Américaine, sur diplômée et pas d’activité

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Je ne m’accroche pas trop à l’idée que les étrangers viennent piquer le taf des braves suisses. Jeune diplômée, j’ai suivi mon mari, le veinard, muté en Suisse du jour au lendemain, et croyait naïvement que moi aussi, je pourrais trouver un boulot de rêve en un coup de bâton magique. Pour les américaines comme moi, épouses à la traîne de leurs maris souvent cadres, trouver un travail en Suisse (ne parlons même pas de faire carrière) relève plutôt du parcours de combattante que du salon de recrutement. Il m’a fallu six mois de recherches avant une première embauche, et trois ans pour trouver le boulot tant convoité à la hauteur de mes diplômes. Un tour de ‘copines’ me confirme que je suis loin d’être la seule des “Epouses étrangers de” à la perpétuelle recherche d’un vrai travail.  

Quand la télé française se mêle de résoudre la crise, il y a de quoi pleurer de rire

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J’ai noté dernièrement sur les chaînes françaises la floraison étonnante pour ne pas dire suspecte d’émissions courtes ou longues, mais se déclinant à peu près toutes selon la formule suivante : t’as pas un rond, t’es pas fute-fute, et tu peux plus joindre les deux bouts ? Qu’à cela ne tienne, on envoie notre armada d’experts en tous genres, histoire qu’ils t’expliquent un peu la vie et cossa, avec un peu de bol, tu réussiras à épargner cinquante euros tous les mois. Si c’est pas chic, ça. 

La vie sans papiers à Lausanne

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Qui sont les sans-papiers lausannois ? Anne Papilloud est membre du Collectif Vaudois de soutien aux sans-papiers. Il s’agit d’une association entièrement militante dont le but est d’une part d’aider et de soutenir cette population dans les difficultés quotidiennes, d’autre part de revendiquer politiquement une régularisation collective. Elle m’informe qu’une étude menée en 2003 a estimé que le canton de Vaud comptait entre 10’000 et 12’000 sans-papiers, principalement à Lausanne. Une grande majorité d’entre eux est équatorienne, mais depuis peu, il existe aussi une communauté maghrébine grandissante. En venant ici, ils ont souvent le projet de donner une meilleure éducation à leurs enfants et de mettre de l’argent de côté afin de retourner dans leur pays d’origine, s’y assurer un vie plus confortable. Mais finalement, la plupart d’entre eux ont de la peine à s’en sortir. Quelles en sont les raisons ? Quelles sont leurs difficultés quotidiennes ? Pourquoi revendiquer une régularisation collective ? Tant de questions auxquelles Anne Papilloud a accepté de répondre.

T’as voté?

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« Tutut ti duuuuut… Tutut ti duuuut… » La sonnerie de Jack Bauer me perce le tympan gauche, le téléphone est là au coin du lit, il est 10h10. La fête a été folle la nuit précédente, mais à cet instant précis, l’écran affiche « home » et il va falloir assumer malgré la voix d’outre tombe que je risque d’émettre. Quelques éclaircissements de gorge et… « Allô ? » « Salut chérie, c’est moi (maman bien sûr…). Dis, tu m’achèterais 2 litres de lait à la Coop pronto en rentrant ? Ah et puis, t’as voté j’espère ? » ALERTE ROUGE!

Cinq francs, le prix d’un toit pour la nuit

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«Eh excuse moi, t’as pas deux balles, c’est pour aller à la Marmotte». Ce mercredi soir vers 23h00 ce gaillard à la voix teintée de l’accent riponnien n’a pas eu de bol. La Marmotte, j’en venais, je savais que les dortoirs étaient complets et que les inscriptions fermaient à 21h30. Je savais aussi que la grande majorité des 30 pensionnaires étaient déjà en train de se glisser dans les draps d’un lit de fortune, en essayant de ne pas trop penser au lendemain et en oubliant de faire de beaux rêves. Pour ne pas retomber trop douloureusement dans une réalité poisseuse et pourrie. Et, je savais surtout que je n’avais pas retrouvé en cet endroit, la majorité des gars qui m’avaient un jour ou l’autre demandé deux balles. Certes, il y en avait quelqu’uns, de ces chasseurs de monnaie facile, de ces professionnels du décapsulage de bière, de ces amateurs de montées vertigineuses et de descentes foireuses. Mais, il y en avait moins que ces personnes squatteuses de rue passant inaperçues. Vêtements soignés et verbe aiguisé, cheveux brossés sur le côté et laqués. Ces personnes en jeans, sweat et baskets, qui transportent l’air de rien, les affaires du quotidien dans un sac de voyages. Passants qui se noient dans le fleuve de la masse, tout en étant repoussés vers ses rives. Vies parsemées de petites misères qui se transforment en gros bordel. 

Pas de Gazouillis chez les Gazaouis

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Alors que des camions humanitaires sont bloqués en Egypte depuis plusieurs jours, le quatuor** politique helvétique ne reste que deux heures à la frontière de Rafah et rentre étonnamment sans difficulté à Gaza. Une fois sur sol palestinien, la délégation rencontre John Ging, le chef de l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés de Palestine (UNRWA), ainsi que plusieurs ONG. Elle se rend également dans divers (restes d’) hôpitaux et institutions indépendantes. Pour Josef Zisyadis, ces quelques jours passés parmi la population palestinienne ne correspondent pas à « un acte de bravoure » mais bien à un « devoir de solidarité et d’humanité ». Ce Conseiller national popiste, qui s’était déjà rendu début novembre dans ce mouchoir de 360 km2, se dit choqué par la dévastation et la misère qu’il a pu constater après ce “massacre du samedi noir ”. Depuis son retour à Lausanne, il tente d’écrire un article sur ce bref voyage (au bout de la nuit), mais, poser des mots sur des maux n’est pas tâche aisée.

Manifester pour le droit de manifester

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Je ne suis pas un fervent manifestant, ni un militant, ni un altermondialiste. Pour être franc, je n’ai quasiment jamais mis les pieds dans un rassemblement. Comme bien d’autres d’ailleurs! Vous me direz qu’il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis. Je vous l’ai dit, je ne suis pas de ceux qui crient à la Révolution à la moindre déclaration. Mais mon expérience fumeuse de samedi dernier, dans les rues de Genève à l’occasion de la manifestation contre le Forum Economique de Davos, m’a laissé bien pensif sur le pouvoir militant. Ce n’est pas par esprit revendicatif que je me suis retrouvé à Genève, pas plus par plaisir. J’étais sûrement d’ailleurs le plus passif d’entre eux. Et pourtant, l’expérience était intéressante.

Y’a plus de vieillesse…

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C’est deux mecs d’une vingt-cinquaine d’années qui rentrent chez eux, un lundi hivernal en fin d’après-midi. Ils arrivent depuis le passage sous-voies à l’arrêt M2 de la gare de Lausanne, direction centre-ville. Tranquillement, ils regardent sur le panneau indicateur, inexplicablement barré de scotches rouges depuis maintenant environ quatre mois, le temps qui les sépare d’une prochaine navette, et célèbrent les 7 minutes d’attente annoncée avec une cigarette roulée, ne dérangeant a priori personne. C’était sans compter sur l’arrivée de celle qui allait devenir leur némesis pour ce laps de temps qui parut durer, pour le coup, une éternité.

Une histoire vraie

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Avenue du Grey. C’est le drame. Mon bus dérape et fini son embardée dans un tas de neige contre le trottoir. Bunk. Le brave conducteur des TL  a beau tenter de chaîner, rien n’y fait, impossible de repartir sans risquer de commettre l’irréparable. Je me rends donc à l’évidence, il faut continuer à pied, gagner un refuge avant la tombée de la nuit. Sinon… Sinon, mieux vaut ne pas y penser. Alors que les éléments se déchaînent, me voilà donc livré à moi-même, le visage fouetté par le blizzard, contraint de gravir l’avenue du Grey pour trouver mon salut dans une taverne de trappeurs à la Blécherette. Tout en faisant attention où je mets les pieds pour ne pas me retrouver le mollet broyé dans un piège à loups, je marche, déterminé,  les sens en alerte dans ce climat hostile et mon natel en mode caméra à la main, sachant pertinemment que quelques images vaudront mieux qu’un long discours pour exprimer la portée de mon exploit.

Rien qu’une signature…

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Ces événements se déroulent entre midi et une heure de l’après-midi. Je suis assis à la terrasse de la cafétéria de l’Université de Lausanne avec une bande de marlous dont les plus rebelles sussurent un clope pour mieux faire passer la piccata de poulet et les pommes mousseline. Une petite nana se pointe, papelard et stylo à la main, et entame un speech concerné sur les riches qui deviennent toujours plus riches et sur les pauvres qui crèvent sous les ponts mais ce monde s’en fout.  En bref, y’en a marre, fuck Bush, Sarko facho, c’est dégueulasse, et pour que ça le soit vachement moins, yaka être jeune, yaka être engagé et donc yaka parapher le merveilleux outil démocratique que constitue l’initiative populaire. Seulement voilà, moi, depuis plusieurs piccatas à la cafét’, j’en suis un peu revenu des martyrs de service qui portent le malheur du monde sur leurs épaules et veulent alléger leur fardeau avec un papier, et je m’en vais le lui expliquer.

La griffe des rapaces

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Sur le site Internet de Goal AG (www.goal.ch/), on trouve un Memory. Avec les tristement  célèbres moutons, un visage d’enfant qui fait la moue, une croix Suisse et même un Blocher à la joie non dissimulée. Sourire carnassier, pattes d’oie, cheveux gris rat, la métaphore animalière si chère à l’Union Démocratique du Centre (UDC) nous parait tout à coup plus familière. Bref, passons. On se met à jouer, pour voir. Et, notre cerveau fait de la gymnastique historique. On se souvient bien, même si sous chaque carte, on préférerait trouver un motif différent. C’est un peu ça les affiches de l’UDC, on souhaiterait qu’elles n’aient jamais existé, mais on ne peut les oublier. Métaphores alarmantes et messages choquants attirent notre attention.

Les «Valaisans dans l’espace» au Viral Film Festival

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Après New-York et Paris, le Viral Film Festival prend ses quartiers, ce jeudi 29 janvier à Genève au Pathé Balexert, et récompensera la meilleure vidéo virale de l’année sur le web. L’équipe du Lausanne Bondy Blog sera de la partie pour couvrir l’événement. Ca tombe bien, notre blogueuse dessinatrice Gabrielle Tschumi et  le créateur de la série, Hatman, sont en compétition avec leurs dessins animés «Les Valaisans dans l’Espace» (www.valaisans.tv). L’occasion de repartir avec une bouteille de Fendant dédicacée…

De Lausanne à la Havane: Chessex chez Le Che

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Un père passionné par la photo, un grand frère photographe, autant dire que le petit Luc Chessex est bercé dans le monde des images. Très jeune, lors de ses vacances d’été dans le Val de Bagnes et aux Diablerets, il prend ses premiers clichés : des vaches et des montagnes. Modestes débuts où se cachent les germes d’un engagement total dans le 8ème art. Peu scolaire, désirant avoir du temps libre et une profession qui l’invite au voyage, ce Lausannois intègre durant trois ans l’école de photo de Vevey. Il travaille ensuite dans la capitale vaudoise chez Kodak, puis dans un studio pour des photos de mode « mais dans les années 60 à Lausanne, ce n’était pas très excitant…». Les images dites “ volées ” l’intéressant plus que celles posées et négociées, l’appel du large devient alors plus fort que le cloisonnement en atelier. En quête d’inconnu et de nouveauté, c’est en partance pour Cuba qu’il pressent que la photographie ne sera plus seulement son métier, mais son moyen d’expression. Entre une gorgée de thé noir et une esquisse de sourire, il me lance: « Je travaille sur le format du réel, mon studio c’est le monde ».

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