Zurich versus Lausanne : une barrière de rösti ?

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  «Tu serais pas une Welche toi?» (lu avec ce petit accent à couper au couteau qui fait le charme des Suisses allemands) En Helvétie que l’on soit bien clair, il n’y pas d’unité, de nation homogène ou encore d’identité commune. La Suisse, on ne cesse de le répéter, c’est le multiculturalisme, le multilinguisme et le fédéralisme de cantons aux identités bien distinctes. Pas étonnant alors qu’à peine posé le pied en territoire zurichois on m’interpelle déjà pour me confirmer ma différence: une Romande chez les Suisses allemands!

Train en retard, postiers au bistrot

Posté dans : Rien à voir | 2

L’air glacial de la gare de Neuchâtel n’a pas suffi à transformer l’eau en neige. C’est par seaux que l’eau tombe sur les toits, et une gouttière percée inonde le quai numéro 3, direction Lausanne. C’est là qu’un vieux monsieur s’approche de moi, regarde le désastre aquatique et engage la conversation: « plus rien ne va, avec ces CFF ». Je m’empresse d’acquiescer pour l’encourager et il enchaîne, pointant du doigt un wagon s’en allant: « Celui-ci était tout sale, ils nettoient même plus leurs trains! ». 

Don’t wanna be Obamaself

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Mardi 4 novembre 2008, un noir a priori sympa décroche un bon poste à 100% dedans de les Etats-Unis de l’Amérique. Mercredi 5 novembre 2008, un mec, attablé avec deux autres types, se lève dans le restau où je mange avec mes amis, pose le classique “chting chting chting” annonçant un toast imminent et lance à la cantonade: “Hey ley gars, j’m’exquiouse de vous dérangey, mais j’aimerey quand même vous demandey de faire diou brouit pour Barack Obama! On est american, et ça niou fait vraiment plaisir!”. Le flop. “Alley, faites diou bruit, quoi!” Deux ou trois claps gênés résonnent dans le silence de l’endroit pourtant bondé et notre intermittent de la vie se rassoie dignement, comme si le seul bide qu’il ait jamais connu était celui qui lui sert en ce moment à digérer ses frites. Mini-débat à ma table. “On est quand même trop con d’avoir rien dit! Le pauvre!” lance une copine. “Mais ouais!” répond un pote. Et moi d’être tout à fait d’accord avec cette violente prise de position! Une morse. Deux morses. Le malaise fout le camp. L’ambiance repart. Ouf, c’est passé. On n’aime pas ça, hein, ces moments bizarres où on sent que quelque chose nous chiffonne mais on sait pas bien quoi. Alors on dit: “Il est bon ton steak?”, pis on rigole de nouveau.

« Le must de la drague à Lausanne » !

Posté dans : Société | 1

Bravant mes complexes, je me suis laissé embarquer dans une de ces fameuses « soirées messages » qui se déroulent une fois par semaine au Bleu Lézard et au Java. Du soft dating que ça s’appelle, des petits messages sur papier pour prendre anonymement contact avec qui bon vous semble dans la salle : en effet, il est difficile de faire plus soft en matière de premier pas vers un(e) inconnu(e). Mais finalement, c’est bien cela la particularité toute charmante de ces soirées.

L’instant critique

Posté dans : Société | 3

Je tends la main et j’attends la monnaie. Le geste est tout bête, pas réfléchi, spontané. 1 franc 40 de pourboire, faut pas déconner non plus, c’est la crise, mine de rien. Non, et puis il me faut deux-trois piastres pour acheter des clopes. C’est ça surtout. Et quand même, 1 franc 40 pour quatre consommations à vingt francs, c’est raque… Ah, mais la voilà qui arrive, la gourgandine, clopin-clopant dans son uniforme de pétasse et de la graille plein les mimines. Jusque là, je suis fan. Je la regarde et lui souris élégamment, désintéressé. Ou avec un air complétement couillon, je sais plus. Le regard se rend. Le bras se tend. Je suis à mille lieues d’imaginer le cataclysme qui s’apprête à bouleverser mon équilibre.  Le reflet d’un spot sur les quelques piécettes fend violemment l’atmosphère de velours régnant dans le bar, provoquant en moi une cécité momentanée. Moins d’une demi-seconde plus tard, la réalité s’offre à moi, s’impose en fait, lourde, pesante. Je suis là, seul, bras droit tendu dans le vide et main gauche sur la hanche, façon théière, avec un tas ridicule de trois petits sous-sous déposés à quelques centimètres de mon corps flasque et honteux, sur le comptoir. Ai-je mentionné que je tendais la main?

Scoop frelaté

Posté dans : Rien à voir | 2

“Charmant, viril, soigné, mais attention, avec élégance et charisme, l’homme nouveau est arrivé!” Ah bon? Et Chabal alors, c’était qui? En parcourant les quelques lignes de cet article révolutionnaire, agrémenté de la sempiternelle tronche de bogosse du meilleur ami de Nespresso, j’ai la curieuse impression d’un déjà-vu. L’homme viril, barbu mais pas trop, qui prend raisonnablement soin de ses petits muscles et de ses neurones, passe l’aspirateur et s’occupe de ses propres chemises, considère – à juste titre - les femmes comme des princesses et non des esclaves, évite les fautes de goût tout comme les séances d’épilation complète, mais investit dans les crèmes anti-rides, anti-fatigue, anti-boulot, anti-stress, anti-tout ce que vous voulez…… tout ça existe depuis belle lurette. Et mis à part l’armada de produits hydratants qui réintroduisent l’empire de la superficialité, je trouve ça plutôt bien.

Je postule ou pas ? Ou comment je me suis fait démarcher par un taré. 2/2

Posté dans : Rien à voir | 2

Place de la Palud, nuit noire. Eh oui, à cette période de l’année il fait nuit noire à 18h30… Je marche la tête dans mes pensées : deux boulots refusés pour cause de “poste déjà pris”, un entretien téléphonique peu convainquant, (voir épisode 1) difficile de trouver un bon boulot. A ce moment-là, un grand machin se penche d’un mètre ou deux pour atteindre mon oreille et me murmure sur un ton grave : “tu veux travailler?” 

« C’est une sorte de folie d’être sage au milieu des fous »

Posté dans : Personnages | 7

Soirée pluvieuse, gare CFF, Lauzcity. Probabilité grandissante de devenir aveugle tant les badauds frôlent tes yeux de leur parapluie déployé pour l’occasion. Un temps de chien et une fricasse qui donnent envie de rejoindre son pieu pour hiberner un peu. Comme j’ai oublié d’imperméabiliser mes bottes en faux cuir, j’ai les pieds mouillés et le moral dans les chaussettes. La réaction des gouttes de pluie sur mes cheveux me met en mode Jackson5. Je commence à croire que le refrain que m’offre mon MP3 : « La mine un peu défaite, sur le pavé qui s’y prête…» a été écrit pour ma pomme. Bientôt ma boîte à musique se met en grève, plus de batterie. Un sms de ma pote qui « a-du-retard-car-elle-est-prise-dans-les-bouchons », vient couronner le tout. Une attente à n’en plus finir à l’arrêt des bus Blécherette 1, Epalinges 5. 

A la chasse!

Posté dans : Rien à voir | 13

Les années d’abondance sont passées. Oubliées les vaines tentatives du samedi soir sur le dancefloor. Le petit flirt à côté de la machine à café le lundi matin. C’est la crise. Pour choper, il faut désormais chasser. La loi naturelle se rappelle à nous. L’ennemi est partout. Il te guette. C’est un pervers, un vicieux qui prend de multiples visages. C’est le pote qui te connaît depuis dix ans. Le cousin qui t’assure qu’il ne draguera pas celle que tu affectionnes : « la famille, c’est sacré ! » Ou le collègue de travail qui sous couvert d’une bonne tape dans le dos te jure qu’il fera tout son possible pour te réseauter avec la cheffe marketing du troisième. MENSONGE ! Une pause pipi, un coup de téléphone un peu trop long et t’es mort. Exit le pote, la famille et la tape dans le dos et surtout la fille. Pourquoi donc un tel alarmisme ? Regardez plutôt les chiffres.

Drôle d’endroit pour une rencontre

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A part une excursion frontalière à 18 ans pour prouver que je pouvais bien passer dans ce pays avec ma carte d’identité française fraîchement acquise, je n’avais jamais mis les pieds en Suisse avant 2006. Pourtant j’avais une idée bien précise des plus grandes choses que pouvait réaliser ce pays. Cela n’avait rien à voir avec les banques, l’agroalimentaire ou encore le fédéralisme. Pour moi, la Suisse était  avant tout le pays qui avait mis au monde le festival de Montreux. Celui pour lequel  je m’étais couché si tard durant des années et à cause duquel j’avais usé tant de cassettes vidéo pour enregistrer l’émission Jazz 6, qui diffusait les meilleurs concerts de Miles Davis, Marvin Gaye ou George Benson.

Schkling Schklong…

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It’s time. A des milliers de kilomètres d’ici, le peuple américain se rue sur les machines de vote et scande le nom de son candidat favori sur les boulevards, dans une émulation encore jamais vue par le passé. Galvanized America, le pays sort enfin de sa torpeur. Ce qui, il faut bien l’avouer, est loin d’être mon cas. Mercredi matin, le réveil sonne à 3h30. Coup de boule en pleine poire. Ca me rappelle cette scène du Maître de Guerre, dans laquelle Clint Eastwood – drill instructor zélé chez les Marines – déboule dans le dortoir de la bleusaille en formation et balance cash: Fini la branlette, enfilez vos chaussettes!!!

Il y a toujours de la place pour l’information !

Posté dans : Société | 0

Quand j’ai mis les pieds à Bondy pour la première fois, le 11 novembre 2005 (lien avec mon premier post), j’étais évidemment loin de penser que ce projet d’immersion en banlieue pour l’Hebdo allait durer et se multiplier de la sorte. Trois ans plus tard, le Bondy Blog représente sept éditions, qui impliquent plus d’une centaine de blogueurs. La question d’une assemblée générale en 2009 se pose, pour mettre un peu de lien humain parmi les centaines d’emails qui s’échangent chaque jour, mais aussitôt surgissent les questions logistiques : comment trouver les moyens de transporter, loger et assembler ailleurs que sur internet ceux de Dakar et de Bondy, de Lausanne et de Marseille, de Lyon ou de Bondy ? Nous n’avons pas encore de compagnie aérienne low cost parmi nos partenaires, et beaucoup de nos réunions se déroulent sur Skype.

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