Les antispécistes : des drôles de spécimens ?

Posté dans : Société | 9
La souffrance animale, personne (ou presque...) n'aime ça! Cruelle contradiction : cela ne nous empêche pas pour autant de nous envoyer un steak de temps à autre. Le LausanneBondyBlog a donc voulu rencontrer deux antispécistes lausannois qui, eux, militent activement en faveur de la libération animale.

Des discriminations arbitraires, on en trouve à la pelle. Amis d’Olympe de Gouges, descendants de Malcom X et clique de Harvey Milk ne diront pas le contraire. Le collectif LausAnimaliste ATRA vous fera remarquer, quant à lui, un rapport de domination peu connu : le spécisme. En gros, être spéciste, c’est trouver juste que les animaux soient exploités et utilisés par les humains par le simple fait qu’ils sont d’une autre espèce, jugée inférieure à la nôtre. Or, pour mes deux jeunes interviewés, Fanny et Jonathan, « l’égalité doit concerner tous les êtres sensibles ». Par conséquent, selon eux, on ne peut appliquer aux bêtes un traitement qu’on ne pourrait accepter pour nos enfants.
Ils se disent ainsi « vegans », car ils adoptent à la fois un mode de vie en rupture avec une consommation de produits de source animale (cuir, soie, oeufs, lait, viande, etc.) et une idéologie antispéciste, qu’ils tentent de défendre à travers des actes militants. Explications.

Arrête ton cirque!

Pour « poser plus simplement la question de nos rapports aux animaux », il est utile, selon Jonathan, d’aborder « des thèmes porteurs, des sujets connus du public ». Ainsi, le collectif met en place plusieurs fois par an des démonstrations et des distributions de flyers contre, par exemple, le foie gras ou le port de la fourrure. En juin dernier, place de la Palud, une de leurs manifestations n’est pas passée inaperçue. Allongés dans des barquettes géantes, sous cellophane, faiblement vêtus et légèrement couverts de sirop rouge (la fameuse simulation d’hémoglobine), les animalistes dénoncent la consommation de viande. Cette action “choc” n’a pas été au goût de tous les badauds et s’est même soldée par une amende. Disons qu’elle eut au moins le mérite de ne pas laisser les passants et les journalistes indifférents…

Ce week-end, les antispécistes se sont regroupés là où grouille la marmaille et flottent des effluves de crottin et de barbes à papa : devant l’entrée du chapiteau Knie. Le but? Dénoncer l’esclavagisme des éléphants, tigres, girafes et autres mammifères des grands espaces pour le profit et le divertissement. « En prenant pour cible un cirque comme Knie, qui est hyper transparent et qui joue à fond sur le côté « on traite bien nos bêtes », on veut dire que, quel que soit le traitement qu’on prétend avoir avec les animaux, le fait qu’ils soient prisonniers toute l’année, qu’ils soient trimballés en camion et qu’ils doivent faire des numéros, c’est déjà en soi quelque chose qui pose problème » explique Fanny. Banderoles, grands panneaux, sifflets et slogans au porte-voix, autant dire que la manif’ fut visible (malgré les 30 personnes) et bruyante (les discours contre la barbarie couvrant d’ailleurs l’orgue de barbarie du cirque, déplacé pour l’occasion). L’appel au public à boycotter ce genre de spectacle est lancé!

Pour une grande majorité de la population, les membres de LausAnimaliste sont souvent perçus comme « des sacrés numéros » ou « des rigolos » (Knie serait-il prêt pour autant à les recruter?). Or, ces derniers temps, c’est plutôt le terme « d’écoterroristes » qui leur colle à la peau.

Entre « Novartisme » et « Ecoterrorisme »

Qui ne connaît pas Daniel Vasella? Monsieur Novartis aux 30 millions (non pas d’amis…), le géant pharmaceutique suisse aux couilles en or? L’été de Dani n’a pas été de tout repos. Son immense chalet de chasse a été incendié et la tombe de sa mère profanée. Les protagonistes de cette histoire? Des défenseurs des bêtes venus du Royaume-Uni et qualifiés par les médias d’« éco-terroristes ». Ces individus cherchent, par ces actes peu pacifiques, à fermer un labo d’expérimentation animale dont Novartis utiliserait les services. Vasella, lui, dément cette accusation pourtant bien fondée…

Face à cet événement, Fanny raconte : « j’ai eu la réaction première de trouver ça vraiment stupide et de dire que ça donne une image négative des animalistes. Et puis, maintenant, je suis revenue un peu de ça et je ne porte plus vraiment de jugement là-dessus. Ça fait partie de ce qui peut arriver dans un mouvement de contestation face à une exploitation aussi énorme que celle des animaux et qui prend des formes aussi terribles que la vivisection. Y’a pas eu de mort humaine, pas eu de blessés…Je pense que ce n’est pas du terrorisme mais du vandalisme ». Dans le même sens, Jonathan déclare : « Personnellement, je ne ferais pas ça, mais je reste attaché aux libertés des différents modes de militantisme. Ça me regarde peu ce que font les gens, ce n’est pas dans mon pouvoir de dire ce qui est bien ou pas bien… Vouloir défendre une cause de cette manière-là relève de leur responsabilité. » Finalement, mes deux interlocuteurs s’accordent pour dire que leur collectif vise un engagement associatif, public et visible et surtout… légal.

Expérimentation animale : nécessité pour la recherche ou abus scandaleux?

Les misères faites à Vasella ont remis sur le devant de la scène la question de l’expérimentation animale. Peut-on avancer contre les maladies du cerveau ou contre la douleur humaine par les seules cultures de cellules? La recherche et la pharmacie peuvent-elles vraiment se passer de la vivisection?
Sans les expériences de Claude Bernard sur les chiens, les diabétiques finiraient aujourd’hui très certainement (et rapidement) à la morgue. Le progrès médical ne serait-il donc pas en danger par les adeptes du veganisme?

Pour mes deux interviewés, il faut « prendre en compte la réalité du monde médical et pharmaceutique actuel, dans lequel 90% des expériences, voire plus, pratiquées sur les animaux ne déboucheront jamais sur un progrès médical, sur des médicaments ou sur la compréhension de certaines maladies ». Ces militants pointent du doigt le fait qu’il existe des abus scandaleux côté cosmétique ou encore côté développement de nouveaux produits pour le tabac, à l’instar des tests de Philip Morris sur les souris. De plus, se basant sur la vision de Peter Singer, ils préfèrent poser le questionnement suivant : « si le fait pour un humain de posséder un degré d’intelligence plus élevé qu’un autre ne justifie pas qu’il serve de cet autre comme moyen pour ses fins, comment cela pourrait-il justifier qu’un humain exploite des êtres non humains? »

Même si Peter Singer a l’art de balancer des phrases qui doivent être lues trois fois avant d’être saisies, on peut reconnaître aux animalistes leur re-questionnement du rapport de sujétion homme-animal, trop souvent perçu comme « naturel ». A l’évidence, Fanny et Jonathan sont des jeunes convaincus qui peuvent parodier Claude Barzotti : « je suis vegan et je le reste, et dans le verbe et dans le geste »…
Si ces antispécistes nous apparaissent à nous, les carnivores vêtus de redingotes en laine et de besaces en cuir, comme de « drôles de spécimens », c’est peut-être parce que leurs discours et actions ébranlent ce que l’on croyait « aller de soi »…

 

 

Florence Métrailler

9 Responses

  1. Curieuse
    | Répondre

    Pour cet article intéressant et actuel, qui m’a appris beaucoup de choses, BRAVO! 
    Cependant, j’ai une petite question par rapport à l’expression “laine-coton”:
    la laine provient des animaux ok, mais le coton n’est-ce pas un végétal?
    Pourquoi serait-il à proscrire?
    Est-ce qu’un vegan pourrait satisfaire ma curiosité?

    • anushavan_sarukhanyan
      | Répondre

      Bonjour,

      Il s’agit en effet d’une erreur dans l’article. Le coton est un produit végétal par conséquent les personnes qui boycottent les produits issus de l’exploitation des animaux peuvent l’utiliser. Nous pensons que les animaux ne doivent pas être traités comme une simple ressource et c’est la raison de notre boycott. Je suis convaincu qu’un jour tout le monde trouvera étrange et barbare le fait qu’on ait pu tuer des animaux simplement dans le but de manger des morceaux de leur corps ou de se vêtir avec leur peau, et j’espère pour tous les êtres sensibles de cette planète que ce jour arrivera le plus rapidement possible.

      • florence_metrailler
        | Répondre

        L’erreur est corrigée, merci pour la remarque!

  2. romuald
    | Répondre

    J’ai une amie que j’ai connue végétarienne – elle mangeait des oeufs,buvait du lait et, même parfois, se laissait aller à bouffer des crevettes et écraser des mouches lol – qui est passée par le végétalisme et, depuis 2 ans, est devenue adepte du véganisme.

    Anecdote amusante, elle milite par exemple contre le sport hippique qu’elle considère comme étant une forme d’exploitation du cheval par l’Homme, mais paradoxalement admet que des collègues à nous puissent être maître-chien anti-stup..

    Je sais aussi qu’elle participe à des manifs comme aller se mettre toute nue lors des “fêtes” de Pampelune (lâcher débile de taureaux en pleine rue….) et tout ce qui concerne la tauromachie; elle se rend en groupe juste avant des chasses à cour organisées etc etc.

    Pour ma part, bien qu’étant contre la tauromachie, les souffrances animales, je mange quand même de la viande. Sans trop penser au sort réservé à ces bêtes menée à l’abattoir..

    Mais, ce qui rend le fait de manger des animaux inacceptable et injuste (pour les adeptes du véganisme), n’est-ce pas l’industrialisation de ces abattages, plutôt que la consommation des bêtes elle-même?

    Car, si on y réfléchit bien, les premiers peuples qui ne cultivaient pas et ne cueillaient pas n’ont dû leur survie qu’en mangeant des animaux…
    Etre spéciste, c’est donc rejeter cette partie de notre patrimoine à tous, mais c’est aussi une forme de rejet de la société capitaliste (qui abat par millions des bovins pour fabriquer les big mac?).
    Il y a derrière cette volonté de protéger les animaux un certain message politique.

    Ne pas bouffer de viande, c’est en tout cas un luxe que ne peuvent se permettre certains peuples…

    Pour finir sur la question des expérimentations animales, ma potesse m’a déjà montré des sites bien dégueu.
    Mais soit on teste sur des animaux, soit sur des humaines… Comme elle considère les animaux comme supérieurs aux hommes, pour elle, les expérimentations ne devraient être menées que sur les humains.
    Je ne sais que trop penser à vrai dire..

  3. lisa
    | Répondre

    Merci pour cet article. J’ai consulté leur site internet et il contient des choses vraiment intéressantes.

  4. Damadon
    | Répondre

    J’ai pu lire il y a quelques jours qu’un philosophe de l’uni de Washington, nommé Adam Shriver, avait trouvé une solution pour “continuer à manger de la viande tout en ne faisant plus souffrir les animaux”. Pour se faire, il faudrait, selon lui, élever des animaux génétiquement modifiés, car l’absence de gènes Nav 1.7 et P311 inhiberait la perception de la douleur…On pourrait donc toujours “s’envoyer des steaks de temps à autre” en toute bonne conscience!

    Mouais… 

    Pas sûr que les vegans soient d’accord avec cette idée…

  5. safran
    | Répondre

    Merci miss Flo pr cet article bien documenté et super intéressant, I LIKE! 🙂

  6. nicolas
    | Répondre

    Je ne suis pas très au clair à propos de cette réflexion sur les animaux qui est cependant, je dois l’admettre, très intéressante. En effet, elle questionne.
    Je voulais avant tout réagir aux articles de Mme Métrailler qui sont réellement passionnants. Ca me réjouit de constater (j’ai découvert ce blog par hasard dernièrement) qu’il y a des gens qui profitent de ce média qu’est Internet pour aborder des questions pertinentes, qui font sens, pour réflechir à des thèmes de société crutiaux et analyser des phènomènes qui fondent nos relations et ont une incidence sur la manière dont nous vivons en société.
    Florence Métrailler, vous nous proposez un regard vraiment différent sur le monde de celui que nous offre à présent pratiquement l’ensemble des médias.
    Votre travail est précieux.
    Merci et Bravo! 

  7. yves
    | Répondre

    Je profite de ce que vous avez publié cet article sur les antispécistes lausannois pour ajouter une analyse : vous avez sans doute entendu le déferlement de publicités pour le foie gras en ce moment…

    Estiva Reus, de l’association L214 (http://www.l214.com/) a proposé une tribune à ce sujet à Rue89. Elle a été publiée avant-hier (texte raccourci et un peu remanié par la rédaction, mais le fond y est), intitulée “Foie gras : à la Saint Martin, on nous prend pour des crétins“.

    Vous pouvez la lire à cette adresse :

    http://tinyurl.com/25ol4tw

    Dessous, on peut lire beaucoup de commentaires de la famille “le foie gras c’est trop bon”, mais aussi de belles réactions de certains lecteurs.

    Voici un commentaire, ci-dessous, que je suis content d’avoir exposé à la critique aïgue des commentateurs de Rue89 ; dans la foulée, je vous le livre aussi :

    Je trouve très intéressants les commentaires laissés par les lecteurs de cet article : très instructives les indignations parce qu’il serait partial, parce qu’il ne donnerait à voir qu’une partie du tableau, ou parce qu’il tenterait d’abuser le lecteur…

    Cet article est certes engagé, mais il ne dit rien qui n’ait été vérifié cent fois, qui ne soit tiré des dires de la filière elle-même, qui n’ait été confirmé par des visites en élevages ou par les éleveurs eux-mêmes.
    Je vous conseille d’écouter par exemple ce que nous dit Philippe Lapaque, qui fut gaveur en son temps et sait hélas de quoi il parle :
    http://www.stopgavage.com/foie-gras-euralis-montfort.php
    ou sur son propre site :
    http://canardupe.blogspot.com/

    Cet article est certes engagé ; mais depuis quand refuse-t-on de lire des articles engagés, sur tel ou tel sujet ? Un article sur la guerre en Tchétchénie ou sur le génocide rwandais devraient-ils rester “impartiaux” ? Que signifierait alors le terme “impartial” ? Depuis quand un article doit-il s’abstenir de refléter un point de vue ? Et comment serait-ce possible ?
    La neutralité n’existe pas, elle est un leurre journalistique et son apparence constitue simplement un type de manipulation. Je crois que c’est Élie Wiesel qui écrivait peu ou prou : “la neutralité n’est pas symétrique : elle sert l’oppresseur, dessert les victimes…”.

    Non, ce qui gène ici, c’est non pas la “partialité” de l’auteure, mais bien son point de vue engagé contre le foie gras, pour une prise en compte des intérêts des animaux.

    Les critiques virulentes de cet article le montrent à l’évidence, ne serait-ce que par l’affirmation sans cesse renouvelée de leurs auteurs, que “ce Noël, je mangerais encore du foie gras sans culpabilité ni scrupules” : elles constituent un refus de remettre en cause notre prééminence morale ou ontologique à l’égard du reste du vivant.

    Le cas du foie gras est emblématique, du fait que d’un côté des êtres sensibles vivent des conditions terrifiantes pendant 12 jours avant d’être transportés sans ménagements jusqu’à un site industriel de mise à mort. Et de l’autre côté, cette souffrance constante et cette terreur de fin de vie ne servent qu’à assouvir des plaisirs dérisoires. Certes, le plaisir de manger est très important et reste parfois l’un de nos principaux plaisirs dans la vie, mais il y a une valeur symbolique fondamentale à être prêt à sacrifier la vie et le bonheur des non-humains pour simplement goûter cinq minutes le plaisir d’un pâté fondant dans le palais. Lorsqu’on met en balance notre plaisir de gourmet avec les souffrances extrêmes nécessitées, on voit bien qu’il s’agit de notre part d’une décision de tyranneau capricieux, exigeant haut et fort que son “droit” au caprice passe avant tout droit fondamental de l’autre. C’est d’une férocité inouïe.
    Car il s’agit rien de moins qu’un caprice de notre part : nous n’avons bien évidemment nul besoin de manger du foie gras ; notre nourriture quotidienne est farcie d’aliments délicieux, des repas très simples sont de véritables régals… Notre principale raison de manger du foie gras, telle qu’elle apparaît en tout cas ici dans les commentaires, c’est bien l’affirmation d’un droit de Seigneur, de maître absolu de la vie des autres. L’affirmation que nous “le valons bien”, que le moindre de nos plaisirs d’humain vaut bien la pire des souffrances endurées par d’autres, s’ils sont non-humains.

    En ce sens, la consommation de foie gras marque bien une volonté pratique de démarcation des autres : nous, en tant qu’humains, avons une valeur telle que nous pouvons sans scrupules exploiter les autres à mort, y compris pour des raisons complètement délirantes.
    Il me semble que notre valeur en tant qu’humains prend ainsi tout son relief à être mise en contraste avec cette absolue non-valeur dévolue aux autres.
    N’est-il pas temps de nous poser autrement qu’en nous opposant ? De nous donner de la valeur autrement qu’en la déniant ainsi aux autres ?
    Ce processus platement identitaire de valorisation différentielle, qui prend ici une forme incroyablement brutale et sanguinaire parce qu’il s’exerce à l’encontre d’êtres qui ne peuvent absolument pas se défendre, est une catastrophe sociale et politique, comme l’histoire le montre assez.

    En ce qui concerne les animaux qui en font aujourd’hui les frais, les résultats sont là : ce sont chaque année dans notre seul pays quelques trente millions de canards gavés qui souffrent le martyre pour rien ; mais ils ne constituent eux-mêmes hélas que l’écume de l’océan, puisque nous tuons pour des raisons similaires quelques un milliard deux cents millions de vertébrés terrestres, et des centaines de milliards de poissons – pour nous en nourrir, mais nous pourrions très aisément ne pas les manger, manger d’autres aliments tout aussi bons. Là encore, il s’agit simplement d’un caprice de notre part.
    Un caprice meurtrier, mais quel caprice mieux que meurtrier est susceptible d’affirmer aussi bien à la face du monde notre absolue supériorité, notre absolue valeur ?

    Nous vivons dans un monde qui ne nous est pas facile ; il ne nous est pas aimant, nous avons à nous battre tous les jours pour garder la tête hors de l’eau, du fait de la concurrence économique, des rapports dégradés entre nous, du fait de l’absence de sens de nos vies, etc.
    Heureusement que nous pouvons nous magnifier aisément en tant qu’humains ! Notre humanisme est comme tous les chauvinismes, tous les nationalismes : il nous permet de nous donner illusoirement une valeur que notre vie sociale nous refuse. Il est comme un os qu’on nous jette pour nous faire accepter nos vies exploitées et appauvries, un os à ronger dont nous nous emparons comme nous le ferions d’une bouée de sauvetage.
    Mais surtout, comme tous les chauvinismes, comme tous les nationalismes, cet humanisme débouche aisément sur les pires boucheries. Il n’acquière même toute son effectivité qu’à devenir résolument sanglant.
    Il génère de fait des atrocités qui nous cernent en permanence et qui nous structurent au quotidien.
    Des atrocités sans nom parce que nous nous refusons à les nommer – mais nous les connaissons pourtant : sans elles, que resterait-il de nous ?

    yves

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