La Datcha : prémisses d’un patrimoine revisité

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Quelque part au fin fond du Flon ouvrait La Datcha, il y a bientôt deux mois. Derrière ce nouveau rendez-vous culturel se cache un projet plus vaste, celui de redonner vie à des lieux abandonnés. En tant que directeur artistique, Adrien Romedenne nous en dit davantage.

Une porte s’ouvre et le rouge explose ! Nous sommes à La Datcha. En Russie, ce terme désigne une résidence secondaire, véritable bol d’air pour les citadins. A Lausanne, c’est une « maison culturelle » dont les bois qui la bordent nous feraient presque oublier qu’elle se situe en plein quartier du Flon, habituellement de béton vêtu. Il s’agit en fait d’un ancien entrepôt situé face à l’EJMA, déserté et repéré par deux architectes – Jeanne Della Casa et Sylvie Pfaehler – qui décident de lui accorder un dernier souffle. Elles créent alors l’association Histoires Urbaines pour soutenir ce projet, rejoint par Adrien Romedenne qui se chargera de la programmation. Depuis son ouverture, La Datcha a vu passer aussi bien des concerts de harpe que de musique africaine, des expos photos et des performances, en passant par des conférences sur le logement. C’est dire si cet endroit est dédié à la culture au sens large ! « Il n’y a pas de véritables critères, on fonctionne aux rencontres et aux coups de cœur. C’est pour ça qu’on l’a décrit comme une maison culturelle » explique le programmateur. De quoi sustenter toutes les curiosités.

A coups de peinture et de quelques rénovations, La Datcha a été inaugurée le 28 septembre dernier. Elle a depuis ouvert ses portes chaque semaine, du mercredi au jeudi, jusqu’à minuit. « Il y a déjà tellement d’offres à Lausanne le week-end qu’on s’est dit qu’une proposition la semaine viendrait compléter ce qui existe déjà. Et puis on ne voulait pas se transformer en débit de boissons, l’idée ce n’était pas d’ouvrir un bar » me glisse Adrien. Un choix qui n’a pas l’air de déplaire puisque les premiers bilans sont positifs : « on a déjà quelques habitués, et il y a 400 personnes qui se sont inscrites à la newsletter, c’est déjà pas mal ! Il faut dire que tout le monde est toujours étonné en entrant dans cet espace. Moi-même, la première fois j’ai été bousculé par ce drôle de volume, et l’ouverture sur la forêt. » Sans compter la couleur des murs, qui fait son petit effet !

Le projet reste cependant voué à une existence éphémère. Restent trois ans avant que des travaux d’envergure menés par la Municipalité ne détruisent définitivement l’ancien entrepôt. Notons qu’il aura fallu le même laps de temps pour que l’idée se concrétise… Chronique d’une fin annoncée ? Au contraire ! Ce n’est que le début d’un éternel recommencement. En effet, la rénovation de cet entrepôt constitue les premiers pas de l’association Histoires Urbaines dont l’objectif plus général est de mettre en lumière des lieux oubliés. « L’idée est de faire vivre cet endroit tant que ça dure et de recommencer ailleurs. Jeanne et Sylvie ont déjà quelques lieux en tête. » Les deux architectes se chargent donc de nous remémorer l’existence d’improbables endroits laissés à l’abandon, le directeur artistique a quant à lui pour mission de les animer en y déclinant la culture sous ses formes les plus diverses. Quels endroits ? Le suspense reste entier. Jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus ? « Jusqu’à ce que mort s’ensuive, et même après ! » me répond Adrien en rigolant.

Si l’envie de découvrir cette première perle vous titille, courez-y pendant qu’elle accueille le festival des Urbaines du 2 au 4 décembre, ou prenez votre mal en patience. Car la maison culturelle fermera ses portes jusqu’au 1er avril, faute de pouvoir chauffer cette salle de 120 mètres carrés… Ironie du sort lorsqu’on sait que les véritables datchas russes se caractérisent par l’absence de chauffage et d’eau courante ! Un imprévu que l’équipe prend cependant avec philosophie : « ce sera l’occasion de réfléchir à ce qu’on peut améliorer, et pourquoi pas de lancer des demandes de subventions puisque nous ne tournons jusqu’à présent qu’avec les recettes de notre bar. » En attendant, Adrien se réjouit déjà de la saison printanière, car ce ne sont pas les idées qui manquent. Affaire à suivre !

Plus d’infos sur la programmation: www.la-datcha.ch

  1. Adrien
    | Répondre

    La Datcha ouvre désormais ses portes du mercredi au samedi de 17h à minuit!

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