La chronique onirique de Page – Episode 2.

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Bienvenue dans ce petit coin de Toile. Mon nom est Page. Parce que parfois vous écrivez sur la page et, aujourd'hui, la Page écrit sur vous. Ceci est son domaine.

Cette semaine, nos sérendipités nous mèneront de nouveau dans les ruches, mais aussi dans les fourmilières, dans la grande course pour les préparatifs des fêtes, et entre les lèvres de deux amants. Asseyez-vous confortablement, respirez, et laissez la Page vous promener dans ses petits coins.

Abeilles : Le Retour

Page a découvert quelqu’un. Quelqu’un qui travaille avec des abeilles sauvages, une variété d’abeilles dont personne ou presque ne parle, car elles ne font pas de miel. Le travail de l’amie de Page consiste à étudier ces abeilles, qui apparemment sont à l’abeille mellifère ce que le gorille est à l’homme, c’est-à-dire moins productives et bénéfiques à la société. Apparemment, ces abeilles sont organisées en sociétés, mais en sociétés plus primitives que leurs consoeurs (probablement ne disposent-elles ni de l’horloge pointeuse, ni de la cocaïne pas chère de notre ami dealer pour insectes). En l’occurrence, l’amie de Page est une ethnologue pour abeilles, ce qui la classe dans la catégorie des personnes indispensables au bon fonctionnement de l’Humanité. Mais ne pas parler de la méthode qu’elle utilise pour trier ces abeilles serait vous faire passer à côté de la véritable poésie de l’entreprise. Car lorsqu’elle se rend sur le terrain, notre ethnologue se saisit d’une abeille, observe des choses qui échapperaient complètement à un oeil non entraîné, et enfin passe un petit coup de pinceau sur le dos de la bestiole, pour la marquer d’une peinture qui n’interfère pas avec son agenda social. Mon amie est peintre sur abeilles. Imaginez… Imaginez les possibilités qui s’offrent à nous, lorsque nous prenons le temps de penser à la peinture sur petites bêtes. Peintres sur abeilles, sur fourmis (pour en finir une fois pour toutes, par exemple, avec la navrante dichotomie entre fourmis rouges et noires, rouges seulement et noires seulement, quelle tristesse), sur araignées et sur papillons ! Que de possibilités, que de merveilles nous attendent, si nous prenons la peine de peindre nos envahissants petits sous-locataires. Qui sait, un jour peut-être parviendrons-nous même à les orner de peinture fluorescente, nous offrant un éclairage à peu de frais. Et il y en a qui disent que la Science ne sert à rien…

Fêtes

Page aime bien écouter les gens parler de leurs préparatifs pour les fêtes. “Je déteste faire les courses.” “Je hais Noël.” “Marre de ce consumérisme outrancier qui nous enferme dans une logique capitaliste marquée d’injustice totale envers le prolétariat.” (Certain.e.s ami.e.s de Page vivent dans les années 60). “J’aimerais bien venir faire des courses avec toi dans les rues de Lausanne, mais le chef ne veut pas me donner un jour de vacance.”, “Par le laser de Melxor, le téléporteur de New Lausanne va encore être bondé, je vais encore me retrouver avec mon voisin de palier greffé sur une épaule.” (Certain.e.s ami.e.s de Page vivent en 2126), “Pffff… Il va y avoir un de ces mondes pour les nocturnes…”. Mais, pense justement Page, tant mieux ! Après tout, derrière son masque, Page adore se promener dans les rues en pente de Lausanne et regarder les gens. Tous ces gens stressés, stressés, stressés pour faire plaisir. Il y a une certaine magie derrière tout ça : Pour passer un bon moment, ultimement, il faut apparemment pester, soupirer, souffrir, arpenter les rues envers et contre tout, malgré le vent, la pluie, la grêle, et les contacts répétés avec des petites dames replètes les bras chargés de paquets. Et la Page, au milieu, qui regarde tout ça en souriant derrière son masque.

Bisous

Une étude sérieuse
vient d’avancer une hypothèse sur la création d’un passe-temps mondialement pratiqué : les bisous. Il existe un virus, très fréquent dans la population, appelé cytomegalovirus. Ce virus, relativement bénin la plupart du temps, cause de graves complications pendant la grossesse. Il se transmet par simple contact. Et c’est là que le bisou entre en jeu. D’après la théorie avancée par le Docteur Colin Hendrie, le bisou sert à inoculer à sa partenaire sa souche personnelle du virus, pour la vacciner, en quelque sorte (comme quoi, la vaccination peut prendre des formes autrement plus douces que ces effrayantes piqûres…). Au fur et à mesure que la relation se développe, les baisers deviennent de plus en plus passionnés, et l’exposition au virus est de plus en plus forte, augmentant la résistance un petit peu plus chaque fois. Page imagine qu’il existe d’autres intérêts au bisou, par exemple le sentiment sympathique qu’il procure, mais ille ne connaît rien ou presque d’aussi agréable et malgré tout sain, alors ille se laisse volontiers convaincre : Le Dr Colin Hendrie recommande d’embrasser régulièrement son partenaire pendant six mois pour bénéficier d’une protection optimale. Et Page fait toujours ce que le Docteur lui recommande.

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  1. jojolangelot
    | Répondre

    My soul is painted like the wings of butterflies…

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