La KILL est morte ! C’est quoi les Nuits Affranchies ?

Les incontournables soirées LGBT de Lausanne, au Romandie, KILL YOUR IDOLS se sont terminées. Mais les Filles Affranchies n'ont pas dit leur dernier mot, ni le Romandie. Retour sur les 10 dernières années et avant-goût de la suite du programme.

Je n’en revenais pas, la dernière des dernières KILL était annoncée ! D’un côté ou de l’autre du bar, staff au Romandie (Club de Rock Lausannois) ou simple buveuse de kir, toutes les KILL auxquelles j’ai participé se mélangent un peu dans mes souvenirs et évoquent des rires et de la danse. Aux KILL, on pouvait être soi-même, parfois maquillée et reine du dancefloor, parfois avec uniquement du rouge-à-lèvres très rouge et des baskets, tout ça n’importait pas vraiment. Les KILL c’était fun et c’était tout.

L’affiche de la toute première Kill de 2006 ! © Le Romandie Rock Club
L’affiche de la toute première Kill de 2006 ! © Le Romandie Rock Club

10 ans de bonheur, 50 parties et 20’000 fêtards

Les Filles Affranchies est un groupe né en 2004 avec la volonté d’offrir à la communauté lesbienne lausannoise une plateforme d’échange et de rencontre sous des auspices culturels. En 2006, le groupe, mené par Pauline Martinet, ont souhaité organiser des soirées non-mixte pour les filles qui aiment les filles. L’objectif était de créer un espace protégé du regard des hommes. Le public intéressé à ce type de soirée était restreint. C’est pourquoi leur concept a évolué pour devenir les KILL YOUR IDOLS, des soirées différentes, plus alternatives, tout en étant plus ouvertes, adressées au public gay. Les Filles ont choisi le Romandie, club contestataire tout en étant soutenu par les institutions publiques.
Sans heurt à déplorer en 10 ans d’existence, le public homo-hétéro s’est mélangé en toute simplicité, les DJ ont défilé et le rendez-vous est devenu un des événements les plus courus de Lausanne.
De la musique rock, de nombreux DJs gays (ou gay friendly) et des concerts lives d’artistes « queer », ces soirées peuvent se vanter d’avoir offert un lieu de rencontre et de visibilité à la communauté homosexuelle et un espace qui permit à de nombreux jeunes d’exprimer leur identité autrement, en s’affranchissant des clichés et des stéréotypes.

Pour comprendre pourquoi le Romandie, a décidé de mettre fin à la programmation des KILL, j’ai interrogé Sophie, co-programmatrice :
@Sophie, p
ourquoi avez-vous décidé de ne plus programmer de KILL YOUR IDOLS ?
Le concept ne s’était de loin pas essoufflé, mais arrivés à la 50e édition, ça nous paraissait une bonne occasion pour tirer le rideau sur cette collaboration avec panache. Après dix ans, Pauline avait envie de passer à quelque chose qui se rapproche plus de ses intérêts actuels et pour nous, ça n’avait pas de sens de continuer le concept avec quelqu’un d’autre. 

@Sophie, est-ce que l’intérêt du public avait diminué ?
Comme la fréquentation du weekend l’a prouvé, le concept avait encore de belles soirées devant lui, mais nous avons préféré nous arrêter sur un jubilé symbolique. Que les amateurs du genre se rassurent, ce n’est pas la fin des soirées queer au Romandie pour autant, puisque deux collectifs animeront dorénavant nos soirées LGBT, les Der Die Das et les QULT. Quant aux fans de Pauline, ils seront ravis d’apprendre qu’elle continuera à collaborer avec nous, dans le cadre des Nuits Affranchies. 

Jeanne Added
Jeanne Added © Le Romandie Rock Club | Sophie Delalay

Les Nuits Affranchies
Même si, je l’avoue, avec les années qui ont passé, je suis un peu moins au romi (alias Le Romandie) qu’avant, même si je ne faisais plus systématiquement toutes les KILL, cela m’ennuie terriblement que cela soit terminé.
Pour apaiser ma tristesse, un nouveau concept voit le jour – ou la nuit puisqu’on parle du romi: Les Nuits Affranchies, un concept plus axé sur l’artistique, mais toujours queer et avant-gardiste, en collaboration avec le Romandie. Deux soirées ont déjà été organisées. Le 31 mars avec le concert de Georgia, prodigieuse batteuse anglaise, et Ella Soto, jeune et talentueuse chanteuse R’n’B de Lausanne. Dimanche 17 avril, c’était Jeanne Added, une des révélations françaises de l’année 2015, qui navigue entre rock, pop, cold wave et electro. Très rapidement sold out, le concert était prodigieux. 

Pour en savoir plus au sujet des soirées LGBT évoquées par Sophie et avoir des indices sur ce que nous réserve la rentrée, j’ai interrogé Mathias, responsable communication au Romandie.

@Mathias, est-ce que le Romandie, avec les collectifs Der Die Das et les QULT prévoit d’organiser des party ou la programmation prendra-t-elle un virage plus artistique?
Les soirées prévues par les collectifs Der Die DAs et QULT auront pour vocation de prendre le relais de la KILL. Il s’agira donc d’événements majoritairement festifs. Mais qui dit festif ne dit pas forcément « sans contenu » ! À l’heure actuelle, les concepts sont encore en phase de « peaufinage », mais ce qui est sûr c’est que ça va envoyer du lourd ! Pour le « virage artistique », c’est Pauline Martinet et Les Nuits Affranchies qui prendra le flambeau : il y en aura donc pour tout le monde… 🙂

Au cours de la discussion avec Mathias, je réalise qu’il est partagé entre un sentiment de tristesse et de réjouissance, puisqu’il ajoute : Nous sommes un peu tristes de tourner la page des KILL, mais super excités à l’idée de lancer ces nouveaux concepts, de travailler avec de nouvelles personnes et de continuer à bosser avec Pauline sur Les Nuits Affranchies.
Il termine en remerciant les milliers de fêtard(e)s qui ont répondu présent(e)s pendant ces 10 ans de KILL ! 
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Finalement, je me réjouis de la rentrée pour découvrir ce programme, et en attendant, les Filles nous ont réservé un petit agenda de l’été, que vous retrouverez ici.


Image de couverture: Jeanne Added © Le Romandie Rock Club | Sophie Delalay

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