Petite chronique cantonale

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[11.12.08] Guide didactique et subjectif à l'attention des personnes de passage.

Fière de ses 1 million et demi de francophones, la Suisse romande n’est de loin pas un territoire homogène. Un touriste et même un Suisse l’apprendra vite à ses dépens. Pour éviter toutes mauvaises surprises, lisez la suite.

Le Genevois:

Entre le Salève français, le Jura… français et le lac de G****E (Léman), le Genevois se complaît à se prétendre comme étant le plus français des Suisses. Il en a d’ailleurs les qualités : arrogance, prétention et grande gueule. Il vous le dira lui-même, Genève, ce n’est pas la Suisse, c’est la République de Genève, petit territoire urbain à vocation internationale, haut lieu de la finance, des soirées hype. Dans un after work trendy à la rue du Rhône, il martèlera en force ses prétendues origines parisiennes. Coincé et radin de par son éducation calviniste, le Genevois se suffit par lui-même.

Le Vaudois:

Le Genevois dit qu’il ne sent pas bon. Son territoire, le canton de Vaud, est la campagne des Genevois. A Lausanne, le Vaudois s’anime, à Yverdon, il déprime. Son territoire est vaste. Il englobe le 95% de la côte lémanique, jusqu’aux contreforts des montagnes valaisannes. Au nord, le territoire est méconnu. On dit qu’il vaut le détour ou pas. Il y a le Vaudois du bas, celui de la côte lémanique. Celui-ci se dit urbain, mais ne l’est pas. Alcoolique, jaloux des Genevois, ne sachant jamais ce qu’il veut, le Vaudois se complaît dans son provincialisme. On le dit tranquille le chat.

Le Valaisan:

Le canton par excellence. Tout visiteur désireux de faire un saut sur son territoire devra s’armer de quelques trucs. Le territoire du Valaisan est pour le moins restreint. Toujours à la pointe de la technologie et de la mode, il est le fier inventeur du monoski et de la combinaison de ski une pièce. Pratique, le Valaisan l’est même pour ses fils capillaires. C’est donc au couteau qu’il se coupe les cheveux selon la mode locale: court devant, mi-long et en brosse dessus et long derrière. On l’appelle la coupe valaisanne ou le mulet, emblème cantonal. Très populaire dans le Val d’Hérens, le mulet s’est vite exporté, au point que le Valaisan y a déposé son AOC. A ce titre, il est fortement conseillé au touriste de passage d’adopter la mode locale pour éviter tous caillassages. Dans le Bas-Valais, vous opterez donc pour une coupe mulet un peu plus courte. Dans le Valais Central, vous y mettrez un peu de fantaisie. Messieurs, pensez à la moustache. Une coupe mulet bien dégagée sur les côtés. Veillez à séparer les mèches de la frange avec du gel et brossez derrière. Mesdames, il vous est conseillé d’y mettre de la couleur. Quelques mèches violettes, rouges et blondes seront un atout. (Votre coupe valaisanne pourrait subir quelques modifications au gré des rafales de foehn).

Solitaire quand il sort de ses frontières, intra muros, il aime la compagnie de ses congénères. Sauvage, il est toujours difficile d’en voir un dans son milieu naturel. Vous le trouverez dans les bois, à l’église ou au bistrot. Le Valaisan a la peau dure. Dure comme du cuir, les cheveux noirs et la peau mâte. En effet, il aime, en signe d’ouverture, rappeler ses origines Maures. Cette particularité physique, le Valaisan l’entretient et la perpétue….. entre cousins. Lors de randonnées, le touriste ne sera pas surpris de découvrir qu’un seul et même village est peuplé de la même famille.

Haut lieu de la consanguinité, le Valais est par lui-même divisé en trois parties : le Bas-Valais qui s’étend du Lac Léman à la ville de Martigny. Le Valais Central, de Martigny à Brigue et le Haut-Valais, de Brigue à on ne sait où. Un Valaisan du centre vous dira que le Bas-Valais ce n’est pas le Valais. Le Haut Valaisan, lui, n’est pas tellement un Valaisan. « Germanophone », son idiome reste inconnu dans le reste du canton et au sein de ses congénères suisses-allemands. Consanguinité oblige, ces trois régions distinctes sont elles-mêmes en mains de trois familles différentes. Les Morisod dans le Bas-Valais, les Constantins dans le Valais Central et les Zimmermann dans le Haut-Valais.

Le Neuchâtelois:

Le Neuchâtelois, on le dit sympa. Sympa comme cochon. Cochon qu’il se plaît à dépecer chaque année pour sa St-Martin. Bonhomie naturelle, le ressortissant de Neuchâtel a les joues rouges, le corps trapu. Caractéristiques physiques indéniables qui lui permettent aisément de déambuler dans les fougères, à la recherche de racines avec lesquelles il fait des breuvages éthyliques. Superstitieux, il voit des sorcières et des fées partout. Sorcières qu’il se plaît encore à chasser. Celui du haut, originaire de la Tchaux n’aime pas celui du bas. Ce dernier dit de son congénère qu’il est fou. Celui du haut pense que celui du bas n’est pas drôle.

Le Jurassien:

Plutôt méconnu. Son accent le rend proche du Neuchâtelois du haut. Alcoolique, irresponsable, fêtard, têtu et sournois, le Jurassien cultive des penchants terroristes et séparatistes. Pour preuve, il ne boit qu’avec le Neuchâtelois.

Le Fribourgeois:

Le Fribourgeois est la risée de ses voisins. Méconnu et franchement pas drôle, on le dit attardé et sous-développés Ses ennemis diront qu’il sent très mauvais. Avec le Valaisan, le Fribourgeois entretient une certaine rivalité qui n’est pas dénuée parfois de quelques sursauts amicaux. Tout deux partagent la caractéristique de ne jurer que par Jésus.

Mehdi Atmani

Mehdi

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