Les bobos Lausannois

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On n’arrête décidément pas de les écorcher ces pauvres bobos. C’est personnellement avec une affection véritable que je les décris ici tels que je les vois. Ils font partie de ce décor citadin qui m’est si familier. Une ovation pour eux, woopee!

Bienvenue dans la cinquième dimension

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Ces dernières années, il faut avouer qu’on ne les croise plus beaucoup les Scientologues. En 1998, la Municipalité et la majorité des Lausannois en avaient simplement eu raz la patate de se faire tirer les vers du nez les mercredi matins, sacro saint jour du marché ma parole, et depuis la loi restreint drastiquement le racolage public. Dix ans se sont écoulés, entre plaintes, recours et entorses plus ou moins prononcées. Les tribunaux suisses estiment par ailleurs que son but est plus commercial que spirituel (L’Hebdo, n°40) et l’opinion publique a compris qu’elle se fout éperdument de notre bien-être spirituel, voir de notre gueule.

Soyons féministes, tentons l’impossible !

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Ma rapidité légendaire m’ayant encore rattrapée, j’arrive à bout de souffle et avec “quelques” minutes de retard au cinéma indépendant Oblò. La projection est déjà lancée et avec une discrétion très remarquée, je tente, tant bien que mal, d’atteindre l’un des seuls sièges vacants. Au programme, des extraits de deux films de “Mujeres Creando”, un collectif anarcho-féministe bolivien. Sur l’écran apparaissent des femmes qui, par des actions directes et des théâtres de rue, dénoncent toute forme de discrimination dont sont victimes les latino-américaines. Par exemple, certaines déversent, sur une grande place de La Paz, un liquide couleur sang pour critiquer le manque de liberté d’expression et les violences policières ; d’autres occupent un tribunal de la capitale en traînant des sacs d’ordures, afin de condamner l’escroquerie des institutions financières et la corruption de la justice. Mais l’accusation principale de ces Boliviennes engagées concerne le système machiste. 

Cinoche indépendant versus cinéma pop-corn: épisode I, la battle continue

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Qui a dit que les salles indépendantes étaient mortes ? Elles sont malades, certes, mais encore vivantes. Coincé entre deux commerces, le cinéma Bellevaux est un rescapé des ravages causés par Pathé, Europlex… Bref, les multiplexes. Ici, c’est “la porte vers d’autres horizons”. Du moins c’est le plan marketing des deux co-directeurs : Konrad Waldvogel et Serge Authier. Le business, ce n’est pas trop leur truc. Il y a dix ans, ils ont d’ailleurs failli fermer les portes de leur salle. Petit coup de chaud.

Ces Lausannoises adeptes du tourisme sexuel égyptien

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Hurghada, ses plages, sa mer, ses hôtels et son tourisme sexuel féminin. Il y a seize ans, cette petite ville de la côte égyptienne n’était rien. Aujourd’hui, elle vit au rythme des ballets des vols charters: Paris, Düsseldorf, Genève, Amsterdam, Moscou ou Bruxelles, le tourisme de masse est roi. Ce séjour n’aura d’égyptien que le climat. Le reste n’est que touristes français, suisses, belges, canadiens et britanniques. J’en fais partie. Martine* aussi. Martine a 53 ans. Lausannoise divorcée, elle est cadre dans une grande entreprise de la Côte vaudoise. Je ne le sais pas encore, mais cette quinquagénaire, plutôt discrète et bien mise, sera l’objet de mon enquête hebdomadaire. Martine, c’est ce qu’on appelle une adepte du all inclusive: vol, hôtel, transfert et parties de jambes en l’air. Voilà cinq ans qu’elle y vient annuellement vivre une idylle tarifée.

Pour être un parfait étudiant, tu seras militant!

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Difficile d’ y échapper, les murs de l’Université en sont jonchés. De la Faculté des Lettres à celle des Géosciences, en passant par les Sciences Sociales, les appels à l’engagement étudiant dans des associations pullulent. Un phénomène qui n’est pas nouveau certes, mais qui souligne étrangement le fait que pour être “un vrai” étudiant, il faut être militant. Interrogés sur la question, certains revendiquent même leur engagement dans le sillage de mai 68. C’est clair, sous les pavés de Dorigny, la plage! A y regarder de plus près, le militantisme étudiant est une faculté à part entière et l’Université, une usine formatrice pour les bobos de demain. Fort de ce constat somme toute très subjectif, peut-on toujours croire à l’engagement étudiant? Sceptique sur la question, je mène l’enquête et brave les odeurs de patchouli ainsi que les sacoches en cuirs pour aller à la rencontre de l’une de ces fameuses militantes.

Quand le graffiti et l’archéologie ne forment plus qu’un!

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Mercredi 9h du matin, j’arrive au musée romain de Vidy. Laurent Flutsch, directeur du musée, m’accueille.  «On est à peine en train d’allumer les couloirs du musée !», me dit-il. Café à l’appui on discute, on se présente. Qu’est-ce que l’exposition «Les murs murmurent »? On va la visiter?

On pénètre ensemble dans les couloirs sombres de l’expo. J’éclaire à ma guise les fragments de murs accrochés aux parois et Flutsch me les commente sur un fond sonore de murmures en latin préenregistrés. Affirmation de soi, illustrations d’exploits sportifs, liste de commission, représentations phalliques. En fait, ces Romains, ils sont comme nous! Quand on imagine l’époque romaine on pense aux conquêtes, à Jules-César, à des gars en toge qui ont des conversations très philosophiques, ou encore à Astérix et Obélix! Mais en tout cas pas à ce graffeur qui a un jour immortalisé son envie de se faire lécher par Tibère… (« TIBER LINGE ME », qui signifie « Tibère, lèche-moi! »)

Alchimiste du son

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Dans la pénombre du studio, des écrans en veille, une cabine d’enregistrement, de curieuses machines aux larges boutons et des centaines de vinyles soigneusement rangés sur des étagères. Skile, le patron des lieux et cofondateur du label lausannois Orformornorm, trône dans un large siège en cuir. La caméra tourne, c’est parti pour une petite interview illustrée par une session de beatmaking.

L’UBS ne va pas faire faillite, le Lausanne Sport montera en Super League. Eh ouais, si c’est une voyante qui l’dit…

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 Je m’attends à m’asseoir dans une pièce feutrée, coincée entre une boule de cristal et des bling-blings crépissant tous les murs. J’imagine déjà, la nana avec sa robe ethno, ses colliers pendouillant et la clope au bec. Que dalle. Au 3e étage de cet immeuble du centre de Renens, une petite Espagnole plutôt fashion me reçoit. Derrière ses lunettes carrées, Carmen n’a rien d’une sorcière jouant avec le destin du monde. «Pour la séance, c’est dans la cuisine», me lance-t-elle. Sur la table, un tissu «béni» enveloppe les révélateurs de destin, bénis eux aussi. Tarots, cartes en tous genres, pendules: un peu pour tous les goûts. Quand même, je suis rassurée, les films ne nous montrent pas que des conneries! Et j’avais pas encore vu la sculpture miniature de Saint-Antoine posée sur des livres de prières qui essaie déjà de sauver mon âme. C’est que notre voyante est une Catholique à la foi inébranlable…

Dans l’enfer de la téci lausannoise

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Dans ce village des hauts de la ville, il faut bien l’admettre, c’est la galère. Des champs et des forêts, la vue sur les montagnes de Savoie, des oiseaux qui piaillent, une haie taillée au millimètre, de jolies bagnoles parquées dans de jolies cours, un promeneur promenant son chien, des villas proprettes individuelles et mitoyennes, des parcs de jeux, une poste, un restaurant, une école, une jolie fontaine à l’eau délicieuse, et un terrain de foot qu’un employé de la ville de Lausanne vient tondre avec sa grosse machine toutes les deux semaines. Des familles unies, relativement aisées, qui ont toutes des gosses dont on peut déjà dire que la majorité posera sans doute ses fesses vernies sur les bancs de l’université. Gosses qui, bien évidemment, galèrent grave à faire des wheelings un dimanche après-midi sur leur tout nouveau scooter, habillés en complet-training Lacoste, casquette de travers vissée sur la tête, la clope au bec, l’œil méchant.

Aladdin sur la vague de la slam mania : « Les nouvelles religions : iPhone, iPod, iTunes et iSlam »

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Sans avoir encore ouvert la bouche, Aladdin impressionne déjà. Planqué sous sa casquette, derrière de grandes lunettes carrées, le jeune homme se tient droit et fier avant de balancer son flow du haut de ses centimètres qu’on n’ose compter. Vraiment, il possède ce que Goethe appelait la puissante déesse : la présence. Gamin, il rêvait de devenir le danseur de Michael Jackson et, ado, « le plus grand rappeur de l’histoire de l’humanité ». L’ambition enfantine a amené le jeune homme de 27 ans dans le paysage hip-hop lausannois, certes ce n’est pas (encore) la scène internationale mais c’est déjà pas mal. Sa première interview c’est celle-ci, je ne doute pas que d’autres suivront. 

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