Montreux Comedy : Thomas Ngijol. Le spectacle de la transition ?

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Thomas Ngijol, humoriste, acteur et réalisateur de talent était sur la scène du théâtre du Reflet pour le Montreux Comedy Festival (MCF). Impressions.

Présentation de Monsieur l’artiste.Thomas Ngijol

Thomas Ngijol, humoriste, acteur et réalisateur de talent était sur la scène du théâtre du reflet pour le Montreux Comedy Festival (MCF). En 2006, il se fait remarquer avec un premier spectacle qui s’intitulait « Bienvenue » et est invité à participer au Jamel Comedy Club ; ce qui a indéniablement boosté sa carrière. En 2010, il joue dans son premier film coréalisé avec Fabrice Eboué, intitulé « Case départ », une comédie « populaire » sur l’esclavage ; thème assez audacieux et encore trop rarement traité dans le cinéma français. En février 2014, sort au cinéma la comédie « Le crocodile du Botswanga », deuxième film dans lequel il joue et qu’il réalise à nouveau avec Fabrice Eboué. Les deux films ont beaucoup de succès et lui permettent de s’assurer une place de choix sur la scène francophone.

Après « A bloc », Thomas Ngijol revient donc avec son deuxième spectacle, intitulé « 2 » (ndlr. Enfin, « techniquement » c’est son troisième spectacle… mais disons le deuxième depuis sa notoriété).

Premières impressions.

Thomas Ngijol jouait donc dimanche dernier à Vevey dans le cadre du Montreux Comedy festival.

Une foule de jeunes gens attendent devant la salle. Je reçois une place très bien située au centre assez devant, merci MCF. Je me réjouis du spectacle, ayant suivi cet humoriste  depuis le Jamel Comedy Club et ayant bien aimé son premier spectacle « A bloc ». Les thèmes de ce premier spectacle étaient ceux « attendus » : la condition des jeunes, les références à ses cousins vivant au Cameroun, les réflexions de son père sur la condition humaine, etc.

Disons en gros que je m’attendais à ces thèmes-là, ne m’étant pas renseignée sur ce nouveau spectacle, car je voulais garder la « surprise ». Et quelle ne fut pas ma surprise quand Thomas Ngijol entre sur scène, sobre, vêtu de noir, avec une chemise, un petit gilet et un pantalon classique, en nous parlant presque directement de sa nouvelle expérience de vie de famille, car oui, il est devenu père. Virage qu’il réussit comme je le découvre tout au long du spectacle. Disons que le jeune homme qui nous parlait de ses quartiers a laissé place à un homme à l’aube de la quarantaine. Homme qui se met à nu devant nous pendant près de deux heures. Il nous parle de sa vie de trentenaire avec humour (encore heureux, vu que c’est un spectacle « comique » !) et sincérité.

Après avoir fait allusion aux attentats d’une façon tout à fait adéquate et sans longueur, il commence son stand up, discipline où l’humoriste prend le parti de parler de ses expériences de vie, de ses réflexions sur des thèmes sans le filtre d’un personnage. Ce type de spectacle se veut « authentique », sincère et surtout attentif à son public ; car comme ce fut le cas pour Thomas Ngijol ce soir-là, il a beaucoup interagi avec les interventions émanant de la salle. Et je salue cette performance, car il faut effectivement un certain talent pour rebondir sur les humeurs du public. A certains moments d’ailleurs, il a vraiment créé de nouveaux sketches avec ce que lui proposaient les gens ; et, cette faculté de rebondir et d’enchainer, car oui tout ceci se créait tout en maintenant le fil du spectacle, reste très impressionnante.

Le spectacle

Pour ne pas dévoiler trop le spectacle mais en parlant peut-être des thèmes qui m’ont semblé rythmer cette soirée, ils se concentraient autour de sa paternité et son futur mariage, comme je l’ai dit avant. Il parle notamment avec émotion de la naissance de sa fille et avoue avec autodérision que le « gros dur » qu’il était  avait pleuré toutes les larmes de son corps quand il avait vu les yeux de sa petite fille. Il nous dévoile aussi des moments de son enfance. Il parle du divorce de ses parents et des nombreux enfants que son père a eus avec d’autres femmes.

Il ose pousser des petits coups de gueule contre certains autres artistes du show-business, sans langue de bois comme on dit, ce qui est assez courageux. Et il semble suffisamment engagé dans cette voie de l’authenticité car il nous parle aussi, et j’ai trouvé cette partie très intéressante, de certaines difficultés face à l’exposition dans les médias. Surtout lorsqu’il doit faire de la promo. Il a d’ailleurs relevé qu’il n’avait pas voulu faire énormément de promo pour ce spectacle au vu des ces mauvaises expériences passées. Il a osé aborder certains sujets sensibles en questionnant au fond le rôle de l’humour et de l’humoriste dans la société. Il a parlé de l’exemple du conflit Israëlo-Palestinien (moment où moi-même, je me suis dit « ouh là mais où il va, là ? »), en disant qu’on lui avait demandé d’exprimer son avis lors d’un journal régional télévisé. Et là, il a revendiqué le droit qu’il a de ne pas forcément avoir besoin de se positionner sur tous les sujets d’actualités, car il n’était pas un politique.

Et donc…

Dans son spectacle de stand up,Thomas Ngijol ose nous parler sincèrement et avec autodérision. Les interventions du public sont un vrai plus dans le spectacle, mais on entend bien qu’il revient vers le fil rouge de ses sketches après. Et finalement, tous ces petits plus rendent le spectacle unique à chaque représentation et c’est tant mieux !

 

 

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