces de peur d’en trop dire et de vous enlever ainsi l’envie d’aller voir par vous-même, ou pire, encore, que vous ne finissiez pas la lecture de mon article :-/ Alors disons court mais disons bien : il me semble pouvoir saluer le caractère large et varié des animaux à voir, de même, tout comme pour le Rhône, de l’ambiance générale, du soin apporté à l’esthétisme dans et autour des aquariums, pièces et autres vitrines du musée.

Plus de couleurs dans les eaux douces des latitudes chaudes.
Plus de couleurs dans les eaux douces des latitudes chaudes.

“Bouquet” final : l’espace Amazonie

Entrée de la salle amazonienne, clou du spectacle.
Entrée de la salle amazonienne, clou du spectacle.

Le dernier espace, consacré à l’Amazonie, vient couronner plutôt avantageusement la visite. Car cette fois-ci, le visiteur lui-même se trouve plongé au milieu d’une végétation et d’un air tropical, avec le maintien de 80% d’humidité grâce à d’importants vaporisateurs… Les espèces présentes ici sont bien sûr toutes plus intrigantes les unes que les autres : très gros poissons, raies, grenouilles venimeuses, et, en tout dernier comme point final, les fameux piranhas.

Un reproche : le contenu audiovisuel inutilement excessif

Le plus gros reproche qu’il me semble pouvoir faire à Aquatis, c’est cette idée pas vraiment géniale de proposer un contenu audiovisuel assez important tout au long du parcours. Soyons franco, on est là pour les poissons et pour les serpents exposés bien vivants devant nos yeux, pas pour rester bouche-bée devant des docs de vulgarisation scientifique (lesquels ne sont en outre pas terribles, pour ce que j’ai vu surtout des scientifiques sûrement intelligents mais pas forcément charismatiques, qui, pour vulgariser, se donnent de la peine et en ont :-/ ). A l’appui de cette opinion, je ne me souviens pas avoir remarqué beaucoup de gens s’attardant devant les écrans, c’est surtout devant les vitrines nous séparant des animaux que ça bouchonnait.

Et le prix, prohibitif ?

Un je-ne-sais-quoi d'antipathique dans le regard de ce gros poisson amazonien...
Un je-ne-sais-quoi d’antipathique dans le regard de ce gros poisson amazonien…

Un autre reproche très largement entendu sur Aquatis concerne bien sûr le prix, souvent jugé prohibitif surtout pour les familles. A ce titre relevons qu’Aquatis est le résultat d’un partenariat public-privé entre la ville de Lausanne d’une part, et les entreprises BOAS et GRISONI-ZAUGG SA d’autre part. Evidemment il faut bien que le côté privé de l’affaire s’y retrouve quelque part après les importants investissements non seulement pour la construction des édifices mais bien sûr aussi pour le maintien de toute cette histoire. Garder en vie 10’000 poissons, plus encore 100 reptiles et amphibiens, dont chaque espèce a des besoins différents en terme de nutriments, d’environnement et de température, ça doit quand même coûter quelques koppecks. Bref, j’avoue que personnellement j’ai consenti à débourser chf 29.- sans douleur, car on a là l’équivalent d’à peine deux places de cinéma où je vais justement beaucoup… mais j’aurais peut-être un discours différent si j’y avais emmené ma petite famille qu’heureusement pour ma bourse je n’ai pas fondée (forfait de CHF 69.- pour un couple avec un seul enfant).

Alors c’est vrai, on peut penser avec nostalgie aux prix sympas du bon vieux vivarium du côté de la forêt de Sauvabelin (CHF 10.- pour les adultes, gratuité pour les enfants), qui a fermé ses portes et a légué ses animaux à Aquatis. Mais restons sérieux : autant comparer un séjour dans une auberge de jeunesse avec un autre au Lausanne Palace. Dans les deux cas on a des chances d’obtenir quelques heures de sommeil mais d’autres facteurs viennent justifier un prix différent…

Aspects pratiques

  • La durée de la visite n’est pas énormissime. Comptez deux heures en traînant pas mal les pieds, et grand max 2h30 dans la situation où vous feriez la visite avec des enfants tout ébahis devant chaque vitrine… ou avec un grand fan des vidéos scientifiques que j’ai mentionnées ci-dessus, et qui tiendrait à voir un large échantillon de toutes celles qui sont proposées dans l’enceinte, car après tout, tous les goûts existent sur la terre…
  • Les horaires et le détail des tarifs, dont nous avons touché un mot plus haut, ici ; à noter l’ouverture jusqu’à 21 heures deux jeudis par mois.
  • Fréquentation du site : Elle peut être assez importante certains jours… je peux comprendre la tentation d’y aller l’après-midi d’un jour férié de pluie, mais vous aurez été prévenus 😉
  • Pour les nuls en géographie lausannoise, Aquatis se trouve le long de la ligne du m2, juste au-dessus de l’arrêt Vennes.
  • Les fans de shopping trouveront leur bonheur dans une boutique assez largement fournie en poissons-peluches, livres, chocolats en forme de poissons,…

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