L’écologie d’abord, l’économie ensuite !

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A quelques heures de la clôture du sommet de Copenhague, la bataille n’est pas encore gagnée. Les négociations opposent des positions et surtout des intérêts trop divergents. Comment arriver à un accord entre des pays qui ont vécu un développement économique avec un tel décalage ?

 La Chine et les USA sont les deux pays les plus représentatifs des divergences présentes à Copenhague. Les deux plus gros émetteurs de CO2 ont en effet de bonnes raisons de préserver leur progression économique. La Chine d’une part en nouvelle puissance émergente doit assurer sa pérennité, et les USA d’autre part doivent se relever d’une crise qui n’est pas encore terminée.

 

Distinguer dans les déclarations de la délégation chinoise un refus de s’impliquer dans les accords internationaux quant au climat serait une erreur. En effet, la Chine a une tradition d’économie étatisée de plusieurs siècles et n’a certainement aucune leçon à recevoir à ce niveau. Par contre, la notion de responsabilité historique lui paraît essentielle dans l’appréhension des débats. Sous quel prétexte ferait-on tabula rasa du gaz carbonique émis pendant des décennies par les pays industrialisés et imposerait-on aux pays émergents des réductions d’émission dans les mêmes proportions alors qu’ils vivent leur progression économique depuis peu ? La Chine souhaiterait une distinction entre le court terme et le long terme. Bien plus que ça, elle demande une limitation à court terme et non une réduction pour lui permettre d’assurer sa progression industrielle. Evidemment à long terme, une réduction sera nécessaire pour ne pas couper la branche sur laquelle elle est assise.

Malgré la crise toute proche, on peut souligner les efforts des USA pour la question du réchauffement climatique. Cependant une question reste ouverte : les USA ont-ils pris des décisions de réductions de CO2 pour l’environnement, ou pour encourager les autres nations à faire de même et ainsi garder une place de leader économique ? En agissant ainsi, les Etats-Unis instaurent des moyens de pressions et peuvent demander des engagements similaires aux autres nations. 

Il semble qu’à l’heure actuelle, les motivations de chacun ne sont pas primordiales. Dans l’urgence où nous nous trouvons, la seule question qui importe est l’instauration d’une réglementation et ce, sans demander une approbation totale de chaque partie. Promouvoir l’intérêt de la Planète en tenant compte des intérêts de chacun relève de l’utopie. Résoudre la question du réchauffement sans léser personne est impossible. La problématique est la même, à plus grande échelle, que celle de l’Etat et son rôle régulateur sur les individus. A Copenhague, la conférence doit aboutir à des réglementations concrètes dans les plus brefs délais.

Il semble peu probable que d’ici vendredi, les 193 pays présents puissent se mettre d’accord. Le protocole de Kyoto prend fin en 2012 et il reste encore trois ans pour fixer de nouveaux objectifs. Les rejets de dioxyde de carbone, quant à eux, continuent d’augmenter et s’en fichent de Kyoto ou Copenhague.   

 

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Manuela Bruchez

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