L’UDC ou l’art du racolage pernicieux, dernier épisode

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On n'a pas d'idées politiques en Suisse, mais on cherche toujours...

La Criminalité. A les lire, les villes Suisses seraient de véritables coupe-gorges :«Pour sortir en ville, il faut se tenir en groupe. (…) Nombre de femmes et de personnes âgées n’osent même plus sortir dans la rue le soir ou la nuit.» Je me demande si un de leurs politiciens a déjà vécu dans nos chères villes suisses. Ces dernières ne sont pas aussi sûres que la prairie du Grütli mais le fait d’affirmer que les gens ont peur de sortir seuls ne correspond pas aux chiffres et à la réalité qui nous entoure. Nous avons les taux de délits et crimes les plus bas au monde.

 La prison mieux qu’une formule 1 ? « Les prisons n’ont pas à être des hôtels qui répondent aux désirs individuels de leurs pensionnaires. Il est évident que le standard actuel des prisons suisses est trop élevé et trop chers. On ne sera pas surpris, dans ces conditions, que la grande majorité des détenus soit d’origine étrangère.» Je propose qu’en période creuse on utilise les lits vacants de nos prisons si agréables et attirantes pour  les louer comme chambres d’hôtes. Je continue ma lecture studieuse du programme quand je tombe yeux à mots sur le « mot moustique »… Oui vous savez un mot qui revient sans arrêt comme un refrain dont on ne sait pas d’où il sort. Dans mon cas, c’est le mot contravention. 

 «Mais cela signifie aussi que la police doit en priorité s’occuper de ces tâches de sécurité et non pas d’activités fiscales comme la distribution d’amendes– de surcroît budgétisées – aux conducteurs ayant mal parqué leur véhicule. (…) Il n’est tout de même pas acceptable que des agents de police soient astreints à mettre des contraventions aux voitures mal parquées pendant que, juste à côté, des vandales commettent leurs actes destructeurs. (…) Mais la population a aussi du mal à accepter des jugements qui frappent plus sévèrement les contraventions routières que les délits de lésions corporelles.» On favoriserait l’acharnement des contraventions contre les automobilistes au détriment de la lutte contre la criminalité? Je leur rappelle que l’argent des contraventions va aussi aux fonctionnaires de l’ordre engagés contre le crime. De plus, un stationnement ne fait pas l’objet d’un jugement au Tribunal contrairement aux actes criminels. Je crois savoir que les stationnements relèvent du Droit administratif et les crimes et délits du Droit pénal. La comparaison me laisse donc perplexe!

 C’est vraiment le parti qui lave plus blanc que blanc et qui adoucit le Suisse moyen en utilisant les contraventions comme laxatif afin de faire passer leur théorie sécuritaire franchement indigeste. Une fois les « pauvres honnêtes » automobilistes ralliés à leur cause, ils peuvent tranquillement travestir la réalité des prisons sans subir de réaction massive du public puisqu’un nombre infime de citoyens a fait l’expérience éprouvante d’un séjour de prisonnier : « Le fait que l’on peut gagner un salaire dans les prisons suisses rend même ces établissements intéressants aux yeux de certains délinquants. »

 Moralité si vous essayer de vous faire coffrer afin de décrocher un super job en prison le meilleur moyen est de garer votre voiture n’importe comment. A croire que les étrangers sont retors, obnubilés par l’argent et affublés de tous les vices, allant même jusqu’en prison pour piquer le travail des Suisses ! Est-ce que le type qui a écrit cette ânerie a déjà rencontré et discuté avec des prisonniers ? A t-il séjourné ne serait-ce qu’une seule  journée en prison ? Je me demande bien qui est partant pour vivre derrière les barreaux même pour un salaire…misérable ?! Pour l’anecdote, un ancien parti d’extrême droite s’appelait le parti des automobilistes.

 L’économie et la lutte contre la pauvreté.

 Comment compte lutter l’UDC contre la pauvreté ? Ils ont trouvé la solution. Ne rien faire ! Ne pas lutter ! Il suffit pour eux de bêtement abaisser le seuil de définition de la pauvreté et comme ça c’est réglé ! D’un coup les pauvres, bah y sont plus pauvres ! « Si nous admettons – comme nous le répètent la gauche et les collaborateurs des œuvres d’entraide – qu’un million de personnes peuvent être considérées comme «pauvres» en Suisse, il y aura forcément toujours des pauvres dans notre pays. Les groupes directement intéressés et d’autres partisans de la redistribution de l’argent veillent avec leurs standards douteux à ce qu’il y ait toujours plus d’indigents. »

Si, je résume le meilleur moyen d’éliminer la poussière est de la mettre sous le tapis. On pourrait aussi redéfinir le sort des femmes battues en déclarant, femmes battues seulement celles qui ont eu des séquelles graves, ça serait mieux non ? La tolérance envers des femmes qui se font passer pour battues alors qu’elles se font simplement fracasser la tête du matin au soir sans finir à l’hôpital, il y’a comme qui dirait de l’abus de compassion. Ca va un moment la compassion crénom de vaindiou !!!! Dans le même délire, on pourrait même supprimer la mortalité si on fermait les cimetières, hein ! C’est à se demander s’ils ne se sont pas inspirés des « brèves de comptoirs » pour définir leur programme politique.

 Pour le PS, si l’économie va mal c’est la faute aux patrons, pour la droite c’est la faute aux syndicats et pour l’extrême droite c’est la faute à l’Etat, aux étrangers et aux paresseux. Mais contrairement aux autres partis, ils n’ont aucun programme économique qui tienne véritablement la route. Leur seul mot d’ordre, c’est moins de paperasse, moins de social, moins d’impôts, moins d’étrangers pour plus de libéralisme. Sauf que, la crise qui secoue le monde (qui devait épargner la Suisse car nous sommes les meilleurs et tellement petits que la crise ne nous trouverait pas, un peu comme le nuage de Tchernobyl qui était censé s’arrêter à la frontière française) est due à un manque de réglementation de l’économie. Devant ces faits qui peut encore croire à un libéralisme débridé ? Pour finir sur l’économie, le magazine Bilan qui n’est pourtant pas franchement à gauche avait fait un numéro spécial sur le rôle néfaste de l’UDC sur l’économie Suisse.

 Le sport

 « Le sport est synonyme de loisirs actifs et réduit le risque de plonger dans la drogue. » Oui par exemple, Maradona, sportif clean par excellence peut vous en parler. On ne leur en veut pas au parti des ploucs dont le credo est un corps sain dans un esprit malsain. « Le sport de masse constitue une base importante du sport d’élite.» Ben voyons… A croire que les rassemblements de masse avec discours à la clé dans les stades les laissent nostalgiques. En plus, c’est le lieu idéal pour organiser des rafles d’étrangers.

La culture

Autant ils adorent le sport qu’ils détestent la culture…Enfin…celle qui fait entrechoquer les neurones.  La culture serait aux mains de l’Etat qui ne financerait que des œuvres intellos de gauche au détriment du populaire : « Celui qui aime le kitsch doit pouvoir s’en mettre plein la vue. Car toute culture d’Etat (tout comme la subordination au dirigisme culturel de l’UE) met en danger la liberté et la diversité culturelle et conduit à des relations proches de la corruption entre politiciens et artistes. » Le sous entendu est assez explicite : les artistes seraient vendus à la cause de politiciens de gauche véreux. Pour eux la culture se résume à la Guggenmusik ou à une chorale qui chanterait derrière une bannière de l’UDC (c’est une des photos qu’ils utilisent pour illustrer la culture !). En outre, l’UDC veut supprimer les aides d’Etat à la culture. Cette mesure tuerait  tout simplement le cinéma et le théâtre suisse.  

« L’AI est un repère de profiteurs… »

« Quand il suffit d’un petit malaise passager pour pouvoir toucher une rente AI… » Je rappelle à ce parti d’extrême droite qu’il faut l’avis de trois médecins pour avoir droit à l’AI. Il y a des abus partout, tout comme il y a des abus dans les entreprises pour ne pas payer les prestations sociales de leurs employés. Il n’y a pas plus d’abus à l’AI qu’ailleurs. Le taux d’abus et de moins de deux pour cent, de là à en faire tout un pataquès… Mais ça ne m’étonne pas, c’est tellement facile et lâche de taper sur les plus vulnérables. Il y a deux hypothèses qui découlent de leur raisonnement : soit les médecins sont corrompus ou de gros incompétents, soit nous avons des Suisses tellement bons comédiens qu’ils seraient oscarisables. Ce qui serait une excellente nouvelle pour le rayonnement culturel de la Suisse.

L’égalité des sexes

« Elle (l’UDC) demande donc la suppression des bureaux de l’égalité (…) Edicter des réglementations bureaucratiques à tour de bras pour réaliser l’égalité est tout aussi vain que de se lancer dans la «guerre des sexes».(…) L’UDC combat donc l’égalitarisme et soutient un engagement responsable…» Wouaw laissez moi respirer ! Excusez-moi mais là je peux plus commenter, c’est carrément de la connerie en PDF !

 Voilà, je suis atterré de voir si peu de critiques dans les journaux contre ce parti. Pour ce qui est de taper sur le Pape ou sur les voisins français, les journalistes se ruent sur leur clavier. Mais quand il s’agit de sa sainteté Maurer et de ses fidèles helvètes tout le monde perd l’usage de ses mains. L’UDC est un parti qui se prétend le défenseur des traditions en se roulant dans le drapeau. Leur mesure politique est tout simplement incompatible avec la Constitution Suisse (Loi fondamentale et fondatrice de ce pays).

P.S Selon une étude récente un Suisse sur deux a peur de l’étranger et un tiers de Suisse se déclare antisémite (ce tiers ne prend pas en compte ceux qui n’osent pas se déclarer comme tels). L’UDC a encore de beaux jours devant elle. 

Laurent Opoix

45 Responses

  1. dani
    | Répondre

    Oooooh zut… déjà le dernier ! J’aimais bien… cela fait du bien, un peu de lucidité. 

    • laurent_opoix
      | Répondre
      Hé oui toute bonne chose a une fin !
      Y’aura t-il un jour une fin pour ce parti ? Ca serait une bonne chose !

      Tout ce qui décrypte, dissèque l’actualité comme “Arrêt sur Image” ou les blogs comme le votre sont essentiels, pour prendre du recul, pour voir les coulisses du spectacle médiatico-politique et ainsi d’être mieux “équipé” pour se construire une opinion.

      D’ailleurs, on affirme que pour se faire une idée de la qualité d’un restaurant, il faut aller visiter leurs toilettes.

  2. TrudyBolt
    | Répondre

    Bonjour,

    Vous écrivez : “Nous avons les taux de délits et crimes les plus bas au monde.”. Pourriez-vous s’il vous plait m’indiquer la source de ces chiffres s’il vous plaît ?

    Meilleures salutations,

    Trudy Bolt.

    • lie
      | Répondre

      Très intéressante ta série Laurent, on peut voit à quel point ils s’appuient (les fafs européens) sur les mêmes scénarios, la même démagogie avec un sens de la victimisation la aussi partagée: «Malheureusement, la diversité des opinions est sérieusement compromise dans notre pays après l’arrivée des soixante-huitards dans le paysage médiatique. L’influence cachée, mais ciblée, de notre gouvernement sur les leaders d’opinion a conduit à un nivellement de la presse et des médias dans notre pays. Nos journaux diffusent largement le même message gouvernemental de centre gauche.»
      Tout cela mêlée d’un grand complexe de supériorité, eux seuls ne sont pas formatés, eux seuls détiennent la vérité etc. On a exactement les mêmes à la maison, ne serait ce que dans les commentaires du BB, tu retrouves tout ces délires de mythos et de paranos, de xénophobie vainement camouflée derrière un vernis de belles phrases bien faux cul.
      “et pour l’extrême droite c’est la faute à l’Etat, aux étrangers et aux paresseux. ” En France ce type de discours  commence avec l’UMP dont la campagne de Sarko ne disait pas autre chose.
      Il y a un docu qui va passer sur Canal +, sur la montée de l’extrême droite en Europe, pas à piquer des vers paraît-il.
      By

      • laurent_opoix
        | Répondre

        Hello Lie,

        Oui, il y a une grande similitude dans les discours de ces personnes.
        Les chômeurs sont produits par l’Etat qui serait trop gentil, c’est le genre de chose qui me fait hurler.  Jamais dans le débat sur le chômage les entreprises sont montrés du doigt. Or les entreprises créent, des chômeurs de longue durée, des puits de précarité ou crouillent des personnes. Les gens ont un peu de peine à comprendre ça. C’est un peu long à expliquer. Faudrait que je fasse un article lsur ce sujet. Il y a tout un tas de rapports sur la précarité qui sont très pertinents sur cette problématique  Ces rapports ne sont pas lu par les politiques ou ignorés. Les agences de placement temporaires et les entreprises reviennent à chaque fois dans ces rapports mais aucun partis n’en parle, c’est mieux de dire qu’être au RMI ( ça a changé de nom dernièrement, je crois) c’ est un choix ! Ce qui est absurde ! Dire que vivre dans la merde, excusez moi du terme, est un choix c’est une insulte à l’intelligence.
        Et c’est sidérant de voir autant  de diplômés qui se prennent pour les descendants d’une élite, penser ça. Ca te donne pas envie de faire des études.
        Les histoires sont tellement plus plaisantes à entendre que la vérité. D’ailleurs beaucoup de politiques s’entourent de spin doctors et le storytelling est en plein essor dans les différentes disciplines académiques au sein des universités anglo-saxonnes.

        Le document sur la montée de l’extrême droite de Canal +, je vais me le faire enregistrer. 
        Merci de ton commentaire

        • lie
          | Répondre

          Salut Laurent,
          tu peux le visionner là, ils l’ont mit en plusieurs parties. Le plus drôle (façon de parler) c’est un des fafs du BB qui a mit le lien. Il squatte le Bondyblog depuis ce matin, très difficile de commenter quoique se soit dans ces cas là, il bloque à lui tout seul tout dialogue.
          See ya.

    • laurent_opoix
      | Répondre

      J’en ai une dizaine.  Je vais vous citer mes 3 sources, disons… principales.
      L’Insee, l’Office Fédéral de la Statistique et l’Université de Sherbrooke.
      J’espère que ma réponse vous convient. Si vous voulez des chiffres ou autres, je peux les donner ici, il suffit de me les demander.

      • Anonyme
        | Répondre

        Merci beaucoup de votre gentille proposition Laurent. J’aimerais en effet en savoir davantage. Je me suis rendue sur le site de L’OFS :

        http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/19.html

        Mais je n’ai hélas rien trouvé. Auriez-vous la gentillesse de me donner un lien avec les chiffres que je recherche ?

        Merci d’avance.

        Trudy Bolt

        • laurent_opoix
          | Répondre




          Trudy Bolt,

          Commençons par les homicides

          Voici la moyenne prise sur la période 1998-2000 pour le nombre d’homicide pour 100’000 habitants. Source Université de Sherbrooke

          1,07 suisse

          60 afrique du sud

          1,19 Allemagne

          1,24 Pays Bas

          1,68 Canada

          14,93 Mexique

          1,52 Italie

          3,41 Portugal

          1,25 Espagne

          1,78 France

          8,93 Ukraine

          19,80 Russie

          8,13 Moldavie

          3,98 Yémen

          1,09 Norvège

          2,86 Finlande

          1,61 U.K

          1,09 Danemark

          1,55 Chili

          4,61 Uruguay

          16,4 Paraguay

          0,57 Japon

          2,1 Corée du Sud

          7,22 Argentine

          2,86 Hongrie

          5,61 Pologne

          2,65 Slovaquie

          8,12 Philippines

          0,94 Singapour

          2,83 Malaisie

          1,19 Nouvelle-Zélande

          1,68 Grèce

          • Anonyme
            |

             
            (1) : en 2001, sauf Irlande du Nord. (2) : en 2003. (3) : en 2004.
            Source de l’Insee
              Taux de criminalité en 2005 (pour 1 000 habitants)
            Allemagne 77
            Autriche (3) 79
            Belgique 94
            Danemark (2) 90
            Espagne (3) 21
            Estonie 39
            Finlande (2) 90
            France 62
            Grèce (3) 37
            Hongrie 43
            Irlande 26
            Italie 44
            Lettonie 24
            Lituanie 15
            Luxembourg 56
            Pays-Bas (2) 85
            Portugal (3) 40
            République Tchèque 34
            Royaume Uni (1) 98
            Suède 138
          • Anonyme
            |

            Trudy Bolt,

            Il manque la Suisse dans le tableau ci-dessus.
            Voici le chiffre pour la Suisse en date de l’année 2007 : 36.8 infractions pour 1’000 habitants en 2007.
            Le chiffre de 36,8 vient de la police fédérale

          • laurent_opoix
            |

            Le message du dessus était de moi.
            Sinon il faut retenir qu ce qui fait exploser les statistiques ce sont les trop nombreux cambriolages. Et les vols de vélos qui pèsent très lourd dans la balance des crimes et délits. Je crois que ça représente même 90% des vols.

          • dani
            |

            @Laurent Opoix :

            En effet, ce taux de criminalité global ne veut pas dire grand chose. Vous signalez les vols de vélo ou les cambriolages, mais on pourrait aussi évoquer les infractions à la loi sur le séjour des étrangers : ce genre de loi est très différent d’un pays à l’autre et influence fortement la statistiques. L’attitude des différents Etats par rapport au trafic de drogue (cannabis par ex.) peut aussi fortement influer.

            L’avantage de la statistique des homicides est qu’elle est assez fiable (on retrouve la plupart des cadavres), au contraire par exemple de la statistique des viols qui dépend étroitement des plaintes déposées.
            J’imagine que la statistique des cambriolages doit être aussi assez fiable, puisqu’il font pour la plupart l’objet d’une déclaration.

            Chiffres éclairants.

          • dani
            |

            Sauriez vous où trouver des chiffres plus récents ?   (même si les meurtres sont généralement plutôt stables dans le temps…)

          • laurent_opoix
            |

            Dani,

            Vos remarque sont pertinentes, j’y adhère.
            Concernant des statistiques plus récentes, j’en ai pas sous la main mais je vais voir si je peux en  dénicher des plus récentes. De toute façon, comme vous le dites, elles ne bougent pas beaucoup d’une année à l’autre.

          • TrudyBolt
            |

            Bonjour Laurent,

            Merci beaucoup pour le complément d’information que vous m’avez donné. Je n’ai pas encore cherché l’originale de l’enquête sur le web, mais je pense trouver facilement les chiffres.

            J’aimerais vous faire part de ces chiffres:

            http://www.unil.ch/webdav/site/esc/shared/Actualites/Schengen_fr_.pdf et vous demander ce que vous en pensez s’il vous plait.

            Merci de votre réponse,

            Trudy Bolt.

          • fleks
            |

            Intéressant ce qu’a écrit Killias. Ca fait relativiser le sens qu’on peut donner aux chiffres.

            En fait, dans les premiers chiffres donnés par l’auteur de l’article ça nous donne une Suisse somme toute dans la moyenne des pays comparables de par leur population.

          • laurent_opoix
            |

            Freks,

            La Suède et la Belgique ont des chiffres largement supérieurs aux notres. Relisez aussi la liste sur les homicides.
            Libre à vous de vous appuyer sur le PDF de Monsieur Killias qui sort en premier dans la recherche sur google. Libre à vous de penser que la Suisse est gangrenée par le crimes et les délits.
            Et libre à vous de penser comme el professore Killias que les jeunes sont de plus en plus violents.

          • fleks
            |

            Cher Laurent,
            Enorme ta réponse, tu interprètes très étrangement mes propos et me fait dire (enfin faire penser que je dis) ce que je n’ai pas dit. “la suisse gangrenée par les crimes et les délits”??? wow… j’ai dit ça moi? Je dois être schyzo… sinon je ne me l’explique pas.

            J’ai aussi eu le prof Killias comme prof. Et crois moi ce n’est pas un ennemi des jeunes, ni un allié de l’UDC si tu croyais cela. De plus, nier son sérieux c’est franchement limite.
            Il n’a pas une approche sociologique…peut-être (et encore…je le trouve relativement ouvert sur les causes sociétales des délits dans les écrits que j’ai pu lire). Mais est-ce qu’une approche sociologique est forcément un gage de qualité supérieur à une approche criminologique? Je ne pense pas que l’on puisse placer l’un au dessus de l’autre, les sciences “molles” ne permettent pas ce genre de classement de validité des approches.

          • fleks
            |

            ah oui j’oubliais, par rapport à ta réponse à Trudi Bolt, pour le droit pénal pas vraiment besoin d’engager un avocat pour les victimes hein…

          • Anonyme
            |

            Fleks,
            Très drôle mais tu fais fausse route.

          • laurent_opoix
            |

            Bon bon,
            Je n’ai pas affirmer que Killias était un partisan de l’UDC puisqu’il est ou était un proche du PS.
            Et oui il n’a pas d’approche économique et sociologique. Il est comme un basketteur qui ne sait que prendre des rebonds. Killias est comme Dennis Rodman, un joueur incomplet. Jordan maîtrisait les rebonds, les passes, les tirs à trois points, les entrées dans la raquette et avait un excellent dribble.
            Alors qu’une partie de la réponse au problème se trouve aussi là. Le gros de son explication c’est : les fils d’immigrés n’ont pas assez de loisirs, la faute à la télé et aux jeux vidéos…
            Cette explication ne tient pas la route.

          • fleks
            |

            Parenthese: Vu ta facon de voir Jordan je pense que tu n as suivi que la fin de sa glorieuse carriere a Chicago (avant le retour affreux a Washington), au niveau joueur complet Pippen c etait mieux. Fin de parenthese.

            Je veux bien que Killias soit un specialiste, mais comme je l ai deja dit auparavant pour un specialiste il est quand meme plutot ouvert.
            Il a mis en avant certaines causes de criminalite dans ce que tu as lu de lui; tu as raison ce ne sont pas les seules, et probablement pas les meilleures. De plus, il faut encore distinguer le type de criminalite… Mais je t assure qu il ne reduit pas la criminalite a un phenomene causal : peu de loisirs, fils d immigres, jeux video = crime.
            On sait bien que les phenomenes sociaux sont hyper complexes et qu il est quasi impossible de les apprehender dans leur totalite.

            P.S:en faisant le rapport avec le basket, je crains qu on soit tous des Dennis Rodman de certains domaines (enfin en moins bon quand meme, disons des Olden Polynice). Des gens hyper capables dans tous les domaines il n y en a pas vraiment, c est pourquoi c est difficile d en vouloir aux specialistes de ne pas forcement reussir a prendre en compte toutes les positions. En general les gens polyvalents ne sont pas des Pippen ou des LeBron James, mais des Andre Iguodala

          • laurent_opoix
            |
            Trudy bolt,

            Je m’attendais à ce que vous ressortiez du placard le professeur de sa chaire de criminologie.
            Ce que j’en pense ? C’est à dire ? Je l’ai lu en diagonale tellement il est indigeste à lire.
            Pour la partie des méthodes de récolte des statistiques des différents pays qui ne sont pas réalisées de la même manière, je suis d’accord. Mais tout le monde le dit.

            Mais il ne parle pas de l’accès à la justice du citoyen. En suisse, on a beaucoup plus de personnes qui ont les moyens financiers de se payer un avocat pour poursuivre quelqu’un en justice. Rien n’est dit la dessus.
            Puis, il n’y a pas d’approche sociologique dans ce rapport, il est enfermé dans son domaine. Il semble incapable d’ouvrir son angle d’approche.
            De plus Killias montre du doigt les jeunes dans ces interventions dans les médias.
            C’est ce qu’on fait depuis la nuit des temps.
            C’est comme quand les entrepreneurs déclarent dans les journaux que le manque de place d’apprentissage est dû au manque d’éducation et à la fainéantise des jeunes.
            On a toujours à portée de main un bouc émissaire qui n’a pas accès aux médias pour vous contredire. C’est idéal, un bouc émissaire qui est silencieux parce qu’il est baillonné ou affaiblis comme les gens à l’AI.Je m’éloigne un peu du sujet.
            Mon prof de statistique nous avais dis qu’il fallait se méfier des statistiques car on peut faire dire n’importe quoi aux statistiques. Et c’est ce que fait Monsieur Killias. Au moins ca lui permet d’exister médiatiquement. Ce qui est tout bénéf le jour où l’on sort un livre ou pour être invité contre rémunération dans une conférence.

            Voici un extrait trouvé sur swissinfo.

            swissinfo: Les immigrés sont souvent parmi les plus pauvres au sein de la population. Est-il pensable que, dans leur pays d’origine, ils ne connaissent pas le concept de loisirs qui est le nôtre?

            Martin Killias: Les Suisses encouragent leurs enfants tout naturellement à faire du sport ou de la musique, ils leur font pratiquer toutes sortes de passe-temps durant les loisirs. Les parents de jeunes étrangers ne sont pas du tout préparés à cela. Leurs enfants passent de plus en plus de temps devant la télévision ou l’ordinateur ou errent dans les rues. C’est ainsi que les problèmes commencent.

            La vieille Suisse rurale ne connaissait pas non plus de loisirs. Après l’école, nos grands-parents allaient à l’étable et ensuite au lit. Les enfants devaient aider leurs parents. Mais ces Suisses ont très peu émigré, à l’époque.

          • laurent_opoix
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            Voici un type qui mérite qu’on l’écoute. Je vous dis ça car je l’avais entendu à la Radio Suisse Romande parler de sa vie et de son travail, et bien je peux vous dire qu’il a une honnêteté intellectuelle et des choses intéressantes à dire.
            Olivier Guéniat, chef de la police de sûreté de Neuchâtel, Voici un extrait. Si vous voulez l’entier de l’entretien
            http://www.swissinfo.ch/fre/suisse_etranger/detail/Il_faut_cesser_de_manipuler_les_chiffres_de_la_criminalite.html?siteSect=221&sid=7703276&cKey=1177175344000&ty=st
            Il explique à swissinfo qu’il sera difficile désormais de manipuler les chiffres à des fins politiques.

            Mais vous, vous ne ratez pas une occasion d’affirmer que la criminalité n’augmente pas…

            O. G.: Elle reste stable depuis 1982, de manière générale. En considérant toutes les données cantonales, on constate une diminution des vols, vingt-cinq fois plus fréquents que les lésions corporelles. On sait presque tout sur les infractions contre le patrimoine, puisque les assurances demandent une plainte pour entrer en matière.

            Pour la violence, les délits augmentent dans les statistiques, c’est vrai, mais les chiffres sont difficiles à interpréter. Ce ne sont pas forcément les conflits entre personnes qui augmentent, mais, pour une partie au moins, le taux d’annonce, surtout depuis que les téléphones mobiles permettent d’apporter des preuves, comme c’est le cas avec les menaces par texto.

            Et puis, une affaire peut recouper plusieurs plaintes et il peut se produire un effet de double coche dans la statistique. Une personne vient par exemple s’annoncer pour gifle, menaces et injures, donc cela fait déjà trois délitsinfractions. Puis l’agresseur se plaint d’avoir été également menacé: on aura donc deux auteurs et deux victimes… et c’est ainsi que nos chiffres peuvent gonfler artificiellement gonflent.

            Quand on aura une meilleure traçabilité des auteurs et des victimes par rapport à la nature des affaires, on pourra enfin savoir combien d’infractions appartiennent à la même affaire.

            On pourra vraisemblablement prouver que la Suisse connaît le plus bas taux de criminalité d’Europe. Mais aussi qu’on n’est pas plus violent aujourd’hui qu’il y a vingt-cinq ans, et pas plus les jeunes ou les étrangers.

            Je me démène effectivement beaucoup pour faire passer cela dans la population, pour contrer les messages anxiogènes véhiculés par ceux qui exploitent les faits divers

          • lie
            |

             Bijor Laurent,
            il assure li chef de la police, honnête mais courageux aussi. 

          • lie
            |

            Je viens de lire quelques posts sur son bouquin, son analyse à l’air en effet très intéressante.

          • yann_marguet
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            Je me permets d’intervenir dans ce débat parce que d’une part, c’est mon domaine d’étude (ce qui ne permettra absolument pas d’affirmer que j’ai raison), et que d’autre part, certaines choses me chiffonnent, Laurent, dans ta manière de mener la discussion.

            Tu mentionnes dans ton développement deux personnes qu’il m’a été donné de rencontrer dans mon cursus et auxquelles j’accorde à parts égales un profond respect doublé d’une grande admiration: Martin Killias et Olivier Guéniat. C’est pourquoi je suis assez choqué de te voir tenter de décrédibiliser le premier, qui ne va pas dans ton sens, et ajouter de l’eau à ton moulin en soutenant le second, te contentant de dire, ou en tous cas c’est ce que je ressens par ta sémantique, que l’un est un bon type et l’autre un gigolo. Dans le domaine de la criminologie, Martin Killias, ancien juge fédéral, professeur, pénaliste et criminologue, n’a pourtant plus rien à prouver, je suis navré de te l’apprendre (ou pas). Certes, son cynisme et un côté, à mon sens, quelque peu péremptoire sur certains sujets ne plaisent pas à tout le monde, mais l’apport littéraire et scientifique qu’il a amené au monde pénal suisse lato sensu, en font l’un des criminologues suisses les plus reconnus chez nous et à l’étranger. Ainsi, te voir le traiter de manipulateur de statistiques me semble quelque peu outrageux.

            Pour faire très vite, travail d’un criminologue est d’étudier les statistiques à lui mises à disposition et d’en interpréter les résultats pour dégager les causes de la délinquance. C’est lors de cette interprétation que le chercheur peut manipuler les statistiques, ou présenter les choses sous un certain angle de manière à en masquer un autre. Quoiqu’il en soit, cette interprétation est une étape délicate et souvent sujette à discussion, les sciences sociales n’étant pas des sciences exactes. Killias et Guéniat sont ici tous deux d’accord sur deux points: les délits contre la propriété ont diminué depuis les années 50, alors que les délits violents ont fortement augmenté ces dernières années. Ils présentent ensuite les choses de manière différente et tu as toi-même désigné le vainqueur du duel, qui, comme par hasard, se trouve être celui dont tu partages le point de vue. C’est ton droit, mais tu ne peux pas déconsidérer le travail de l’autre équipe comme tu le fais. Je parle d'”équipe” et de “duel” car le débat qui oppose les tenants de la stabilité aux disciples de l’augmentation fait rage depuis une vingtaine d’années. Voici des arguments en faveur de la partie raillée…

            Ce que dit Guéniat dans l’interview que tu cites est vrai, les chiffres sont difficiles à interpréter. Il parle du “chiffre noir” et du problème des statistiques officielles. Ce qu’il ne dit pas et que tu omets de reprendre dans ta critique de l’ “indigeste” papier de Killias, c’est qu’un indicateur permet de limiter ce chiffre noir: les sondages. Plus précisément, l’on reproche aux données officielles (policières, judiciaires et pénitentiaires) le fait qu’elles puissent déformer d’une façon ou d’une autre le volume, le type ou encore la gravité des comportements délinquants. Elles peuvent, par exemple, se contenter de refléter une tendance de la police et des tribunaux à être plus répressifs avec certains types d’individus ou pour certains types de délits, laissant dans l’ombre des pans complets de la délinquance. Les données autorévélées (sondages de délinquance autoreportée et sondages de victimisation) sont censées pallier à ces problèmes puisqu’elles permettent l’étude d’échantillons plus larges de personnes et d’actes de déviance, mettant ainsi en évidence une grande proportion d’infractions non détectées par les autorités. Elles permettent également d’outrepasser le problème des différences dans la façon d’enregistrer les délits entre différents corps de polices, et donc une réelle comparaison, pour autant que le sondage soit le même dans les pays comparés. Sans affirmer que leur validité permette une généralisation totale des résultats auxquels elles amènent, elles ont au moins aidé à comprendre plus clairement les biais propres aux statistiques officielles.

            Dans un article datant de 2004 appelé “Juvenile Delinquency in Switzerland over 50 Years: Assessing Trends beyond Statistics”, Killias et al. observent l’évolution de la délinquance juvénile grâce aux quatre indicateurs principaux que sont les statistiques judiciaires, les statistiques de police, la délinquance autoreportée et la victimisation. La conclusion de cet article est la suivante: malgré les réelles critiques formulables à l’encontre de chaque indicateur utilisé, il paraît très peu probable que la délinquance des jeunes soit restée stable, aux vues de la convergence des quatres indicateurs utilisés, mettant chacun en évidence une augmentation massive de la délinquance juvénile. Les causes et les manifestations de ce constat restent bien sûr un véritable casse-tête. Risque-t-on vraiment plus quand on sort de chez soi, comme le fredonne l’UDC? Ou les jeunes sont-ils tout simplement plus violents entre eux, si bien que le public ne voit pas ce qui se passe? Si oui, quelles en sont les raisons? C’est là, à mon sens, qu’il faut prendre opinion et réfléchir, ce que Killias fait, je crois, sans imposer. Pour ce qui est de l’augmentation de la délinquance, et à moins que son étude comporte des défauts majeurs qui m’auraient échappés, l’ascendance de la courbe semble être un fait.

            L’article de l’OFS que mentionne Guéniat m’est également passé entre les mains, et il s’agit sauf erreur de celui-ci: http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/publikationen.Document.98580.pdf . Les résultats permettent des constats très intéressants, comme celui qu’ “un taux élevé de criminalité des adolescents ne conduit pas à une augmentation sur le long terme de la délinquance des adultes” (p.13), ce qui ne signifie pas pour autant que la délinquance des jeunes n’a pas augmenté. D’ailleurs, il n’est en aucun cas fait état dans cet article d’une non augmentation de la délinquance, même si l’on y trouve beaucoup d’explication tout à fait plausibles nuançant la dite augmentation. Notons encore que cette étude est uniquement basée sur des statistiques judiciaires, ce qui me fait répéter, encore une fois, que nous ne sommes qu’en présence d’extraits de la délinquance réelle.

            Pour conclure, je partage tout à fait ton opinion de l’UDC (et à 200% tes réflexions sur leurs positions débiles sur les prisons). Notre bon sens nous force à constater que l’on sort le soir depuis l’âge de 15-16 ans et que l’on ne se fait pas plus avoiner violemment les années passant. Les chevaux de bataille de l’UDC semblent donc effectivement absurdes et destinés aux gens crédules et aimant le frisson. Cependant, des gens bien plus sérieux que tu ne veux le croire, et, je tiens à le préciser, absolument pas UDC friendly pour ce qui est de Killias, démontrent certaines choses, qui ne sont selon moi en aucun cas à écarter par simple énervement contre un parti qui a en effet déjà dit beaucoup d’âneries, et c’était là tout l’objet de mon commentaire. Et si les systèmes à venir prouvent que la délinquance n’a pas augmenté, je serai ravi d’en apprendre plus, mon but n’ayant pas été de donner LA vérité, mais tout simplement des résultats à prendre en compte.

          • laurent_opoix
            |




            Non je ne rejette pas M.Killias parce qu’il ne va pas dans mon sens.

            Tu me mets ces diplômes et ces titres ronflants sous le nez  pour me faire comprendre que ce n’est pas n’importe qui. Il a  des diplômes mais ce n’est pas une preuve qu’il fait bien son travail. De nombreux prix Nobel d’économie ont reçu leur prix alors que des années après on a constaté que leurs théories était fausses.

            Killias over diplômés ?

            Premièrement, je n’ai jamais sous-entendu que M.Killias était un adepte de l’UDC. Il est ou étais un partisan du PS. Killias est décoré d’insignes académiques comme un général ?

            Ca prouve juste sa faculté à être formaté et a passé les tests et qu’il est le reflet des gens qui l’ont noté. La sociologie a démontré que le système éducatif recréé les inégalités sociales. Il n’y a pas beaucoup de fils de caissier ou d’ouvrier à l’université. Fils de bonne famille pour la plupart ils semblent doués pour avaler les bouquins qu’on leur demande de lire. Par contre ça ne leur viendraient pas à l’esprit de lire autre chose. Les étudiants semblent dépourvus d’esprit critique. Peut être parce que la Suisse fait partie des pays qui n’enseignent pas la philosophie au lycée. Faut surtout pas apprendre à la population à réfléchir par soi-même. Faut une population docile qui ne sait dire que « mais c’est comme ça. » Ses diplômes ne font pas de lui quelqu’un de lucide ou nous indique qu’il cherche dans la bonne direction. A la limite ça fait de lui un bon jongleur de statistiques. Pour l’anecdote, il existe un SDF qui est classé dans le top mondial des joueurs d’échecs. De même que quand j’allais jouer au Basket sur les playgrounds et bien certaines personnes qui n’avaient jamais mis les pieds dans un club jouaient mieux que les cracks des clubs. Alors les diplômes ça ne m’impressionne pas plus que ça. Quand je vois le nombre affolant de diplômés qui sont sortis de l’ENA et qui ont plombé l’entreprise dans laquelle ils avaient été parachutés par des anciens de l’ENA ça me fait penser aux nobles qui se marient entre eux. Voilà, je voulais juste faire revenir sur terre nos chers universitaires. Certains ont tendance  à se croire les élus d’une élite et  nous brandissent des diplômes comme des trophées. Je ne généralise pas à tout le monde et ne te vise pas Yann. Je voulais remettre l’Uni au milieu de Lausanne. C’est vrai ça, Dorigny c’est une ville à l’extérieur de la ville avec ses propres pubs ses propres restaurants, vraiment éloignés de tout. Voilà pour la « partie diplôme » de Monsieur K .

          • yann_marguet
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            Tu m’as l’air bien remonté contre les universitaires et cela affecte un peu ton jugement. Je ne sais pas si la mention “partie diplôme” signifie qu’il y aura une suite à ton message, mais pour l’instant tu te contentes à nouveau de simplement dire que Killias a tort pour des raisons de parcours de vie, et ne rebondis même pas sur les résultats que je t’ai donnés pour élargir ton point de vue.

            Si je t’ai mentionné des éléments de sa carrière, ce n’est pas pour te convaincre qu’il a raison et que tu as tort en faisant une comparaison de papiers officiels, c’est pour te montrer que c’est un personnage reconnu et expérimenté, dont l’avis doit être pris en compte, ce que tu écartes totalement. Les universitaires ne sont pas des robots sectaristes dépourvus de bon sens qui boivent les paroles de tous les mecs de l’uni et qui chient sur les gens dépourvus de titres académiques, comme tu sembles nous dépeindre. Ne mets pas les gens dans des castes fermées en mettant de côté les individualités de chacun. Tu ne l’as d’ailleurs toi-même pas fait, en prenant en compte et en adhérant à l’avis d’Olivier Guéniat, lui-même docteur en sciences forensiques de l’Université de Lausanne, ce qui n’a pas l’air de te déranger autant que pour le Kik…

            Et puis le coup des pubs et des restos, franchement… Trois cafétérias où on bouffe des piccatas de poulet avec des röstis ou du papet vaudois et un bar où l’on va essentiellement pour jouer au baby, lire des bédés, boire des binchs à 2 balles 50 et moisir au soleil en parlant de la Nouvelle Star, et où l’on est loin de tous passer notre vie (à part quelques uns), si c’est pour toi ce qui symbolise l’élite et une division de la population en “universitaires” et “pas universitaires”, c’est que je ne dois vraiment pas avoir conscience de ce qu’est la vie en dehors de l’université…

            Et ce qui m’énerve, c’est que l’on est même pas en désaccord sur le sujet initial, à savoir que l’UDC a recours à des moyens peu scrupuleux pour faire passer plus facilement des idées discutables, mais tu mets une barrière entre deux clans que tu t’es toi-même inventés.

            J’arrive pas à savoir si je suis hyper virulent ou pas, donc si c’est la première hypothèse, je tiens quand même à te rappeler que tu es quelqu’un dont j’apprécie toujours lire les articles et que j’espère que tu ne me prends pas pour un donneur de leçons. Je fais juste valoir mon avis. Mais, étant un gentleman habitué des commentaires et des débats (ce qui n’est pas mon cas), je pense que tu as déjà fait la part des choses.

          • laurent_opoix
            |

            Yann,
            Je ne dis pas qu’Olivier Guéniat a totalement raison et que Monsieur Killias a totalement tord.
            Les deux n’ont pas le même point de vue.
            Mon article voulait montrer que la Suisse est un des pays les plus sûr du monde.

            Moi ce qui me gêne c’est la focalisation de Killias sur la délinquance des jeunes et les causes qu’il avance. A savoir en gros la télé, les jeux vidéos et le manque de loisirs des jeunes de parent d’immigrés. Les délits aux Etats Unis étaient plus nombreux alors que les programmes télé et les jeux vidéos étaient moins violent, à part pac-man.
            Quand on arrête un meurtrier majeur on lui demande aussi ce qu’il a lu comme livre ou à quel jeux vidéo il joue ?
            Les jeunes de parents immigrés ne jouent-ils pas aux foot (sports collectif qui apprend le partage et la solidarité) ?
            Oui les parents ont un rôle a joué. Mais qu’est ce qui a changé dans leur vie à ses parents ?
            Killias ne se pose pas les bonnes questions.

          • laurent_opoix
            |




            Un professeur de l’IMD nous avait prédit que la crise ne toucherait pas trop notre pays et bien l’IMD vient d’annoncer qu’elle se débarasse de 5% de son effectifs. Wouaw impressionnant de lucidité les avis de spécialistes bardés de gros diplômes.

            Ce qui m’énerve c’est qu’on ne va pas chercher les causes de la montée de la délinquance du côté de la précarité par exemple.
            Le taux de pauvreté augmente. De plus en plus de parents ont des emplois adecco-nnerie c’est à dire que tu fais deux mois dans une boîte puis après tu sais pas ou tu va aller. Toutes ces boîtes d’intérim crée une insécurité financière. Le recours des entreprises aux agences intérimaire a explosé. De nombreux rapports en France dénoncent le côté néfaste pour la paix sociale de cette explosion de ces empilements de mission qui ne débouchent pas sur un CDI.

            Les jeunes grandissent en voyant l’horizon bouchés de leur ainés. On a créé  une dixième année car les places d’apprentissages ne sont pas suffisantes. Les entreprises ne jouent plus leur rôle de formation. Elle là silence radio de nos têtes pensantes. Une entreprise est comme une personne physique qui a des droits et des devoirs envers la société. C’est facile de ramasser la matière grise qui a été formé sans rendre des comptes envers les citoyens. Non c’est plus facile de taper sur des parents qui ont de la peine à nourrir leur gosses. Il y a eu près de 8’000 dossiers de RI ouverts pour l’année 2008 à Lausanne , ça représente 100 millions de francs et 10% de la population active Lausannoise !
            Quand tu as un père chômeur ou au RI ça marque et  les enfants  ressente la souffrance des parents.

            Ils sont 2’000 jeunes agés de 18 à 25 ans dans le Canton à croupir au service social. Je te laisse imaginer ce que ça fait comme dégât sur le psychisme de la personne, l’exclusion sociale. 

            Il y’ a, je crois un lien entre la délinquance et  la violence dans les rapports sociaux. Je viens de lire dans un magazine que l’usine de Mini Cooper a viré ces employers par haut parleur leur demandant de rendre leur badge et de déguerpir illico. Cette violence dans les rapports à autrui qui se banalise et s’accentue va revenir en une violence qui elle se retrouvera dans les stats.
            Mais bon la précarité ne semble pas interessé l’université suisse. Faut qu’elle descende de son perchoir et  qu’elle se reconnecte à la réalité sociale. La précarité ça ne s’explique pas ça se ressent.

            Killias  a t-il cherché les causes de la délinquance par la montée des inégalités et de la précarité ?
            S’il la fait alors il remontera dans mon estime.

            Désolé c’est un peu brouillon tout ça mais j’ai pas le temps de bien relire

            http://www.dailymotion.com/relevance/search/l%27homme+parle/video/x86vqu_lhomme-parle-la-crise_music

          • yann_marguet
            |

            Aights!

            Je voulais juste donner un peu de publicité à ce dont on a causé de vive voix hier soir et simplement dire que non, bien évidemment, le boulot de Killias ne se limite pas à une intervention sur Swissinfo et que toutes les causes potentielles de la délinquance ont été, si ce n’est scientifiquement investiguées par lui, en tous cas traitées et illustrées par nombre de recherches dans son “Précis de criminologie”, 2e éd., chez Stämpfli, ouvrage hyper complet traitant non seulement des causes et des théories, mais également de la méthodologie de recherche en crimino. Si les gens qui demandaient des précisions sont prêts à aller jusque là…

          • Gab
            |

             …tout ça c’est très bien, mais va-t-on enfin citer notre Vénéré André Kuhn, l’incroyable Dr es-crime champion d’escrime?! Il me semble qu’au niveau esprit critique à propos des causes de la criminalité il fait quand même pas mal autorité. Et je dis pas ça parce qu’il est Docteur, Laurent! 😉

          • laurent_opoix
            |

            Gab,
            C’est vrai qu’il faut pas oublier le professeur André Khun.

            Et à l’autre bout du lac n’oublions pas le professeur Christian-Nils Robert de l’Université de Genève qui vient de prendre sa retraite. En droit civil,  je tiens à citer   le professeur de droit civil de l’Uni de Genève, Martin Stettler.

          • Gab
            |

             …Ta culture criminologique est épatante!
            J’avais adoré le cours d’André Kuhn, comme j’imagine tous ceux qui ont eu la chance de suivre un enseignement aussi critique et intelligent. Mais ce que j’ai préféré, c’est son morceau de cor des alpes dans l’auditoire, le dernier jours avant la session d’examens. Un moment que je n’oublierais jamais!
            (Et big up à sa cravate en bois)

          • Anonyme
            |

            Yann,

            Bien sûr que les interventions de Monsieur Killias ne s’arrêtent pas à Swissinfo.

            Apparemment, je ne suis pas le seul à trouver ses interventions sur les causes de la violence chez les jeunes déconcertantes. J’ai eu la bonne surprise de découvrir hier un article du Matin Bleu du 25 mars 2009 avec le titre suivant :
            Les bus nocturnes rendraient les jeunes plus violents !

            L’article commence par une phrase ironique du journaliste.

            “Pour mettre un frein à la criminalité des ados(…)le prof Killias a une solution toute simple, il faut limiter les possibilités de se déplacer la nuit en transports publics. Et à la maison à minuit comme au bon vieux temps!”.
            Le journaliste cite ensuite M. Olivier Guéniat “Les transports nocturnes sont un vecteur de la violence juvénile(…)mais ce n’est pas la variable essentielle.”

            Merci au journaliste, ça me rassure de savoir que je ne suis pas le seul à avoir du bon sens. On devrait  délivrer des diplômes de bon sens.

          • laurent_opoix
            |

            Le commentaire du dessus est de moi

          • fleks
            |

            http://www.lematin.ch/actu/suisse/coup-fil-martin-killias-101990

            il s’explique un peu. Il me semble que le journaliste du premier article ait pris quelques libertés… à moins que papa Killias ait simplement déconné face au premier 😉

          • yann_marguet
            |

            Ô toi, autoproclamé maître du bon sens, j’ai dit ce que j’avais à dire, donc si tu veux le dernier mot, je te l’offre. Essaie quand même de gagner en perspective avec les références que je t’ai mises, même si ça prendra plus de temps à lire que tes sources ;-) Et si tu lis encore une interview de Killias dans Coop Pronto Magazine ou dans le Télé Top, feel free de rebondir…

          • laurent_opoix
            |

            Erratum : Je voulais dire que la violence il y a 25 ans était plus élevés aux USA.

          • laurent_opoix
            |

            Aie les fautes d’ortographe que je ne fais pas.

          • michael_depasquale
            |

            Heu Laurent, pour info, la Suisse enseigne la philo au Lycée (= Gymnase dans le Canton de Vaud), nous sommes donc, nous les Suisses derrières nos barricades de montagnes, tout à fait armés et initiés - à l’instar des autres pays du monde – à l’exercice de l’esprit critique… Trois ans de philo kantienne, Spinoza, Descartes et autres criminels de l’intellectualité (si je puis me permettre l’expression), marquent un Homme.
            Est-ce vraiment là la question qui vous entre-déchire, entre partisans du killianisme ou du guénaïsme, ou plus simplement une excuse qui mine les arguments de ceux qui sont simplement, comme beaucoup d’autres et à raison, les pourfendeurs de la bêtise graphiste du plus gros parti agrarien de Suisse (qui lui, c’est une évidence, manque cruellement de philosophie)? 
            Dommage que d’un simple article sur la blochérite aigüe (très bon par ailleurs), nous en arrivions à dépasser la quarantaine de commentaires pas franchement indispensables dans l’avancée du schmilblik…

          • laurent_opoix
            |

            A l’instar des autres pays du monde… et bien non dans certains pays la philosophie n’est pas enseignée. Tu as passé trois ans à étudier la philosophie au gymnase !?
            Je suis étonné
            Peux-tu m’expliquer pourquoi, j’ai une maturité sans avoir fait un seul cours de philosophie ni d’examen de philosophie ?
            C’est peut être une option spécifique que tu as choisie ?

            Si c’est le cas et bien on ne peut pas affirmer que la philosophie est enseignée (à tous les élèves) au gymnase.
            Si quelqu’un a la réponse..

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