On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans…

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…Mais comment rester crédible 23 ans plus tard en persistant à être fan de rockers permanentés qui s’habillent en lycra, qui se maquillent, et qui crachent du sang sur scène au milieu des flammes sous une boule à facettes géante ?

Vers 12 ans je suis devenu fan de KISS. Au mépris des railleries de l’ennemi, le fan d’AC/DC. Lors de mon Yalta personnel, j’ai choisi KISS parce que j’aimais bien leur musique, leur look et en plus, ça faisait chier mes parents qui vouaient un culte à Michel Sardou. 

Pendant des années, j’ai porté fièrement ma collection de badges qui auraient rendu dingue de jalousie un général soviétique au défilé du 9 mai et puis j’ai découvert qu’il y avait d’autre style de musique pour finalement délaisser mon groupe fondateur, jusqu’à lundi dernier. Mon vieil ami autrichien m’ayant offert un ticket pour le « Sonic Boom Over Europe »

C’est donc peu convaincu mais déterminé que je suis retourné dans le passé et je dois avouer qu’aux abords de l’Arena, il y avait foule. Beaucoup de cuir, de maquillage, de veste en jeans et autres bijoux à la gloire du groupe de New York le plus célèbre du monde. Rien de bien surprenant sauf peut-être la moyenne d’âge : plus de 40 ans. Cela fait longtemps que KISS ne fait plus peur, aujourd’hui les fans viennent en famille, avec leurs enfants et petits-enfants.

Le rock étant une grande tribu et la bière un bon lubrifiant social, j’ai rapidement eu l’occasion de deviser avec quelques ultras, tatoués ou pas. Particulièrement avec celui qui était au concert de Zurich la veille et qui regrettait de ne pas avoir trouvé de place pour Milan le lendemain. Être fan de KISS ou soutenir l’Olympique de Marseille c’est pareil : un engagement à plein temps, un sacerdoce ;  une vie entière dévouée à ses idoles masquées.  

Je lui ai demandé comment/pourquoi cette ferveur à l’aube de ses 50 ans : « Le rock, la musique et le show. Il y a 35 ans que j’ai découvert le groupe et je ne m’en suis jamais remis. Depuis j’y vais à chaque fois, je les ai suivis partout en Europe. J’ai même converti mes enfants. Comme dit ma femme, je suis entré en religion, je prône le Kisstianisme et il est hors de question pour moi de changer».

C’est donc dans une ambiance bon enfant que démarra le concert. Un show efficace et millimétré au milieu d’un public conquis d’avance. Enchainement de tubes avec du sang, des flammes et un jeu de scène bluffant. Les papys du hard sont encore verts et au final, après deux heures de spectacle, je me dis que c’est moins cher qu’un lifting et ça fait le même effet. 

Rock and Roll All Nite!

 

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Serge

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