Kill your Idols : des soirées qui tuent !

A l’occasion de la soirée du 11.11.11, je suis allée poser quelques questions à la présidente des Filles Affranchies, l’association qui se cache derrière une des soirées lausannoises les plus courues.

J’aime croire que je suis quelqu’un d’ouvert ayant les idées larges. Mais, je dois avouer que j’avais pas mal de préjugés sur l’Association queer (1) des Filles Affranchies. J’avais entendu des rumeurs de gens plus ou moins proches que cette association n’acceptait que les filles d’une part et que ces dernières étaient des féministes agressives frôlant de près la misandrie la plus primaire. C’était dire combien j’étais pétrie des préjugés les plus basiques !

Après ma première Kill, j’ai commencé à douter des choses que j’avais entendues. Pour ceux qui ne connaissent pas les Kill your Idols, ce sont des soirées qui ont lieu dans la salle du Romandie. Toutes sortes de musiques, toutes sortes de gens y passent et beaucoup de bonne humeur y reste ! Alors, prise d’un doute concernant mes petites opinions toutes faites basées sur du vent, je suis allée à la rencontre de Pauline, Présidente de l’association depuis sa création en 2005. « On est plutôt dans un esprit de provocation, d’effronterie sans aucune violence. Je nous considère plutôt comme des néo-féministes. » répond-elle lorsque je lui fais part de mes préjugés. Lorsque je lui demande ce que sont les néo-féministes, elle m’explique que ce sont des femmes qui défendent leur cause sans pour autant stigmatiser les hommes.

Pauline est l’antithèse de ce que je pensais, elle a commencé cette association non pas pour prôner un féminisme agressif, mais pour combler un vide qu’elle ressentait. Contrairement à beaucoup d’associations queer qui parlent des grandes causes homosexuelles comme le combat contre l’homophobie, les Filles Affranchies sont là pour clamer combien c’est le pied d’être queer ! Et justement, c’est une association queer : Elle concerne les filles qui aiment les filles certes, mais aussi toute personne dont la sexualité n’est pas figée. « Je ne vois pas mon association comme étant rigide, au contraire ce ne sont jamais les mêmes gens qui m’aident et j’aime que ce soit mouvant. » Malgré le fait que des amis l’aident ponctuellement, les Filles Affranchies c’est Pauline et elle est fière de son bébé ! Cette mentalité d’ouverture explique peut-être que dès le début en 2005, leur site créé grâce à MC graphiste, rencontre un succès énorme. Elles organisent des événements culturels que ce soit des sorties, de simples rencontres dans un café ou les fameuses Kill Your Idols. Mais aussi les En Voiture Simone, au Bourg, qui mettent en avant le côté féministe de l’association. Des femmes parlent des causes féministes et parfois des actrices romandes animent la soirée. Malheureusement, Pauline s’est vue obligée d’arrêter ces dernières par manque de moyens financiers. « Chaque fois que j’arrête un événement, j’ai l’impression de “reprendre” quelque chose que j’ai offert, et j’ai peur que l’événement manque au gens. »

Parfois, la disparition de quelque chose permet la naissance d’une autre. J’ai eu le plaisir de rencontrer Irena, Camille et Amandine, trois étudiantes en lettres qui lancent la nouvelle branche des Filles Affranchies s’adressant aux étudiantes : QUNIL (ça vous en bouche un gouin). Là aussi, c’est le sentiment qu’une part des étudiants queer n’a pas de lieu de représentation et d’expression. Elles veulent créer un groupe qui valorise l’identité queer, et prouve à tous qu’être homo n’est pas un drame, bien au contraire. Ces trois jeunes femmes ont envie d’avoir une plateforme afin de faire des sorties culturelles et rencontrer des filles ! « Je crois que les besoins de la communauté queer évoluent et la nouvelle génération prend la suite. » La présidente des Filles Affranchies semble fière de ces trois jeunes femmes pleines de projets et de motivation. Le programme de QUNIL peut être consulté sur le site des Filles Affranchies à partir du 16 novembre 2011.

Mais permettez-moi de revenir aux soirées Kill your Idols. La soirée coûte une douzaine de francs, ce qui est franchement donné pour une ville comme Lausanne et les boissons coûtent le même prix que dans un bar – une rareté qui se doit d’être mentionnée ! Pauline m’explique que tout bénéfice est utilisé pour l’organisation de la Kill suivante. La Kill du 11.11.11 était sur tous les numéros 11 des charts des années 1961 à 2011. Sur grand écran derrière les platines, tenues par Pauline in person et Trân, des vidéos YouTube illustrent les chansons qui passent, pendant que, dans une petite fenêtre, la date du morceau est mentionnée, et dans une autre des commentaires défilent. On passe des New Kids on the Block Step by Step (ceux qui avaient un poster d’eux dans leur chambre lèvent la main – beaucoup de mains masculines se lèvent !!) au Believer de Goldfrapp. On pourrait parler de voyage temporel à ce niveau !

Je vais finir ce petit article en disant que je crois avoir appris quelque chose sur les préjugés et les rumeurs ; ils sont tous deux inutiles comme les bruits de couloir au collège. Je suis heureuse de rencontrer des gens assez ouverts pour m’aider à sortir de mon ignorance ! Et si vous ne connaissez pas les soirées Kill your Idols, je vous les recommande vivement. Ce sont des soirées purement lausannoises où il fait bon danser. Et franchement c’est une excellente façon de partager son amour de cette belle ville qu’est Lausanne.

 

 

(1) Une toute petite note pour ceux qui ne seraient pas familiers avec le terme queer et pour ceux qui le connaissent déjà, qui sait, vous pourriez apprendre quelque chose de nouveau ! Queer vient de l’anglais qui veut dire “échappant aux attentes ou à la norme” (c’est une traduction de mon cru alors désolée pour l’opacité !). A la base c’est un terme insultant que les différentes communautés à la sexualité non-rigide se sont approprié, afin de faire disparaître les frontières qui existaient entre homosexuels, transsexuels, bisexuels, hétérosexuels et tout ce qui finit par sexuel. Sous le drapeau queer, ce qui est défendu est le droit à ne pas être enfermé dans sa sexualité. Enfin, cette dernière opinion m’est personnelle. Je me demande ce que veut dire queer, pour vous ?

2 réponses

  1. Hugon
    | Répondre

    bonjour, je viens de lire 1 chouette article sur vous parut dans la lausanne-cité
    enfin des nouvelles de la ville autrement
    amicalement M-P

    • Catarina
      | Répondre

      Hello !
      Merci pour ton feedback ! On aime savoir ce que vous pensez de notre travail c’est toujours super motivant !
      A bientôt pour vivre Lausanne autrement !

      Catarina

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