Lausanne: ville de passage (épisode 2)

Posté dans : Lausanno-lausannois | 1
Deuxième épisode d'une saga historique sur la capitale vaudoise. Entre anachronismes et faits réels, revivons la vie de Lausanne de la Préhistoire à nos jours en nous gaussant joyeusement.

Pierrot, Sophie… Rangez vos vélos : l’épisode deux va commencer. Romulus Augustule a rendu les armes. L’empire romain d’Occident n’est plus qu’un lointain souvenir. Notre ville de passage avance avec son temps et rentre de plein fouet dans la période médiévale. Vers 500 après le petit Jésus, Lausanne est le siège d’un domaine épiscopal qui s’étend de Genève jusqu’en Valais en passant par les actuels cantons de Fribourg et Neuchâtel. Notons ici que jusqu’au XVI ème siècle, le nom de Lausanne servit seul à identifier le lac que notre ville domine (cette dernière phrase a pour unique objectif de clouer le bec à vos petits copains genevois qui croit que le Lac leur appartient). Dans sa totalité, le territoire compte plus de 8200 km2.

Dès lors, notre ville est placée sous la responsabilité d’un évêque ou episcopus pour ceux qui touchent un peu de latin. En fait ce terme signifie « surveillant » ou tuteur. C’est un peu le Brélaz des temps médiévaux. Sauf qu’à la cravate à chat de notre illustre syndic étaient préférés, à l’époque médiévale, une croix pectorale, une crosse et un anneau (le précieux ?). Pour la peine nous appellerons notre évêque Frodon Sacquet. Frodon, qui dirige la ville, exige un trône : la construction de la cathédrale débute aux alentours du XIII ème siècle. Sachez également qu’à cette époque, notre Lausanne a les faveurs de quelques rois bourguignons. Ces derniers viennent volontiers dans notre ville de passage se reposer pendant que leurs courageux soldats se battent aux quatre coins de l’Europe. Heureusement qu’aujourd’hui les grands dirigeants de ce monde ont fini de se tourner les pouces pendant que ça pète dans tous les coins.

À l’époque médiévale, la population s’est amassée en grande partie sur et autour de la colline de la cité. La croissance vigoureuse de la ville atteint son apogée autour de l’an mil. En 1220, Lausanne sera même, avec plus de 9000 âmes qui flânent, la ville la plus peuplée de Suisse (en se référant au territoire suisse actuel, bien entendu). Depuis la décapitation du général Sextus (voir épisode 1) l’espace s’est multiplié par sept. La progression démographique oblige les urbanistes à agrandir l’espace. Ainsi naîtront le passage du bourg, la place de la Palud et celle de St-Laurent. Il ne faut pas non plus oublier de mentionner l’extension du port d’Ouchy, merveilleux lieu marchand indispensable aux commerces de la cité. Le samedi après-midi, les commerçants de notre colline descendent sur les bords du lac, achètent du poivre, des noix, de la cannelle, de l’huile. En remontant par un des grands axes routier qui mène en Italie, un marchand surnommé Jahan Duchesne, puisqu’il habite à côté d’un grand chêne, est renversé par un collègue retardataire qui arrive en sens inverse. C’est la pagaille au carrefour du poulailler. Voulant éviter la collision, Jahan a tiré un grand coup  sur la bride de son cheval, ce qui a fait partir la charrette à la renverse. Les sacs de noisette et de blé se sont déchirés comme on déchire un simple bout de papier. La marchandise gît au beau milieu du passage.

 

-       (Jahan) c’est pas Dieu possible ça !! Quel est ce garnement arrivé à brûle-pourpoint? 
-       (Le retardataire) Et bien voici que nous avons maille à partir. N’allons pas chercher noise pour si peu. Ce ne sont là que quelques noisettes et à peine deux poches de blé. 
-       (Jahan) Sachez que j’irai pour cette affaire convoquer le ban et l’arrière-ban. Vous ne vous en tirerez pas sans quelques remontrailles. 
-       (Le retardataire) Je m’excuse de cette inconscience. Voici que comme à l’accoutumée, j’ai fait le Jacques.

Cette discussion animée a fait sortir de chez eux les habitués du quartier. On peut apercevoir Rabier le producteur de raves qui s’approche, suivi à grands pas par Cabrera l’éleveur de chèvres. Le forgeron, dont l’atelier donne tout droit sur le carrefour, ne peut arrêter de battre le fer qui est encore chaud mais ne se prive pas de jeter un œil tout en tapant sur une fourchette qui prend forme. Legros et sa femme, qui gardent le poulailler au coin de la rue, courent après leurs poules. Celles-ci, excitées par tout ce chamboulement, se sont envolées et sont passées par-dessus le grillage. Les voici qui picorent déjà le blé de notre marchand d’infortune. Martin, le meunier, est plié de rire devant son moulin à eau. La grande roue ne s’est pas arrêtée de tourner pour autant et notre meunier est bientôt détrempé. Mais soudain, le remue ménage de la scène est stoppé net par l’arrivée d’un important personnage.  Tous nos villageois l’ont reconnu. Que fait-il par ces lieux? (Suite au prochain épisode). 

Thomas

  1. Anonyme
    | Répondre

    Le suspens bat son plein… Mon petit doigt me dit que c’est certainement de ce cher “Brélaz des temps médiévaux” qui interviendra dans ce litige routier… C’est en tout cas une brillante manière de retracer l’historique de cette belle ville de Lausanne et de rappeler à tous les genevois que le lac qu’elle domine ne porte le nom de leur ville que dans les esprits incultes.

    L. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.