Pis alors ce Festival de la Cité hors de la Cité, c’était comment ?

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Cette année, en raison des travaux du nouveau bâtiment du Grand Conseil à la Cité, le festival a dû s'adapter et proposait une programmation étalée sur toute la ville : de la Pontaise à Ouchy, en passant par Mon-Repos et le Vallon, il n'y avait presque rien à la Cité. Récits et impressions
mykki bianco
Mykki Blanco, CC flickr, Passetti

Joël

Mardi soir, le temps est plutôt moche. Les organisateurs annoncent que le site de Mon-Repos n’ouvrira pas en ce 1er jour du festival, et que la plupart des évènements qui devaient y avoir lieu sont annulés. C’est pas trop grave en ce qui me concerne, Mon-Repos c’est surtout la partie familiale du festival et je ne pensais pas forcément y mettre les pieds. En revanche, après concertation avec quelques ami-e-s, on décide de monter à la Friche du Vallon, parce que c’est là-bas que le “prime-time du festival” a lieu (dixit la com’ du festival). Bon comme le chemin est un peu long, on passe prendre des bières au Bourg-Plage, d’autant qu’ils accueillent une scène du festival.

On arrive sur la toute fin du concert de Leyla McCalla dont je ne vous dirai donc rien. Par contre s’installe ensuite Bachar Mar-Khalifé dont la prog’ du festival parle en ces termes : “Ce surdoué du Conservatoire de Paris opère la jonction entre musiques libanaises, jazz et electro.” Bon alors d’une part, sur toute la programmation de la Cité, t’as pas un artiste qui se contenterait d’un seul style musical, mais ça c’est normal, c’est la Cité. Mais ensuite, comme c’était pas hyper festif et qu’il a commencé à dédier une chanson “à tous les peuples en lutte dans le monde”, on s’est dit qu’on allait emmener nos bières à la fameuse Friche du Vallon.

Silverio
Silverio, CC flickr Molcatron

Anecdote quand même rigolote, on passe par la “vraie” Cité pour aller au Vallon (oui je sais c’est pas le meilleur chemin, c’est même un peu un détour et puis ça monte, mais c’était de la nostalgie, alors voilà…). Et là dans cette vieille ville franchement morose entre la pluie et l’ennui, on croise une femme qui d’un air désespéré nous demande : “Dites, vous savez où c’est le Festival de la Cité ?” On lui explique, on échange des condoléances et on repart.

Donc, la Friche, ça fait quand même vachement plus festoche que tout le reste : des stands de bouffe, de boissons, des chiottes crados en extérieur, tout va bien. La pluie en plus. Et le logo de Pomp It Up projeté au laser sur une des parois fait un peu cheap, mais ça va, c’est pas Heineken non plus… Et puis il y a un concert de hip-hop  qui commence avec Mykki Blanco, c’est carrément plus vivant. Ah et on est même assez surpris de voir que le chanteur a son caleçon qui dépasse… enfin c’est pas ça qui surprend, c’est que c’est un caleçon rose à paillettes et à franges… Ah et il remue quand même drôlement du popotin, franchement, ça détonne pas mal sur du hip-hop ! Ah et faut avoir la gueule des djeunz à capuche qui ont bravé la pluie, franchement, ça vaut le détour ! Bon on se dit un peu que le son manque quand même de pêche, mais c’est peut-être pour préserver les voisins en cette première soirée du festival sur cette nouvelle scène.

Après, c’est Skip&Die qui s’y colle, et c’est ma foi bien plus rythmé, avec des sonorités un peu dubstep (bwabwabwab), c’est assez fun. Mais bon, on est en semaine, on en a assez de la pluie alors on rentre, pas tout à fait convaincu-e-s par cette nouvelle formule du festival de la Cité.

Mais voilà-t-y-pas que le vendredi, on se dit qu’on retournerait bien voir ce qui se trame encore sur cette Friche du Vallon. On profite donc de manger sur place puisque cette fois il ne pleut pas, et on s’installe tranquillou pour écouter Pupkulies & Rebecca qui “adapte le clubbing à la chanson mélancolique” selon la prog. LOL. Bon il n’empêche que même s’ils mettent pas le feu avec leur jeu de scène un peu timide, leur son est très sympathique, une espèce d’électro-pop toute tranquillou qu’on apprécie en début de soirée. D’autant qu’après eux, il y a (ça se dit “meuh” apparemment), des danois-e-s avec une chanteuse qui elle ne se gênera pas pour mettre une belle ambiance sur cette friche. On aurait envie de dire : enfin ! Et puis viendra ensuite l’inénarrable Silverio. Pour vous dire, sa description dans le programme du festival, c’est “Une electro virile dégoupillée par un showman mexicain à grosse frange”.  Il ne portera d’abord qu’un slip et un veston blanc – qui contraste fort bien avec sa moustache – avant de tomber le veston. Il crache sur le public, qui avait sans doute commencé, et on me traduit les paroles d’une de ses chansons : “Danse, danse, danse avec le chien”. Bon il est pas hyper rigolo et il oublie de faire de la musique, donc bof. On décide donc de se rabattre sur la seule scène qui soit réellement à la Cité mais on sera bien déçu-e-s : c’est juste le XIII qui fait sa piste de danse dehors jusque vers 2h. Oh et puis merde, un cocktail au Comptoir nous fera plus plaisir que d’insister à vouloir s’amuser à la Cité. C’était pas hyper raté comme édition, mais on a aurait tendance à se dire que c’était mieux avant.

Place du château, Cité 2013

Greg

Mon estimé collègue Joël vous ayant longuement parlé de la Friche du Vallon, qui était d’ailleurs accessible via une navette partant du Flon, je ne m’y attarderai donc pas.

Pour moi, la Cité, c’est (ou plutôt c’était) la scène de la Place du Château et son public assis sur les marches et les deux passages étroits pour y accéder. C’était la rue de l’Académie où l’on pouvait se désaltérer aux buvettes tenues par les charmantes serveuses du Lapin Vert tout en regardant la performance qui se déroulait sur la petite scène qui s’y trouvait. C’était également le fameux goulet de l’Eléphant Blanc à la rue Cité-Devant. D’ailleurs les fins connaisseurs du Festival n’y passaient pas, privilégiant la rue Cité-Derrière. C’était aussi sur la place Saint-Maur, à l’arrière de la Cathédrale un petit théâtre. Et encore ce n’est là qu’un échantillon de ce qu’était la Cité.

Rue de l'Académie, Cité 2013
Rue de l’Académie, Cité 2013

Tout ceci contribuait aux charmes de ce festival que je ne manquais pour rien au monde. Alors quand vendredi soir, je me suis enfin décidé à y faire un tour pour voir ce que cela donnait, j’ai ressenti comme un grand vide. Personne, ou presque, au pied de la Cathédrale. Les rares quidams qui s’y trouvaient cherchaient désespérément LE lieu des réjouissances. Mis à part le XIIIème Lapin dans la cours du gymnase de la Cité et la scène du Bourg Plage, rien. Nada. Que pouic. Certes, je savais pertinemment que les différentes scènes étaient éparpillées aux quatre coins de la ville mais tout de même, je m’attendais à un peu plus d’animation sur le lieu historique du Festival. Pourquoi ne pas avoir conservé ne serait-ce que le petit théâtre de la Place Saint-Maur ? Cela aurait tout de même eu le mérite de conserver quelque peu l’esprit du festival. C’est donc quelque peu désappointé après un petit passage éclair sous les Arches du Pont Bessière, que mes pieds (petits coquins que ces deux-là) m’emmenèrent trainer mon spleen dans un bar bien connu situé vers la très déserte rue de l’Académie…

Décidément, la Cité c’était mieux avant.

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