Pas de panique ! – Expo temporaire au musée de la main

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Les températures ont dégringolé, les journées grises voire pluvieuses s'enchaînent... et m... que faire pour remplir les prochains weekends ? "Pas de panique !" :) Une expo portant justement ce titre vient de débuter au Musée de la main, s'ajoutant à la pléthore de possibilités urbaines pour remplacer le lac et les randos en montagne. Je m'y suis rendu et vous livre mes impressions.
Entrée originale de l'expo directement dans l'oeil du cyclone de nos angoisses - le cerveau
Entrée originale de l’expo directement dans l’œil du cyclone de nos angoisses – le cerveau.

En ce samedi très pluvieux, veille du Jeûne fédéral, j’ai quand même voulu sortir, en prenant bien soin de me munir de mon parapluie à nouveau devenu indispensable. Et j’ai donc décidé de me rendre dans ce chouette musée bien connu situé juste en face des urgences du CHUV afin de visiter la nouvelle expo sur le thème de la peur (disponible jusqu’au 23 avril 2017). Arrivé tôt l’après-midi, il n’y avait pas encore un chat, mais la ravissante caissière était déjà là et m’a vendu mon billet et hop ! Je suis monté à l’étage et suis entré directement dans l’oeil du cyclone de nos angoisses : le cerveau.

Le cerveau, ce truc qui ne comprend pas grand chose et qui a peur de tout

L'hypothalamus, un chef de chantier à l'oeuvre dans mon cerveau ? Faudra que je lui demande des rénovations à l'occas.
L’hypothalamus, un chef de chantier à l’œuvre dans mon cerveau ? Faudra que je lui demande des rénovations à l’occase.

Au départ de l’exposition, les différentes régions du cerveau qui jouent un rôle dans l’apparition et l’évolution de l’anxiété sont décortiquées. N’ayez crainte, chers lecteurs, et ne prenez pas tout de suite la fuite en fermant cette page ! Je ne vais pas vous saouler d’entrée de jeu avec ces notions très techniques. Cela me serait de toute façon très difficile, car mon propre cerveau, véritable passoire, n’a rien retenu ni rien compris. L’amygdale, l’hippocampe, le cortex, que des notions inaccessibles au commun des mortels à mon humble avis. Les concepteurs de l’expo* ont pourtant fourni un effort louable en disposant des petits dessins rigolos au bas des textes présentant ces ardues notions cervicales, mais l’effort fut vain en ce qui me concerne… 🙁

Le voyage de la peur : du cerveau aux organes

Bien heureusement, la suite de la visite se déroula mieux pour moi et les quelques neurones qui me restent se sentirent moins désorientés. Ainsi donc, très chers lecteurs hésitants voire frissonnants à l’idée de mettre les pieds au Musée de la main, soyez rassurés : après avoir laborieusement constitué la première pièce, les concepteurs du musée ont dû être saisis par une peur panique que les visiteurs ne meurent d’ennui, et semblent avoir tenu à se rattraper en multipliant les présentoirs interactifs et créatifs pour aider à la compréhension et à la mémorisation des différentes notions entourant la peur. Souvent tout à fait pertinents et bien trouvés, je ne vais pas vous en dresser l’assez longue liste, toujours par crainte de vous lasser et de vous divulgâcher (trouvaille québecoise pour résister à l’anglicisme “spoiler”) l’ensemble des surprises de l’expo.

Oh, le pauvre petit coeur qui bat trop vite... :-( Et pan ! Ca va peut-être le calmer.
Oh, le pauvre petit cœur qui bat trop vite… 🙁 Et pan ! Ça va peut-être le calmer.

Je ne résiste cependant pas à la tentation de vous parler d’une pièce un peu étrange et au fait complètement incompréhensible, où les concepteurs du musée ont peut-être suivi leur élan créatif un peu trop loin. On y trouve des sortes de punching-ball lumineux représentant chacun un organe ou une partie du corps, avec un très bref descriptif de leurs réactions habituelles face à la peur. Je ne suis pas sûr que c’était prévu pour ça, mais j’en ai profité pour entraîner mon crochet du droit.

La peur, tantôt amie, tantôt ennemie

Après avoir traversé une petite partie de l’expo qui est consacrée à l’expression de la peur chez les animaux, quelques présentoirs expliquent le caractère ambivalent de la peur. D’un côté elle peut être notre amie, en ajoutant 3 giga à notre processeur cervical lors d’un examen important, d’un autre côté elle peut devenir notre ennemie, en nous faisant oublier par exemple jusqu’à notre propre nom au moment de nous adresser à une jolie fille.

C’est justement sur les aspects problématiques de la peur que se concentre la dernière grande partie de l’exposition : phobies en tout genre, crise de peur panique, ou, pire encore, anxiété généralisée… L’être humain s’est fait un spécialiste de l’angoisse, tout spécialement lorsqu’elle n’a pas lieu d’être. Nous avons tous développé, je pense, certaines peurs plus ou moins handicapantes, il est donc tout à fait intéressant d’en apprendre plus sur les causes, les symptômes, et les techniques qui ont été développés pour atténuer voire supprimer les craintes contreproductives. L’expo actuelle du Musée de la main permet de faire un tour d’horizon complet de toutes ces questions et, qui sait, elle décidera peut-être tel ou tel visiteur paranoïaque à enfin consulter pour soigner sa ou ses problématiques.

Chaque visiteur est invité à indiquer sa phobie à un ordinateur, voici les résultats. Un nombre important de lausannois semblent claquer des dents au moment de s'en faire arracher une.
Chaque visiteur est invité à indiquer sa phobie à un ordinateur, voici les résultats. Un nombre important de Lausannois semblent claquer des dents au moment de s’en faire arracher une.

N’était-ce pour le salut de cet article, je n’aurais moi-même sans doute jamais osé entrer dans une pièce sombre à l’entrée de laquelle a été affiché ce message pas très engageant : “Oserez-vous approcher la bête qui se trouve au centre de cette pièce” ? Brrrr, j’en tremble encore rien que d’y penser :-O .

Un bonheur pour petits et grands et pour le porte-monnaie

Pour conclure, je recommande donc vivement l’expo, et tout particulièrement à ceux d’entre vous qui ont des enfants. Comme pour la plupart des expos temporaires du Musée de la main, ils vont adorer les multiples créations interactives qui sont proposées pour aider à avaler des notions théoriques parfois ardues qui deviennent tout à coup agréablement compréhensibles. Par ailleurs, ne paniquez pas à l’idée de griller votre après-midi là-dedans : comptez 1h30 grand maximum si vous lisez chaque ligne de tous les panneaux, et 30 minutes si vous expédiez les présentoirs les uns après les autres au galop.

Côté tarifs, ils sont sympas, avec des réductions prévues pour les familles. Pour ceux qui ont des sueurs froides au moindre centime à débourser, sachez que l’entrée est gratis tous les premiers samedis du mois. Par ailleurs, le musée de la main est l’un des 22 musées prenant part à l’événement “La Nuit des musée” qui se déroulera ce samedi 24 septembre (gratuité pour tous les moins de 16 ans dans tous les musées partenaires, et entrée à CHF 10 valable partout pour les autres).

Pour toutes les infos pratiques :

*L’exposition “Pas de panique! a été conçue par l’Université de Genève en collaboration avec l’Université de Zurich, et réalisée par le studio KO.

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