Noël avant l’heure

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Chaque année, les décorations de Noël fleurissent de plus en plus tôt dans les rues de la ville. Cette fois-ci, Noël m’a eue par surprise début novembre lors d’un après-midi shopping classique. Récit d’un lèche-vitrine qui tourne à la course aux guirlandes.

En vraie Lausannoise aux mollets musclés, je commence l’ascension du Petit-Chêne sous un ciel d’automne, maussade, gris et pluvieux. Très vite quelque chose me dérange, un je-ne-sais-quoi qui brise l’harmonie de cette journée d’automne. Pourtant tout y est : mes converses trempées, mes cheveux crépus et mon asthme qui me freine dans cette satanée montée. Voilà, j’ai compris ! Sur les deux trottoirs, les lampadaires sont ornés de décorations de Noël. Prise d’une soudaine frayeur, je vérifie la date qu’affiche mon natel. Devrais-je commencer à réfléchir aux cadeaux ? On est le 4 novembre… C’est à ce moment que mon après-midi shopping-détente-plaisir vire à la paranoïa. La traque aux décorations précoces a commencé.

St-François, place de la Palud, rue de l’Ale,… partout on nous souhaite de joyeuses fêtes et plus j’avance, pire c’est. Toute cette joie forcée me gêne la veille de Noël alors deux mois plus tôt, merci les poussées d’urticaire ! Certains magasins y vont en douceur je l’admets, mais à toutes les enseignes, je défie quiconque d’échapper à une guirlande dorée, un sapin enneigé ou un Père Noël bedonnant. La palme du kitsch est décernée à Globus qui nous accueille par une couronne géante pendue au centre de l’entrée principale. Ce supermarché de luxe dégouline de  « noëlitude ». Des bonnes intentions derrière tout ça ? Un brin de joie dans cet automne maussade pour ragaillardir la populace ?  Tout ça part d’un sentiment altruiste ? Bien sûr, on ne me la fera pas ! « Joyeuses Fêtes à la rue de l’Ale » nous dit-on ou plutôt « Ramène ton fric », parce qu’il ne faut pas croire au Père Noël,  la joie et la bonne humeur s’achètent, comme tout le reste.

Le marketing à toute épreuve étant ce qu’il est, je veux bien accepter qu’on pousse à la consommation. Si les promeneurs sont assez naïfs pour se faire avoir, c’est leur problème. Mais tout de même, il y a quelques petits soucis de cohérence. Le 31 octobre, jour d’Halloween, je pars en ville avec Nico petit garçon de 7 ans et qui ne pense qu’à une chose : se déguiser et se maquiller en vampire pour récolter plein de bonbons le soir même. Résultat des courses, la vendeuse nous annonce qu’il est trop tard. Les déguisements d’Halloween sont  « has been » le 31 octobre ! La jeune femme me prouve presque par A + B que Jésus était prématuré et qu’il est né en octobre ! Le summum de l’absurde m’interpelle lors de mon ravitaillement en drogues diverses à la pharmacie du coin. Le domaine de la santé est aussi corrompu par le commerce de Noël à outrance. Cependant, j’émets quelques doutes quant à mon plaisir de trouver un vaccin contre la grippe A sous le sapin !

 

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Manuela Bruchez

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