La Ghinzu attitude en altitude

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Après une dizaine d’heures de voyage et 1500m de dénivelé, il est 15h30 au Bar des Artistes, et John Stargasm muni de ses Ray Ban noires nous accorde une interview. Le chanteur de Ghinzu se révèle être un interlocuteur intéressant et fort sympathique.

Etienne : Je me souviens vous avoir vu à D’Hiver Rock il y a de ça 5 ans ? Tu te souviens avoir joué là bas ?

John Stargasm : Je suis désolé… c’était en quelle année ? Je ne me souviens pas. Il s’est passé tellement de choses depuis.

E : Justement, voici ma question : quels sont les événements importants qui se sont passés depuis ?

J.S. : Nous n’avons pas travaillé quatre années complètes sur le dernier disque, nous avons tourné sur l’ancien album en même temps et nous avons également réaménagé le groupe, les musiciens… Ce sont des passages qui ont été un peu difficiles. Nous avons pas mal composé à trois et le fait d’accueillir des nouveaux musiciens remettait chaque fois des choses en cause.

Ce que je retiens comme éléments marquants, ce sont ces longues semaines d’enregistrement où souvent nous terminions les choses à la dernière minute, dans le rush. Maintenant, le dernier album est sorti il y a un an déjà et tout est passé à la vitesse de la lumière.

Manuela : Votre musique  se vit sur scène dans des atmosphères planantes et féériques telles que « Interstellar Orgy » ou déjantées dans « Cockpit Inferno ». Penses-tu que votre public est plus touché par vos prestations scéniques que par vos disques ?

J.S. : Il est clair que nous sommes un groupe de scène, nous sommes nés sur scène. À la base, l’album, nous le faisions pour savoir ce que nous allions faire, pour fixer une structure.

Nous avons toujours aimé la scène, les voyages, rencontrer les gens… Ce qui est chouette dans le métier de musicien, c’est qu’il est constitué d’une succession d’épisodes. Ces épisodes sont celui de l’élaboration de l’album, celui de la tournée et aussi celui de la recherche de créations. D’une manière générale, nous sommes plutôt instinctifs et nous ne réfléchissons pas à notre show, l’objectif étant de nous amuser. Grâce au niveau sonore que nous pouvons atteindre sur scène et au visuel, nous prenons ces morceaux et nous pouvons décupler leur force. Nous aimons nous lâcher sur scène et tout casser.

L’album, c’est différent car il assure une pérennité des morceaux. Plus les gens l’écoutent, plus ils vont découvrir de nouveaux éléments. Grâce aux arrangements plus pointus du dernier album par exemple, les niveaux de lectures permettent de découvrir et redécouvrir les morceaux au fil du temps.

M. : Vous chantez en anglais, dans la langue du rock, et le public francophone serait selon vous plus sensible à la musique contrairement aux germanophones qui seraient plus touchés par vos paroles. Comment avez-vous remarqué cela ?

J.S. : Les fans parlent entre eux des paroles et se renseignent dessus. Ce que nous avons remarqué, c’est qu’en Allemagne ou en Hollande la moitié des interviews est axée sur les paroles contrairement aux communautés françaises où les interviews sont plus axées sur la mélodie. En Italie, c’est encore plus flagrant, ils en ont rien à foutre (rires).

E. : Vous chantez une seule chanson en français, « Je t’attendrai ». Écrire une autre chanson en français serait un projet ?

J.S. : Nous avons plutôt fait cette chanson parce qu’on nous demandait souvent si nous voulions chanter en français. Cette chanson, nous l’avons écrite pour que tout le monde comprenne pourquoi on ne chante pas en français (rires). C’est aussi une sorte de clin d’œil à notre culture française.

Nous avons été influencés par des groupes anglo-saxons de rock et l’anglais reste la langue de notre musique.

E. : La princesse Astrid de Belgique a un chalet ici et il y a beaucoup de Belges à Crans-Montana, est-ce que tu as l’impression de jouer à la maison ?

J.S. : En effet, c’est marrant car les deux dernières semaines, j’ai reçu beaucoup de textos qui me disaient : « Tu joues ici à Crans ? Il y a des affiches partout ! ». Jouer en Belgique, en France ou en Suisse, pour moi c’est pareil. Par contre, c’est la première fois que nous jouons dans un cadre comme celui-ci et nous allons nous en souvenir.

E. : Dernière question à répondre de manière spontanée, tu es plutôt Côte d’or ou Lindt ?

J.S. : Côte d’Or sans hésiter… Mais Côte d’Or n’est plus belge maintenant (ndlr : il appartient au groupe américain Kraft) alors c’est comme si vous me demandiez : gonzesse ou gonzesse ? !

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Manuela Bruchez

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