Liberté et Patrie

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Ou comment je me suis retrouvé à la session d’automne des naturalisations du Canton.

La semaine dernière, j’ai accompagné un ami, un peu par hasard, un peu pour échapper à ma journée de travail, à la session d’automne de naturalisation qui avait lieu à Lausanne. JC, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est de ceux que l’on appelle des segundos. Cette deuxième génération née en Suisse, souvent plus suisse que les Suisses mais qui tous les 5 ans doit malgré tout renouveler son permis C puisque le droit du sol n’existe pas dans notre si beau pays.

JC donc, 40 ans cette année, né à Lausanne et grandi à Crissier, a entamé il y a une année les démarches pour demander sa naturalisation et après quelques péripéties administratives typiquement helvétiques, a été convoqué mercredi dernier pour prêter serment. La convocation invitait à se rendre à l’avenue de Cour 33, dans l’auditoire de la HEP de Lausanne.

Comme tous bons Suisses, nous sommes arrivés un peu en avance devant le bâtiment où une petite foule commençait déjà à se rassembler. Certains avaient sortis leurs costumes du dimanche, d’autre affichaient des mines inquiètes mais tous étaient là pour prêter serment.

Au niveau logistique, tout était très bien organisé. Les prétendants au passeport en bas, placés précisement à leur place par des huissiers, les accompagnants, public, amis et famille en haut. C’est là que le premier bémol est survenu, le retard ! En même temps, faire entrer et asseoir 200 personnes sur une place attribuée ça prend du temps. Heureusement que sur l’estrade un orchestre piano-basse-batterie jouait pour faire patienter et couvrir le murmure de la salle.

Une fois tout le monde en place, l’huissier en chef a pris le micro pour nous donner quelques indications sur le déroulement de la cérémonie. Re-attente et enfin, le conseil d’Etat est arrivé presque en intégralité. Monsieur Maillard s’est fendu d’un rapide discours sur l’intégration avant de lire LA promesse devant l’assistance debout pour plus de solennité :

« Vous promettez d’être fidèle à la Constitution fédérale et à la Constitution du Canton de Vaud. Vous promettez de maintenir et de défendre en toute occasion et de tout votre pouvoir les droits, les libertés et l’indépendance de votre nouvelle patrie, de procurer et d’avancer son honneur et son profit, comme aussi d’éviter tout ce qui pourrait lui porter perte ou dommage ».

Après quoi, le Chancelier a commencé à énumérer les noms de tous les naturalisés qui devaient répondre par un « je le promets » de circonstance, le bras droit levé. L’exercice fut laborieux et le Chancelier, habile dans l’énoncé de cette longue liste avec parfois des noms difficiles à prononcer, le tout devant un conseil d’État figé, attendant patiemment la fin de cette longue litanie.

Une fois l’ensemble des aspirants Suisses appelés, les autorités ont quitté la salle pour laisser la place aux responsables du Contrôle des Habitants pour les derniers détails nécessaires à l’obtention de papiers d’identités estampillés de la croix blanche sur fond rouge. La cérémonie se terminant par l’inévitable verre de l’amitié avec un bon vin blanc bien de chez nous et bien acide, comme il se doit.

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en accompagnant JC ce jour-là, et je me suis surpris à ressentir une certaine émotion dans la salle. Cette promesse est un acte solennel qui met souvent un terme à une longue attente pour certains, alors que pour d’autres cela ne semblait être qu’une formalité administrative de plus. Je regrette malgré tout une cérémonie par trop efficace mais sans chaleur, une cérémonie finalement tellement Suisse…

 

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