Jour J pour les élections présidentielles algériennes

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Le 9 avril 2009, les six candidats à l’élection présidentielle algérienne seront départagés par plus de 20 millions d’électeurs. 900 000 d’entre eux sont établis à l’étranger dont moi. En Suisse, six bureaux de vote sont mis sur pied à Genève, Berne, Lausanne, Bâle, Zürich et Neuchâtel. Ils sont ouverts sans interruption de 8h à 19h du 4 au 9 avril.

Dimanche dernier, j’ai été surprise de recevoir un SMS du Consulat d’Algérie me rappelant mon « devoir national »: aller voter. C’est la première fois que j’en reçois un! En consultant le web, j’ai été frappée par la mobilisation des autorités en Algérie, notamment à travers ses représentations diplomatiques, pour sensibiliser la population sur l’importance de se rendre aux urnes en « masse ». Une rencontre a d’ailleurs été organisée dans cette optique à Berne le 28 février dernier. Ce n’est pas nouveau comme message, mais il est martelé avec bien plus d’insistance  que de coutume. Est-ce lié aux 20% de taux de participation enregistrés lors des élections législatives du 17 mai 2007? Une sacrée gifle pour n’importe quel Etat. Il est clair qu’il serait humiliant et nullement crédible de se faire élire à la tête d’une nation avec un tel score. Pour l’heure, on met en relief « la forte mobilisation et l’afflux important » des ressortissants jeunes et de la gent féminine, notamment en France, en Hollande, en Belgique et en Syrie. Qu’en sera-t-il en Algérie?

J’avais 18 ans en 1995, année de campagne présidentielle qui a connu pour la première fois l’engagement de plusieurs candidats. J’étais en première année à l’Institut des Sciences de l’Information et de la communication d’Alger (ISIC). A l’instar de mes camarades de promotion, j’ai suivi avec beaucoup d’attention le déroulement de cette campagne sur le plan marketing politique. Le suspense n’ayant pas de place en Algérie, la surprise est venue du gagnant, Liamine Zeroual. La victoire lui a donné un visage à l’aspect « humain », lui, l’ancien ministre de la défense à l’air austère.

Le topo était différent en 1999. Malgré l’engagement d’onze candidats, une atmosphère électrique régnait au pays et surtout à Alger. Il n’est évident pour personne de vivre un tel événement en ayant l’impression d’être dans une cage fabriquée de toute pièce par la peur omniprésente d’attentats. Cette crainte a toujours existé mais elle a été cette fois-ci accentuée par la peur de lendemains incertains. Le résultat donnait le sentiment d’être un coup de bluff : Aït Ahmed se retire en début de course, son cœur ayant failli lâcher durant la campagne, le reste des candidats lui emboîte le pas, la veille du scrutin cette fois-ci, et Bouteflika, le seul restant en lice, l’emporte. La campagne de 2004, honnêtement, je ne l’ai pas suivie, contrairement à celle de cette année qui m’a l’air d’être plus « épicée ». Sans doute à cause des appels incessants à aller voter en masse.

Et pourtant, je ne cessais d’entendre et j’entends encore aujourd’hui  les mêmes commentaires : « les dés sont pipés d’avance. On sait qui l’emportera, alors à quoi bon aller voter? » Et les analyses de Monsieur et Madame tout le monde affluent sur les résultats du programme économique mené ces dernières années en Algérie, sur le chômage, le logement… En somme, c’est la même rengaine à chaque fois. Rares sont ceux qui se penchent de plus près sur le programme des candidats qui font des promesses comme c’est le cas dans toute campagne électorale à travers le monde.

Est-il idiot de dire qu’il est inutile d’émettre des pronostics sur le taux de participation ou sur le nom du candidat qui arrivera en seconde position? Quoi qu’il en soit, tout scrutin, aussi banal soit-il, peut réserver bien des surprises.

Kahina

Kahina Messiaux

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