“Le jour de l’éphémère” ou le renouveau d’un jeune réalisateur lausannois

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Amour, larmes et beauté cinématographique: c’est ce que nous propose Jérémie Hartmann avec son nouveau court-métrage "Le jour de l’éphémère". A découvrir les yeux grands ouverts.

Sofia décide de quitter l’homme qu’elle aime afin, selon elle, de le protéger d’un avenir incertain. “Ah non, tu n’en sauras pas plus, pas de spoil avec moi!” C’est ce que Jérémie Hartmann me répondait lundi, d’un air indigné et révolté, face à mon insistance. Son nouveau court-métrage, Le jour de l’éphémère a été projeté hier soir à Lausanne et il a voulu en conserver tout le mystère. Et franchement, qui lui en voudrait ?… pas moi en tout cas!

Quatrième effort du jeune cinéaste lausannois, Le jour de l’éphémère s’inscrit parfaitement dans le reste de sa filmographie, où on avait déjà croisé du fantastique avec Les 9 vies de Miw (2007), du thriller avec Faits-divers (2007) et du drame avec Sans Elle (2008). Portant toujours ses projets à bout de bras, Jérémie Hartmann est un passionné d’images et d’histoires et en plus, il habite dans le coin, quelle chance! Alors voilà: trois questions, un réalisateur et plein d’images dans la tête. Action!

Lausanne Bondy Blog: Comme ton précédent court-métrage, Le jour de l’éphémère traite de l’amour et surtout de ses difficultés. D’où te vient cette thématique qui semble s’installer doucement mais sûrement dans ta filmographie?

Jérémie Hartmann: Nous vivons dans une telle époque où l’individualisme et la carrière professionnelle priment sur tout le reste, que je pense que nous oublions tous petit à petit les rapports essentiels et sincères avec les autres. Aujourd’hui, nous avons beaucoup plus de moyens de communication, mais nous communiquons de plus en plus mal. Et l’amour avec un grand A fait peur, car il représente un lâcher prise, ainsi qu’une ouverture à l’autre, et est donc considéré comme une faiblesse, alors que c’est tout l’inverse. L’amour nous permet d’avancer au-delà de toutes adversités. J’ai été confronté à la perte de ma mère, il y a de ça deux ans, et ça a été un électrochoc sur ma vision de la vie et des autres. Comme pour me raviver cette prise de conscience sur ce qui était le plus important, j’ai sans doute besoin d’en parler dans mes films.

LBB: Après Mick Gondouin (Sélect Hôtel, Irréversible), tu travailles cette fois-ci avec Laurent Desponds (Le transporteur, Le bruit des glaçons) et Chérazade Benyahia (Monsieur Papa). D’un point de vue personnel et professionnel, comment s’est déroulée cette nouvelle relation acteur-réalisateur?

JH: Je fonctionne beaucoup au feeling. J’ai tout d’abord senti énormément de sensibilités qui se dégageait d’eux. Il s’est avéré que nous avions vécu les trois plus ou moins les mêmes souffrances dans la vie et qu’elles servaient l’histoire. Le travail s’est fait naturellement avec beaucoup de confiance mutuelle et d’émotions exorcisées.

LBB: La Suisse n’étant pas une terre propice aux réalisations cinématographiques, comment as-tu réussi à monter ce projet? Quels ont été les obstacles que tu as rencontrés?

JH: Effectivement, ce n’est pas facile d’avoir des aides en Suisse… Après plusieurs demandes aux investisseurs potentiels, j’ai eu une seule réponse positive pour environ 5% du budget. Le reste est sorti de ma poche, en économisant sur le salaire de mon ancien travail de vendeur. Le scénario fut terminé en janvier 2010, nous avions terminé le tournage fin juin et le film fut abouti fin-août 2010. C’était plus un besoin qu’une envie de le faire, j’ai donc mangé des pâtes pendant un bon moment pour pouvoir le financer et j’ai eu la chance de rencontrer des collaborateurs généreux et talentueux.

Pas le temps d’aller plus loin. La projection va commencer et je vous laisse là, les yeux plein d’envie et de mystère.

Mais ne restez pas plus longtemps dans le flou et n’hésitez pas à surfer sur vos écrans pour en savoir plus:

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Florian

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