Le romand pour les nuls – leçon II

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Les francophones non-helvétiques imitent souvent l’accent suisse. Mais savent-ils parler le « suisse » ? Voici quelques notions à destination des voyageurs de passage à Lausanne…

Reprenons notre petit précis de romand là où nous l’avons laissé. Pour ceux qui auraient raté la première leçon, allez vérifier votre niveau en la lisant ici.

Bien. Maintenant, chacun doit être en mesure de me comprendre si je l’aborde en rue en lui disant “hey tchô, ça joue? Il y a une soirée années huitante demain, ça a l’air monstre cool, ça te tente?”.

Parfait. Voici quelques autres expressions utiles à connaître :

1) “t’as meilleur temps” : pour “t’as plus facile”. D’ici, t’as meilleur temps d’y aller à pied que d’attendre le bus.

2) “bonne rentrée” : c’est marrant à remarquer et systématique. Après avoir passé une soirée avec quelqu’un, il sera de bon ton de lui souhaiter un bon retour. Cela se fait également en Belgique, mais le “bonne rentrée!” a de quoi surprendre, car il serait plutôt utilisé à l’adresse des écoliers à l’approche du 1er septembre…

3) “service” : après “tchô bonne” et “sans autre”, voici une autre ellipse. Elle renvoie à “à votre service”. Cela donne :
– Merci!
– Service!

4) “ou bien” : un grand classique. Se rajoute en fin de phrase. Très pratique pour affirmer quelque chose, mais quand même demander l’avis de son interlocuteur. Je passe te prendre à huit heures… ou bien? Penser à incliner légèrement la tête et élever l’intonation.

5) “si jamais” : autre ellipse, pour “si jamais t’as besoin”. Je suis à côté, si jamais.

6) “j’entends” : attention, tic de langage potentiel. Peut être comparé aux “tu vois” ou “je veux dire”. S’attrape très vite.

7) “seulement” : comparable au “sans autre”. Ainsi :
– Je peux?
– Faites seulement.

8) ”j’ai de la peine à“ est utilisé pour dire “j’ai du mal à…”. J’ai de la peine à finir cette fondue.

Et je terminerai avec les abréviations. Voilà quelque chose qui est culturel et qui varie d’une langue à une autre (bon j’énonce ça comme une évidence, mais en fait je l’ai appris en venant ici, j’avoue). Le romand n’échappe pas à la règle. Ainsi, les examens deviennent des ”exas” (contre des ”exams” en Belgique), l’université devient l'”uni” (l'”unif” en Belgique), les kilomètres des “kils” et les commissions des ”commis” (en Belgique on utilisera les “courses”).

Voilà! Vous êtes plus intelligents maintenant! Potassez tout cela, sortez en rue et abordez les passants. Succès garanti. Si vous essuyez des regards interrogateurs, c’est qu’il vous manque encore quelques expressions… rendez-vous à la prochaine leçon! 

 

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Etienne Doyen

4 réponses

  1. reg
    | Répondre

    Impatiente de lire la suite.

  2. mimikelis
    | Répondre

    Bonjour, très marrant! Je retrouve les mêmes souvenirs de ces 6 dernières années. Par contre, concernant le 1er point, étant française, en France donc, on ne dit pas “t’as plus facile” mais plutôt “t’as plutôt intérêt à” ou “mieux vaut”. Avec votre site, j’apprends aussi le belge alors?
    Je vais de ce pas continuer vos leçons et voir s’il y a un point du “cordialement” de fin d’email de France, et plus

    Ps: je vois qu’en Belgique vous dites “sortez en rue” alors qu’en France ce sera “sortez dans les rues”

  3. Aurore
    | Répondre

    Bonjour,
    il semble qu’il y ait une erreur au numéro 8 : “avoir de la peine à” pour “avoir de la difficulté à” n’est pas une spécialité romande !
    Source :
    http://www.cnrtl.fr/definition/academie9/peine
    ★II. ☆1
    (…) Avoir de la peine à, parvenir difficilement à.

    Merci !

    • Mathilde
      Mathilde
      | Répondre

      Bonjour Aurore !
      Merci pour cette lecture attentive et ces précisions apportées !
      Nous découvrons avec vous cette erreur !

      Mathilde

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