Lausanne comme tu l’as toujours vue : visite guidée

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Il y a ce qu’on l’on voit et ce que l’on regarde. Les endroits où l’on passe, et ceux qu’on visite. Déambuler le nez en l’air, s’imprégner de l’atmosphère des villes où l’on séjourne. Parfois, par conscience, le visiteur prend le temps de se renseigner à travers un guide sous forme de livre ou d’une visite. Et je l’ai fait aussi, à Lausanne.

Du délice de se faire prendre par la main

Les weekends dans les capitales européennes sont à la mode et il est vrai que pour optimiser la découverte qui doit avoir lieu en 48 heures, il faut aller droit au but. L’âge et l’expérience m’ont récemment fait adopter une nouvelle habitude, peut-être encore plus bourgeoise dans son essence: La visite guidée. Quel luxe de pouvoir se faire conter dans un temps condensé toute l’histoire d’une ville ? Pas besoin de chercher, ni de se perdre. L’effort est superflu, il suffit juste de tendre l’oreille et de ne pas trop traîner les pieds. Ainsi je saurai l’essentiel. Pour se donner plus de style, il est aussi possible de choisir des visites thématiques : art urbain à Berlin, déambulation culinaire à Madrid, bars chics et branchés à Prague, hôtels particuliers parisiens…

 

L'Hôtel de Ville
L’Hôtel de Ville

Version Lausanne

Devant tant de choix, me voilà à me demander ce que donne une visite guidée de la capitale olympique. Qu’y a-t-il de croustillant à raconter sur Lausanne ? Bien sûr, en tant que blogueuse, je trouve qu’il y a sans cesse de fraîches lausanneries pour remplir mes billets. Un peu naïve, j’ai pensé qu’une visite guidée me permettrait de pondre un article vite fait bien fait et surtout très docte. C’est pour cette raison que je me suis rendue à une visite guidée organisée par Lausanne à pied, un projet du Mouvement des Aînés. De mai à fin septembre, des visites de la vieille ville sont organisées quotidiennement. Tous les jours, à 10h et à 14h30, des guides se tiennent prêts à accueillir les groupes qui se présenteront. Tous ne partiront pas, car les groupes se constituent au gré des participants et de leur langue.

Samedi dernier, à 10 heures, seul un groupe francophone de 5 personnes était présent. Mais, d’après les chiffres obtenus auprès de l’association, plus de 900 personnes ont participé aux visites quotidiennes de la vieille ville. Un partie infime par rapport à l’intérêt suscité par l’offre globale des balades. En effet, en 2015, environ 12’000 personnes ont participés. C’est surtout le programme gratuit de Lausanne Estivale qui attire les foules (près de la moitié du total), mais les visites de groupes à la demande sont également populaires.

Les Escaliers du Marché
Les Escaliers du Marché

Nouveau regard, un brin d’histoire

Retour à ce samedi matin: notre guide du jour, Marisa, se démène pour être audible dans le marché grouillant juste devant l’Hôtel de Ville : architecture et histoire… On s’éloigne pendant que j’écoute d’une oreille. Nous emprunterons ensuite la rue des Escaliers du marché, celle de la Mercerie avant de s’arrêter un long moment à la Cathédrale. Puis on passera sous le Pont Bessières et on reviendra à Saint-François avant de s’attaquer au Flon. Mes notes peu assidues ne me permettent pas de vous divulgâcher (au LBB nous essayons de rendre le terme populaire) le contenu de la visite, mais sachez que depuis ma visite, j’ai déjà pu frimer auprès de mon entourage. Savez-vous par exemple que, le long de la Rue de la Mercerie, il y a des marques au sol qui indiquent jusqu’où les bâtiments avançaient sur la rue? D’ailleurs, à la Renaissance, la ville était réputée comme peu pratique pour circuler. Rues étroites, pentes sévères, un grand creux sillonné d’une rivière qui coupe la ville en deux (oui, je parle de l’actuel quartier du Flon, qui n’en est pas à sa première métamorphose), c’est effectivement pas facile. Avant l’installation du M2 qui a rendu la vie plus facile à tous les Lausannois, c’est au choléra et à Adrien Pichard qu’il faut dire merci. Une épidémie de choléra a fait rage en 1832, et pour assainir Lausanne, il a été décidé de construire des ponts au dessus de la Louve et du Flon. Plus tard, l’ingénieur Pichard propose un projet de ceinture, qui permet de relier les collines lausannoises entre elles grâce à d’autres ponts, mais aussi au creusement d’une galerie (dans le coin de la place du Tunnel) et à de nouvelles routes (par exemple, la rue de Caroline). Dans la même veine, le Flon sera plus tard aplani, à l’aide de tonnes de terre, dans un effort d’une décennie.

Trichez !

Ce compte rendu inspire, je l’espère, à cette forme de tricherie qu’est la visite guidée. J’espère que vous aussi, vous prendrez un jour le temps de découvrir Lausanne sous cet angle-là, à travers un guide. Bien sûr, pour découvrir la ville, de multiples autres manières sont accessibles, puisqu’il y a autant de façon de vivre une ville que de personnes qui la traverse. La rue du Petit-Chêne avec une poussette ? Lausanne la nuit de vendredi à samedi, après une tournée des bars? Aller au travail alors que le M2 est en panne ? Des expériences à tenter!

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