Lausanne: Ville de passage (épisode 4)

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Quatrième épisode d'une saga historique sur la capitale vaudoise. Entre anachronismes et faits réels, revivons la vie de Lausanne de la Préhistoire à nos jours en nous gaussant joyeusement.

Rappelez-vous mes enfants, à l’époque romaine, Lausanne présentait déjà une activité portuaire importante. Dans le courant du 18ème siècle, l’activité lacustre connaît un nouvel essor. On y décharge les pierres venues des environs qui serviront à la construction des immeubles. Aujourd’hui encore, le port d’Ouchy reste le principal port marchand du lac. Peut-être que du haut de la dernière attraction du Luna parc, vous avez pu apercevoir les réserves de sable et de gravier stocké sur les rives du Léman. Il faut dire que notre jolie ville est une cité à mettre sous le signe de l’eau. Il n’est pas rare de se promener à Lausanne et de croiser du regard un indice historique ou géographique nous rappelant combien cet élément de la nature est partie prenante de l’urbanisme lausannois.

Cependant, les citadins du 21ème siècle doivent se rendre attentifs, puisque la plupart de ces indices sont aujourd’hui moins directement observables.  Mais sachez toutefois que nous comptabilisons six bassins versants traversant routes et quartiers pour finalement se jeter dans le Léman. D’ouest en est c’est la Chambronne qui coule sous vos pieds. Le Galicien, pour sa part, dessine ses méandres du côté de Renens, Prilly et Malley avant de rejoindre le voûtage du Flon. Le bassin de la Louve débute vers la Blécherette avant de passer acheter un livre chez Payot, de boire une bière au café qui porte son nom et finalement de rejoindre, lui aussi le Flon. Ce dernier constitue la véritable épine dorsale du réseau hydrographique lausannois. Cette rivière prend sa source dans la région du Chalet-à-Gobet, passe par le golf d’Epalinges, avant de promener les balles perdues des joueurs débutants jusqu’au giratoire de la Maladière. La Vuachère, finalement, commence son parcours dans les hauts de Lausanne avant de former la frontière entre Lausanne et Pully puis de se jeter dans le lac au niveau du Denantou. Ce cours d’eau est le dernier à couler à ciel ouvert. Au total, le réseau formé de toutes ses branches, aussi minime soit elle, s’étend sur une longueur de 160 km. Parmi ceux-ci, 78 km s’écoulent au travers de la partie urbanisée de la ville de Lausanne.

Au début du 19ème siècle, ces nombreuses rivières posent un certain nombre de problèmes aux urbanistes lausannois. Comment rendre le trafic plus fluide qui bute trop souvent sur ces cours d’eau ? De plus, notre ville est un passage incontournable pour tout voyageur venant de Berne ou d’Italie pour aller en France. En 1835, la gendarmerie lance un recensement en vue de savoir combien de chars passe chaque jour dans nos rues. Les résultats sont gargantuesques. La rue de Bourg est traversée quotidiennement par plus de 350 véhicules. Quelques témoignages de l’époque expliquent qu’en haut de cette rue, un restaurant tenu par un certain Ronald, avait les faveurs de la cote. Ceci pourrait expliquer cela. Toujours est-il qu’on ne peut plus continuer comme ça. Pour faciliter le transit, un dénommé Pichard, alors tout frais diplômé de l’EPFL, imagine la « Traversée occidentale ». On construit le Grand-Pont qui sera considéré comme le chef-d’oeuvre de Pichard et qui constitua longtemps l’une des principales attractions touristiques de Lausanne.

Il faut dire que notre ville bouillonne d’habitant et de passant. Avec la première vague d’immigration en 1685, les Huguenots Français trouvent chez nous une qualité de vie étonnante. L’industrie du cuir, la fabrication du fil et de la toile, la banque, l’orfèvrerie, l’imprimerie sont les secteurs qui se développent le plus rapidement au cours des 18 et 19ème siècle. Les affaires prospèrent et la crise économique ne pointe pas le bout de son nez. L’afflux de main d’œuvre de passage se fait de plus en plus précieux. Nos routes et nos maisons sont souvent construites par des immigrés français ou savoyards.

-       Papa, c’est quoi la crise économique?

-       La crise économique? C’est quand les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres.

-       Ah, OK. Et pour nous ?

-       Pour nous ? Bah c’est quand ton papa, il a plein de temps pour te raconter des jolies histoires.

-       Putain merde, ça craint la crise. 

Thomas

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