Minés par les minarets

Posté dans : Politique | 26
Dimanche dernier, les Suisses ont voté à une majorité écrasante de 57,5% l'interdiction des minarets demandée par la droite populiste, qui dénonçait un "symbole politico-religieux". Au surlendemain de ce « vote anti-minarets », entre 4000 et 5000 personnes ont défilé dans les rues de Lausanne répondant à l’appel du Mouvement de lutte contre le racisme. Rencontres et réactions de quelques manifestants…entre choc, stupeur et consternation.

 Isabelle, sans profession

« Ma présence a deux buts. Le premier, c’est de montrer que l’intolérance n’est pas le seul visage que la Suisse veut montrer à l’extérieur. Le deuxième est de faire voir, tant aux musulmans de Suisse qu’aux personnes qui ont voté « oui », qu’il y a des gens qui ne veulent pas d’islamophobie et qui ne veulent pas d’extrémisme, dans un sens ou dans l’autre. Bref, qu’il y a des personnes qui arrivent peut-être à faire la part des choses…» 
 

 
 

Pascal, gymnasien

« Il faut qu’on arrête de créer des débats autour de questions artificielles pour des raisons partisanes! » 

Jean-Pierre, retraité

« Je suis écœuré parce que dans le fond, on ne vote pas contre les minarets, mais on vote clairement contre les étrangers. En ce moment, ce sont les arabes et les musulmans…Ma famille est là depuis trois générations, elle vient d’Italie. Maintenant, il y a des Italiens à l’UDC qui sont contents que le racisme soit dirigé vers d’autres personnes. Mais, selon moi, la stigmatisation peut recommencer très vite, même envers un Italien de 3ème génération. Après ce résultat des votations, certains ont parlé de populisme, mais pour moi c’est du fascisme. Franchement, je ne sais pas où l’on va…» 
 

 
 

 Marion, travaille dans une maison d’édition

« Je trouve que cette votation n’atteint vraiment pas son but. Au contraire, elle ne fait qu’attiser des réactions extrémistes de tous bords et n’est vraiment pas une solution pour instaurer un dialogue. Pour moi, c’est vraiment un manque de respect énorme par rapport aux musulmans en général et encore plus, pour ceux qui habitent en Suisse. » 

Claude, imprimeur

« Je suis extrêmement choqué du résultat de la votation comme, heureusement, beaucoup de gens. Malheureusement, cela s’inscrit dans un contexte de montée du racisme et d’exclusions de toutes sortes, autant économiques, confessionnelles que politiques. Actuellement, les différences sont de plus en plus difficiles à porter pour les gens…Je pense qu’au-delà de la manifestation en question, laisser passer des choses comme ça, sans réagir, c’est faire le lit de personne dangereuses. » 

 
 

Nasrendin, ingénieur en informatique

« Je suis d’origine musulmane. Pour moi, les minarets ce n’est pas quelque chose de central pour un musulman, mais là c’est toute la communauté musulmane qu’on attaque et même les étrangers en général. On est mêlé dans un débat que nous, musulmans, n’avons même pas commencé. Alors, on aimerait montrer une image de nous différente que celle qui a été présentée dans les médias. Je suis noir, arabe et musulman …alors tout y est! C’est pour ça que je trouve important d’être ici avec mes enfants, pour dénoncer, ensemble, un milieu xénophobe qui va à l’encontre des droits humains. Je tiens aussi à dire que le slogan de la manifestation « nous sommes tous des musulmans! » m’a beaucoup ému. »

 Martine, psychologue

« Ce qui s’est passé dimanche ça m’a fait prendre conscience qu’il fallait qu’on bouge. La Suisse qui se dessine, ce n’est pas la Suisse que je connais! Je n’ai pas envie d’une Suisse qui dérive toujours plus à droite. En gros, avec cette votation, le message c’est : « on ne veut pas des musulmans ».  La prochaine étape, ça sera quoi? Finalement, je crains aussi pour ma propre sécurité, car en tant qu’épouse de musulman, je ne sais pas ce qui peut se passer. Aujourd’hui, il est primordial d’avoir un dialogue interculturel, pour que l’on apprenne à se connaître au lieu de voir grandir des peurs et de donner des informations erronées.  Il faut faire en sorte que l’on puisse tous vivre ensemble, plutôt qu’ériger des murs. On a fêté dernièrement les 20 ans de la chute du mur de Berlin, ce qui est très bien, mais ce qui est en train de se passer, c’est que l’on érige d’autres murs, invisibles… »

 
 

 Ali-Eddine, étudiant en communication visuelle à l’ECAL

« Par rapport aux droits de l’Homme c’est intolérable que cette initiative ait été acceptée. D’ailleurs, elle n’a pas lieu d’être. Je suis musulman et je me sens touché quand on voit une écrasante majorité de Suisses qui vote sur la base de discours de l’UDC, fondés sur la peur de l’autre. Cette majorité qui vote sur cet « autre », qu’elle ne connaît finalement pas… » 

 
Manu, doctorante

« Lors de cette campagne de votation, l’Islam a été perçu et montré comme l’ennemi des valeurs fondamentales pour notre société. On est alors parti du principe, comme disait Saint-Juste, « pas de liberté pour les ennemis de la liberté » et on est venu à justifier une discrimination envers les musulmans en général, sur cette base-là. Cela me fait peur de voir qu’une religion comme l’Islam est accusée de plein de maux. Et ceci d’autant plus que, par mes recherches universitaires à ce sujet, on constate que ce mouvement de xénophobie et ces réactions de rejet du multiculturalisme existent dans les autres pays européens, de façon même plus marquées qu’en Suisse.» 

 
 

Sébastien, travaille dans le bâtiment

« Je suis là par solidarité envers les musulmans et tous ceux qui ont voté « non » dimanche, mais aussi parce que l’initiative sur l’interdiction de l’exportation des armes a été refusée. Je trouve ces votations anti-sociales, alors je tenais simplement à faire part de mon point de vue. »

Ambiance…

 

Loïc et Florence

26 Responses

  1. dani
    | Répondre

    Au-delà de ce qui a déjà été dit par plusieurs témoins, j’ai été surtout choqué par une chose que je n’attendais pas : il est possible, aujourd’hui en 2010, de faire approuver par une majorité de citoyens d’un pays démocratique européen, une mesure vexatoire contre un groupe particulier.

    Il ne s’agit plus d’une minorité d’extrémistes de droite, plus ou moins accompagnés par des frustrés et des aigris, il s’agit ici d’une majorité large.

    Nos sociétés vont au devant de grosses difficultés avec une crise économique qui ne fait que commencer, une crise écologique qui s’annonce gravissime, une crise sociale qui couve, une crise énergétique qui ne fera pas de cadeau. En bref, une crise globale. Cela signifie que les relations vont se tendre, que les frustrations, voire les privations vont accabler de nombreuses personnes.

    Nous réussissons déjà à voter une mesure discriminatoire alors que la situation va globalement bien pour la majorité. Que se passera-t-il quand les choses se seront inévitablement dégradées ?

    De plus, il y a une forme d’accoutumance à ce genre de choses. C’est ainsi d’ailleurs que les choses se sont passés dans l’entre-deux guerres : les mesures sont venues peu à peu, se durcissant insensiblement d’abord avant de s’emballer.

    Les extrêmes d’aujourd’hui ne sont pas celles des années 30 (il y a déjà la cravate à la place du brassard…). Nous avons affaire à une phénomène relativement nouveau, mais il pêche quand même ses inspirations dans le passé et reproduit des comportements déjà observés.

    C’est grave…

    • Nicole
      | Répondre

      Je partage l’indignation de tous ceux qui se sont exprimés et j’ai été très choquée et très triste dimanche soir. Je pense aussi que l’analyse alarmiste de Daniel est à prendre au sérieux.

      Ce que je voudrais ajouter, c’est que je ne pense pas que les 57% de Suisses qui se sont exprimés soient tous de l’extrême droite, celle-ci a su leur donner la possibilité d’exprimer leur peur, ou leur totale incompréhension du problème. Ce serait intéressant de faire une étude sérieuse sur ce qui a été exprimé dans ce vote. Quand j’entends une suissesse dire qu’elle a voté contre les minarets parce qu’elle aime les voir dans ces voyages, mais qu’ils n’iraient pas bien dans le paysage suisse, ce n’est pas vraiment du racisme, mais une totale méconnaissance de l’enjeu des votations.
      Alors il me semble qu’avant de condamner ceux qui ont voté pour l’initiative (tout en condamnant l’initiative, bien entendu) il vaudrait mieux créer le dialogue avec eux. C’est le rôle des médias, de la classe politique, de personnes engagées dans des associations, des individus, mais aussi des musulmans.

      Parce que c’est vrai que de rencontrer à tout moment des femmes enpaquetées dans nos rues ça ne donne pas une bonne image de l’islam. Ce n’est pas très politiquement correct ce que je dis, et ça ne m’a pas poussée à voter contre les minarets, ni même à demander l’interdiction du foulard, du tchador ou je ne sais quoi, mais en tant que femme ça me dérange, et j’aimerais avoir le droit de dire ce que je ressens non pour condamner mais pour en discuter. Même si ces femmes ont le droit de choisir de porter le foulard, il faut qu’elles se rendent compte qu’elles nous donne une image d’intégrisme. Le foulard n’est pas l’apanage de l’islam, la Bible aussi demande aux femmes d’être couvertes, et pourtant les chrétiennes ne se sentent plus obligées de porter couvre-chef.
      Je ne suis absolument pas contre l’islam, bien au contraire, et je me réjouis de voir des musulmans modérés, même modernes, voir patirsans d’une certaine laïcité s’exprimer plus ouvertement. Voir l’article du Courrier “Il est temps de diffuser en Suisse un Islam des Lumières”: http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=444308

      Bonne lecture!

      Nicole

      • dani
        | Répondre

        @Nicole :

        Je suis également convaincu que les 57 % ne sont de loin pas tous des extrémistes… c’est d’ailleurs bien là le problème !

        Dans une population, les extrémistes restent toujours minoritaires. Même en Allemagne en 1933, ils étaient minoritaires. Mais les peurs, la crise, la propagande contre des boucs émissaires ont fait le reste et amené de bons bourgeois bien tranquille à mettre les nazis au pouvoir.

        A mon sens aussi, c’est souvent l’ignorance qui a été le moteur de ce vote : ignorance de l’islam réel (notamment de l’islam en Suisse), ignorance des règles de la démocratie (perçue comme une simple dictature de la majorité sur les minorités) et des droits de l’homme… Mais l’ignorance fait souvent plus de mal que la méchanceté, parce qu’elle est le fait de plus de monde !

        Je ne nie pas qu’il y ait des problèmes avec une partie de l’islam, en particulier en ce qui concerne la condition de la femme. Cela mérite de se battre, mais de se battre pour l’égalité de tous et de toutes (donc aussi en particulier des femmes musulmanes), mais le vote de dimanche n’a rien à voir avec cela : il a simplement consisté à stigmatiser un groupe religieux en particulier en lui enlevant constitutionnellement un droit que les autres religions conservent.

        On accuse beaucoup les médias et les politiques de ne pas avoir expliqué : mais ils ont expliqué !!! Encore faudrait-il que les électeurs daignent lire autre chose que les anecdotes mondialisées des journaux gratuites et regarder autre chose à la télévision que des séries stupides. La communication est un phénomène à double entrée : l’émetteur doit faire des efforts, c’est entendu, mais le récepteur aussi…. Or, il suffisait de fréquenter les blogs ou les forums des journaux pour constater à quel point pullulaient les islamologues, sociologues, politologues ou historiens autoproclamés (et j’ai renoncé à compte les âneries que j’ai pu lire !). Ce sont eux, les ignorants de leur propre ignorance qui ont donné le résultat de dimanche. J’en ai marre qu’on excuse toujours tout à l’électeur anonyme bien caché chez lui ou dans un isoloir. Au moins les politiciens de l’UDC ont eu le mérite de la franchise et du courage…

        Alors…. on inquiétude est là. Si aujourd’hui déjà on réunit des majorités sur ce genre de projet, que se passera-t-il en période de crise aggravée ?

      • romuald
        | Répondre

        Ce serait intéressant de faire une étude sérieuse sur ce qui a été exprimé dans ce vote.
         

        C’est la réflexion que j’ai eu à la lecture de l’article-reportage puisque, en fait, n’ont été interviewés que des anti-anti-minarets..

        Ce qui est certain en tout cas, c’est que si l’Islam a si mauvaise presse aujourd’hui, c’est, outre ces images très percutantes d’attentats que ce soient ceux du WTC ou ceux perpétrés au milieu de civils, cette vision comme tu l’écris de femme “empaquetées”.

        Pour moi les croyants de toute confession doivent pouvoir vivre leur foi dans des édifices dignes de ce nom; mais en contrepartie, la foi étant une affaire strictement personnelle entre un croyant et son dieu, elle doit rester discrète.

        Je suis persuadé que si l’Islam faisait son “aggiornamento” et si l’islam dit modéré, progressiste, moderne parvenait malgré le terrorisme intellectuel et parfois physique pratiqué par l’islam radical à se faire entendre, admettre, reconnaître comme le vrai Islam, les populations musulmanes vivant en Europe seraient beaucoup moins mal considérées.

        Malheureusement, je crois que pour certains rigoristes dans l’Islam tout est écrit, rien ne peut être modifié donc adapté au monde moderne, et c’est comme si les modérés craignaient de ne plus être considérés comme de “vrais” musulmans s’ils s’exprimaient publiquement.
        D’où, peut-être, le fait qu’on les entende moins?

        Toujours est-il que pour moi, en tant que non-musulman, je me dis “soit, l’islam est là; autant que la cohabitation se passe bien si chacun y met du sien“.
        Le danger c’est de dire “oui à l’islam” au risque de laisser le champ libre à l’islam radical à qui rien ne pourrait être refusé au risque d’être accusé d’islamophobie, ou, au contraire, “non à l’islam” ce qui reviendrait à refuser toute présence de musulmans sur nos sols.

        De même, ce résultat ne doit pas conduite à des scènes de lamentation, de condamnation – ce qui reviendrait finalement à remettre en cause la démocratie puisque ce résultat est tout de même l’expression d’un vote démocratique - mais au contraire à une remise en question, et pas que du côté de ceux ayant voté Oui…
        Pourquoi en sommes-nous (enfin “vous”, je ne suis pas Suisse) arrivés là, que faire pour améliorer la situation” etc.

        Enfin, je crois savoir qu’une bonne partie des musulmans de Suisse vienne des Balkans; je suppose toutefois que ces réfugiés bosniaques et kosovars ne sont pas spécialement intégrés, soit parce qu’ils ne cherchent pas à l’être, soit parce qu’ils doivent faire face à une certaine hostilité.

        Ce résultat anti-minarets, c’est peut-être également l’expression d’un grondement contre cette population en particulier?…

        • Nicole
          | Répondre

          Je suis assez d’accord avec Daniel et les deux autres messages. Concernant les médias je suis aussi d’accord avec la phrase de Daniel que je renote ci-dessous:

          “On accuse beaucoup les médias et les politiques de ne pas avoir expliqué : mais ils ont expliqué !!! Encore faudrait-il que les électeurs daignent lire autre chose que les anecdotes mondialisées des journaux gratuites et regarder autre chose à la télévision que des séries stupides. La communication est un phénomène à double entrée : l’émetteur doit faire des efforts, c’est entendu, mais le récepteur aussi…“

          Les médias et le monde politique ne porte certainement pas toute la responsabilité, les électeurs aussi. Et souvent quand on a une certitude on ne lit les médias que pour la conforter.

          Mais ce que je voulais dire, c’est que quelques fois en condamnant on renforce l’autre dans sa position. La peur de l’autre n’est pas si anormale que ça, à condition qu’on en sorte. Et peut-être qu’en étudiant le pourquoi des résultats on pourrait peut-être mieux comprendre ce qui a motivé les gens dans leur condamnation des minarets, et aussi dans le refus de l’initiative et les médias comme la classe politique pourrait mieux cerner oŭ se situe la population par rapport à ses peurs et à ses ouvertures.

          Pour revenir à la dame qui avait peur de voir des minarets dans le paysage suisse, elle ne doit pas être la seule, au lieu d’éclater de rire, ce que ferait peut-être certains, on pourrait d’abord se mettre à sa place. C’est vrai on aime bien voir des paysages bucoliques avec des villages et leur église, et c’est un mélange de cultures qui se passe à notre époque.  Mais il y a d’autres constructions que les minarets qui déparent le  paysage, et puis le monde change on ne peut pas vraiment aller contre, ou alors on crée des frustrations. La société devient pluriculturelle,  oui il y a de plus de musulmans dans beaucoup de pays du monde … nos sociétés sont basées sur l’égalité des droits  … etc. etc.

          Il n’y avait certainement pas que cet argument  … L’ouverture des mosquées aux chrétiens étaient une bonne chose, peut-être un peu tardive mais elle devrait se continuer …

          Nicole

        • Anonyme
          | Répondre

          Tu dis qu’on a interviewé que les anti-anti-minarets : anti -anti= donc pro? 😉

          Non, plus sérieusement, si les personnes interrogées sont toutes anti-minarets
          c’est pour la bonne raison qu’elles participaient à la manif. Fallait lire le chapeau 
          de l’article.

  2. monmon
    | Répondre

    Personnellement, j’ai aussi une forte impression qu’avec les initiatives il y a parfois un petit problème qu’est le suivant: lorsque les gens votent une initiative, ils ont le sentiment que si ils votent contre, cela signifie qu’ils sont en fait pour aller dans le sens opposé, et vice et versa.

    En résumé: initiative minarets, je vote oui = je veux pas de minarets (ce qui est correct), je vote non = je veux plein plein de minarets partout (ce qui n’est pas nécessairement le cas).

    C’est aussi, je pense ce qu’il s’est passé lors de la votation sur la nouvelle loi sur l’immigration. Je pense que les gens pensaient que si ils votaient contre ils votaient en fait pour plus d’immigration, ce qui est complètement faux. C’est ainsi qu’on a adopté la loie la plus restrictive d’europe en matière d’immigration, et je pense que la grande majorité des gens ne s’en rendaient pas compte au moment du vote.

    Enfin c’est mon impression personnelle, que les gens votent comme si ils répondaient à un sondage (“Voulez-vous qu’on construise des minarets?”) et non pas comme à une votation, et c’est clair que ça ne s’applique pas à tout le monde.

    • dani
      | Répondre

      @monmon :

      Si vraiment les gens ne comprennent pas la question au point de ne pas voir s’ils doivent répondre oui ou non pour manifester leur préférence, comment peuvent-ils prétendre se faire une opinion sur les enjeux… ?

      J’ai écrit un petit quelque chose là-dessus : http://pikereplik.unblog.fr/2009/11/21/lidee-recue-on-vote-sur-des-phrases-tordues/

      • monmon
        | Répondre

        Je ne dis pas qu’ils ne comprennent pas la question, je dis qu’ils l’interprètent mal. Et, soyons francs, une bonne partie de la population ne comprend pas les enjeux… beaucoup apprécient donc le discours hyper simplifié de l’UDC.

        • dani
          | Répondre

          Je crains en effet que vous ayez tout à fait raison… ;-)   (ma question était surtout une forme de “boutade démocratique”)

          • camille_chardon
            |

            En réponse à Romuald qui disait: 
            “De même, ce résultat ne doit pas conduire à des scènes de lamentation, de condamnation – ce qui reviendrait  finalement à remettre en cause la démocratie puisque ce résultat est tout de même l’expression d’un vote démocratique - mais au contraire à une remise en question, et pas que du côté de ceux ayant voté Oui…”

            Le suffrage universel ne se porte aucunement garant d’un Etat démocratique, c’est un bon début mais ce n’est pas suffisant puisqu’une majorité de la population peut très bien voter pour une loi de type totalitaire par exemple. Donc oui il faut se lamenter de ce qui arrive à la Suisse et à sa démocratie semi-directe dont on était, jusque là, plutôt fier. Heureusement, il existe un droit international qui pourra peut-être remettre les pendules helvétiques à l’heure…

          • romuald
            |

            Et que pensez-vous du fait que 68.2% des Suisses se soient exprimés contre le projet des pacifistes du GSSA, Groupe Suisse sans armes, à savoir l’arrêt des exportations d’armes suisses?

            Aucun canton n’a voté dans le sens des pacifistes même si à Lausanne et Genève, ce fut juste (le non l’a emporté avec un peu plus de 52%); pourtant, exportation d’armes et droits de l’Homme ne font pas spécialement bon ménage.

            Les Verts suisses comptent-ils également réclamer une nouvelle votation?

            Bref, il semble qu’une minorité de Suisses soient plus inquiets du sort (supposé) réservé aux musulmans suisses, que du fait que les armes suisses puissent continuer à être exportées et à tuer des… musulmans, notamment (on retrouve par exemple des Sig Sauer 552 et variantes sur le théâtre afghan, des véhicules blindés Mowag de type Piranha en Irak et en Afghanistan utilisés par l’US Army; tandis que le Pakistan a ces dernières années été le 1er destinataire des systèmes d’armes d’artillerie du Suisse Oerlikon).

          • Loïc
            |

            Merci de ne pas tout mélanger Romuald…

            Même si le refus de l’initiative “contre l’exportation d’armes” fait mal au ventre, cela ne contrevient pas directement à la Déclaration universelle des droits de l’homme contrairement à l’initiative “contre la construction de minarets”.

            Il est clair qu’il faut instaurer débat démocratique sur l’exportation de matériel de guerre se basant sur des faits objectifs. Où vont ces armes? Qui les utilisent et à quel fin? et dénoncer un maximum pour qu’un jour on se rende compte que le plus simple ou le plus juste est simplement d’arrêter de fabriquer ou d’exporter des armes…

            Cette initiative, malgré son refus pour des raisons principalement économiques (peur de mettre aux chomages encore plus de gens en période de crise…) a au moins eu le mérite de relancer ce débat.

          • romuald
            |

            (…) cela ne contrevient pas directement à la Déclaration universelle des droits de l’homme contrairement à l’initiative “contre la construction de minarets”.
             

            Cela reviendrait à dire qu’un minaret est un élément indispensable pour la foi, et qu’interdire leur construction entrave la liberté de culte établit dans la DUDH.
            Je me demande dans ce cas, si la construction des minarets fait partie intégrante de la foi des musulmans, pourquoi ceux-ci, en Suisse du moins, à de très rares exceptions*, ne demandent pas de minarets?…

            Bref, en quoi un référendum relatif à l’interdiction de la construction des minarets serait-il contraire aux droits de l’Homme?
            Puisque la question portait bien sur la construction des minarets et non sur l’islam en général, si je ne me trompe pas.

            * à part une association de musulmans exgeant un minaret et menaçant de saisir la CEDH.

          • Loïc
            |

            Je ne crois pas que se soit à nous (ou à toi…) de décider se qui est ou non “un élément indispensable pour la foi”. Est-ce que les cloches des églises sont un élément un élément indispensable pour la foi?

            Si les musulmans veulent ou non des minarets avec leurs mosquées, c’est leur problème. que se soit pour des raisons architecturales ou de pratiques religieuses…

            Par contre interdire un élément d’une seul religion me paraît clairement discriminatoire et à l’encontre du “Pacte international relatif au droits civils et politiques” ci dessous:

            Article 18

            1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu’en privé, par le culte et l’accomplissement des rites, les pratiques et l’enseignement.

            http://www2.ohchr.org/french/law/ccpr.htm
             

          • romuald
            |

            Loïc, ce n’est pas mon avis que je donne à propos des minarets n’étant pas musulman, mais celui de responsables musulmans, du moins, ceux qui considèrent que le minaret est une forme non discrète de l’islam et en tout cas pas indispensable….

            Et je peux même affirmer que pour l’écrasante majorité des musulmans suisses le minaret n’est pas un élément indispensable, puisqu’il n’y a que 4 minarets, pour une communauté forte de 400.000 musulmans…..

          • camille_chardon
            |

            Romuald, tu as raison: la présence de minarets ne posait aucun problème avant la votation! Mais cette nouvelle loi me semble contestable car il y a discrimination par le fait de séparer un groupe social des autres en le traitant plus mal (c’est ce que le Petit Robert dit en tout cas).

          • diane
            |

            Camille, les musulmans vivent la plupart du temps de manière discriminatoire car endogame (pas de mélange avec des non musulmans). Aucun des des 50 ou 60 pays musulmans n’est démocratique. Il y a une peur de l’autre, de la xénophobie donc. C’est aux musulmans de mûrir, de grandir, de se prendre en charge dans le respect des autres et de faire leur auto-critique. 

          • nicole
            |

            “Et je peux même affirmer que pour l’écrasante majorité des musulmans suisses le minaret n’est pas un élément indispensable, puisqu’il n’y a que 4 minarets, pour une communauté forte de 400.000 musulmans…..”

            Tout à fait raison. On peut donc logiquement poser la question pourquoi l’UDC a choisi de légiférer sur la question des minarets.  Et la, je ne peux que penser qu’il s’agit d’autre chose…

          • Kérastase
            |

            …(on retrouve par exemple des Sig Sauer 552 et variantes sur le théâtre afghan, des véhicules blindés Mowag de type Piranha en Irak et en Afghanistan utilisés par l’US Army; tandis que le Pakistan a ces dernières années été le 1er destinataire des systèmes d’armes d’artillerie du Suisse Oerlikon).

            Sans déconner, Romu, trouve-toi un job et arrête de zoner sur wikipédia…

          • romuald
            |

            Je bosse et, étant ancien mili, je reste informé sur le monde mili, sans avoir besoin de passer par wikipedia. 😉
            Je puis même t’indiquer que je suis armé, au boulot, par une arme suisse. 🙂

            Allez, cadeau, une photo que j’ai prise au dernier salon Milipol. De bien belles armes suisses, n’est-ce pas?

            http://img24.imageshack.us/img24/7295/img0327aa.jpg

          • romuald
            |

            PS: y a pas un bug de date sur le Lausanne Blog? on est le lundi 7 décembre, il est 18h40…

          • Loïc
            |

            ouais un p’tit problème de date visiblement…

  3. diane
    | Répondre

    Ami-e-s suisses, je vous invite à lire le billet de Mme Sorel. Il propose des pistes de réflexion essentielles qui si j’en crois les résultats du vote sont aussi valables pour la Suisse : http://puzzledelintegration.blogspirit.com/archive/2009/11/30/les-lecons-du-referendum-suisse.html#comments 

    En ce qui concerne la sociologie du vote, il serait constructif de réfléchir sur le fait que les femmes ont été plus sensibles à cette interdiction. Et si cet “incident” constituait un élément de réponse au non aux minarets? :

    Mosquée de Genève : les fidéles humilient des collégiennes

    http://www.bivouac-id.com/2009/05/16/mosquee-de-geneve-les-fideles-humilient-des-collegiennes

    Voici un point de vue d’une votante : http://www.ripostelaique.com/J-ai-vote-oui-en-toute-lucidite-je.html

    Cordialement.


  4. diane
    | Répondre

    Je viens de tomber sur ceci et tiens à vous le faire partager (désolée pour la source mais ce sont quasiment les seuls à relayer ce type de propos).
    Abdelwahab Meddeb sur le sacrifice rituel : « Celui qui continue de sacrifier ne peut pas évoluer »
    http://www.bivouac-id.com/2009/12/04/abdelwahab-meddeb-sur-le-sacrifice-rituel-«-celui-qui-continue-de-sacrifier-ne-peut-pas-evoluer-»/

    Ne ratez pas ces autres interventions, sous la vidéo.

    Monsieur Abdelwahab anime l’émission radiophonique “Cultures d’Islam” sur France-Culture :
    http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/culture_islam/


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