La source sûre : La RTS abandonne définitivement la météo en comptant sur Facebook

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La nouvelle est tombée avant-hier, l’entreprise de service public doit économiser 40 millions de francs. Première mesure d’ampleur : les bulletins météo seront remplacés par des posts Facebook.
Les temps sont durs pour la chaîne du service public. © torange-fr
Les temps sont durs pour la chaîne du service public. © torange-fr

« Qu’est-ce qu’il se passe quand il pleut ou qu’il neige? Les gens en parlent pour se plaindre. Regardez votre fil d’actualité Facebook aux premières neiges. On dirait que les gens découvrent l’or blanc pour la première fois chaque année. Qu’est-ce que c’est con ! » Gilles Marchand ne mâche pas ses mots. Le directeur de la RTS se doit d’agir comme un homme d’affaires : une économie de 2.5% du budget est prévue. Il nuance tout de même : « Oui c’est con. Mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas profiter de cette bêtise. Surtout dans notre situation. C’est comme avec Uber, où le consommateur devient acteur. »

 

Premier secteur visé : la météo

L’idée est très simple, mais diablement efficace en période d’austérité. Remplacer les bulletins météo par les messages Facebook en lien avec le temps. Un exemple concret qui sera très parlant : Au lieu d’évoquer l’anticyclone des Açores qui nous offre une météo clémente pour la saison, on affichera le statut de Jacques Potelaz : « Pris une grosse veste ce matin, j’aurais pas dû. Il fait trop chaud en fait. [smiley qui pleure de rire] #Transpiration » Gilles Marchand – pragmatique – ajoute : « De toute façon, il suffit de regarder par la fenêtre pour savoir le temps qu’il fait. »

 

La coupe du pacemaker d’Alain Morisod

Coupe de budget également dans les divertissement. L’émission d’Alain Morisod va être repensée.  Le producteur de l’émission nous confie : « Il est très bien payé, parce qu’il fait beaucoup d’audience. L’idée ce n’est pas de le virer, mais de l’accompagner doucement vers sa fin de vie. » Pour cela, rien de plus simple. Retirer le pacemaker du présentateur et surtout, lui faire présenter l’émission sur un vélo d’appartement, en espérant qu’une séquence tragique devienne virale : « L’acteur qui jouait Jon Snow coûtait trop cher à la prod’ de Games of Thrones, il l’ont donc fait mourir dans un épisode et ça a fait le buzz. On fait pareil en somme, même si on ne va quand même pas demander à Darius Rochebin de coucher avec sa soeur pendant le journal »

 

13 minutes – ex 26 minutes – plus épargné que Game of Thrones ?

D’ailleurs la diffusion de la série qui cartonne coûte un bras. Comme pour la météo, les épisodes seront remplacés par un fil d’actualité : « On va utiliser twitter cette fois. Parce que c’est instantané. Il faut pas se leurrer, tout le monde pirate les épisodes de toute manière. Et puis, ce qui intéresse les gens, c’est de savoir qui va mourir. »

La chaîne va se concentrer sur les émissions locales. 26 minutes gardera son statut de programme phare, mais verra sa durée réduite. Un deuxième concept intitulé 13 minutes, comme le confirme le patron : « En période de crise, il faut se recentrer sur le vivier local. 26 minutes est 100% suisse, de l’écriture à la production. À part les putes et la coke pour les animateurs, tout est fait dans la région. »


La vie continue, malgré tout

On notera que certaines émissions ne subiront pas ces désagréments. Vous aurez donc encore droit au crâne de Jean-Marc Richard qui envisage d’ailleurs de lancer une campagne de la chaîne du bonheur pour venir en aide aux salariés bientôt licenciés. Pas de changement non plus, Laurent Deshusses continuera à ne pas vous faire rire entre les matchs pendant les coupes du monde de football.
Consommez local, qu’ils disent.

(Image de Une © Wikipédia)

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