J&L Defer : « On aime la musique libre qui n’a pas peur d’expérimenter. »

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Vendredi 23 septembre, au Bourg, on a exploré en live le paysage sonore du premier album, « No Map », de J&L Defer. Interview.

No Map (à écouter ici), sorti le 2 septembre passé, est le premier album de J&L Defer. Derrière ce nom se trouvent Anita Rufer et Gabriel de Mario, noyau dur de Disco Doom, groupe majeur de la scène rock noise helvétique depuis les années 1990. Dix morceaux sont réunis sur l’album, qui composent un paysage disparate où murmurent frémissements électroniques, guitares qui résonnent et leurs voix, comme deux instruments venus d’ailleurs. L’ensemble a une poésie étrange, un certain mystère, une mélancolie, un peu d’effroi… Le charme des choses qu’on ne comprend pas tout à fait.

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Comment est né J&L Defer ?

Gabriel : On a commencé ce projet, car on avait trop de temps (rires). Cela fait sept ans que l’on joue à droite à gauche en duo. A deux, on peut jouer n’importe où, simplement. On a juste besoin d’électricité. On joue souvent à Zurich par exemple, mais on est déjà venus deux fois au Bourg ou à la Datcha, même aux USA.

Anita : On fait beaucoup d’improvisations durant des sets et des jam session. Après sept ans, c’est bien d’en avoir fait quelque chose de concret comme l’album.

Gabriel : On a essayé d’extraire de nos improvisations des chansons pop bizarres.

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                                                                                           D’où vient le nom J&L Defer ?

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Anita Rufer et Gabriel de Mario.

Anita : Le nom est ouvert à l’interprétation. C’est un jeu ! Cela peut être « John & Lenon », « Jesus & Lézard », etc. Defer c’est comme un nom de famille qui contient le « de » de Gabriel de Mario et le « fer » de Rufer.  

 

Jouer en duo, cela vous a permis de vous affranchir de l’univers de Disco Doom ?

Gabriel : Oui. Tout est possible quand on fait les chansons pour nous. On voulait tout utiliser, ne pas être effrayé de toucher des instruments exotiques ou des rythmiques africaines par exemple. « Free Your Mind… And Your Ass Will Follow », (rires) ce n’est pas de moi, mais de George Clinton.

 

Vous vous situez dans quel style ?

Gabriel : Disco Doom a changé avec le temps. On a commencé avec du rock indé. On a essayé de mettre au loin les grandes influences. Pourtant, personnellement, on n’écoute pas beaucoup de rock indé.  

Anita : Plutôt du vieil électronique.

Gabriel : On aime la musique libre qui n’a pas peur d’expérimenter. Tout ce qui a une identité. C’est pas un son particulier, mais plus un ensemble de plusieurs choses différentes.

Anita : On essaie plutôt de créer des atmosphères.

Gabriel : J’aime les musiques de films, par exemple John Carpenter.

 

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J&L Defer lors de leur concert au Bourg vendredi dernier.

On sent que vous interrogez différentes sonorités sur votre album (Horror, River), c’est quoi votre rapport au son, justement ? Comment vous construisez vos expériences musicales ?

Anita : On enregistre et on écoute. On fait des paquets de sons complets, on ne va pas aller chercher telle ligne de basse chez une personne ou tel rythme chez une autre. On expérimente. Ce n’est pas un ensemble lisse, mais c’est la manière dont on aime écouter de la musique.

Gabriel : J’aime les albums avec différentes ambiances. « Oh, ça vient de cet album ça ? Et ça aussi ? » Des albums éclectiques qui ouvrent des univers. On a trié les chansons pour No Map. C’est mieux d’avoir de la musique qui challenge la personne qui écoute. Qu’il y ait des surprises. Ce n’est pas forcément facile.

Anita : Une musique qui interpelle. Qui force à s’arrêter. Qui est exigeante dans l’écoute. Même si nous on est habitué à nos propres sons.  

Gabriel : On a voulu cet album très noise pop, on garde des morceaux qui utilisent plus de synthétiseurs pour un album futur.

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Ce n’est pas la première fois que vous venez à Lausanne. Qu’est-ce que vous aimez ici ?

Gabriel : J’aime l’architecture, ici. Zurich, c’est protestant et très austère. Ici c’est des protestants, d’accord, mais plus fun (rires).

Anita : Il y a des balcons.

Gabriel : La Suisse alémanique est ennuyeuse. Lausanne ressemble à Seattle et San Francisco. C’est peut-être la première ville où l’on a joué après Zurich.

Anita : On y revient. Les gens sont gentils. Il y a plein de restaurants différents.


Interview traduite de l’anglais. Merci à Arnaud Thévenet pour son aide précieuse.

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