« Je voulais un univers froid et glauque. »

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Derrière ces mots évocateurs, des images: celles d' "Airplane Friendship". Petite histoire d'un clip aux élans cinématographiques, tout droit sorti de l'imagination d'un réalisateur lausannois.

Entre pop et électro mélancolique, les sonorités mystérieuses et envoûtantes du dernier titre de Buvette ne demandaient qu’à être mises en images. Ca tombe bien, des idées, Simon Wannaz en a à revendre. Le premier, de son vrai nom Cédric Streuli, se trouve être l’ancien batteur valaisan du groupe The Mondrians, actuellement musicien prometteur en Suisse comme à l’étranger. Le second, lui aussi travailleur sans frontières, est un réalisateur lausannois prolifique. Le mélange de ces deux mondes a récemment abouti à l’intriguant clip “Airplane Friendship”, dont le vernissage a eu lieu le 17 janvier dernier. En ligne depuis quelques semaines, il ne passe pas inaperçu! Rencontre avec son créateur.


SimonWannaz2Simon Wannaz, qui es-tu? 

Je suis un enfant sauvage, élevé par des loutres. Me considérant comme l’une d’elles, au fil des années j’ai pu découvrir les merveilles de la nature. Bien qu’incapables de vivre dans un environnement urbain, elles avaient un instinct naturel pour aftereffect [logiciel d’animation et d’effets spéciaux, NDlR] et la peinture romantique. C’est donc comme cela que j’ai commencé à faire de petits films d’animation en lego vers l’âge de 11 ans. J’ai ensuite entamé un cursus scolaire dans diverses écoles d’art où j’ai pu comprendre que je n’en faisais pas vraiment. Après cette période studieuse, j’ai fait la rencontre de deux Mexicains à la descente facile et depuis je n’ai pas dessaoulé.

Le clip “Airplane Friendship” du musicien Buvette est sorti il y a peu, et tu en es le réalisateur. Est-ce que tu peux m’en dire plus sur ce projet? 

Buvette, Cédric Streuli de son nom, habite actuellement au Mexique. Il est donc peu souvent en Suisse. En septembre passé, il était de retour à Vevey pour quelques semaines. J’ai été le voir avec un script, pour un projet que j’avais envie de faire avec lui. Ça faisait longtemps que l’on voulait faire un clip ensemble ! Je lui ai proposé mon idée qu’il a tout de suite aimée. Il m’a fait écouter une nouvelle chanson qu’il venait d’enregistrer, et qui collait parfaitement avec l’univers du clip : Airplane Friendship. Le projet était lancé, il est reparti au Mexique et j’ai commencé la production du clip.

Ce n’est pas seulement un clip, mais un court-métrage à part entière. Comment est-ce que tu l’as conçu à la base?

Les personnages du film sont des idées que j’avais envie de réaliser depuis quelques années. J’ai donc construit le film sur un groupe de personnes aux talents extraordinaires, une bande de freaks. Je voulais un univers froid et glauque, des paysages désertiques où ils pourraient se perdre, et en Suisse on n’est pas à court de montagnes, de routes sinueuses et de forêts.

clip1J’avais besoin d’un véhicule et cela faisait quelques années que je voyais mon voisin dans sa magnifique Penhard, j’avais toujours voulu utiliser cette voiture donc c’était l’occasion rêvée. La voiture étant typée 60’s, cela donnait le ton et l’époque du film. Les costumes, coiffures et maquillages devaient donc être dans le style de l’époque. J’ai ensuite commencé à monter une équipe pour le film. Sur ces projets, je demande souvent l’aide de mes potes, Mathias Forbach, Karim Bassegoda et ma copine Laura Morales.

Pour l’image du film, je voulais quelque chose de sobre, simple et graphique. J’ai fait appel à Alexandre Favre un ami et collègue d’école. J’aime beaucoup ses travaux photo et vidéo. Son esthétique collait à ce que je cherchais pour le clip. Ca a été une super collaboration.

Pour les costumes, j’ai fait appel à Hélène Galiardi, une amie qui fait la HEAD de Gèneve en Design Mode. Super motivée par le projet, elle m’a fait plusieurs propositions de costumes pour chacun.  On a passé une petite journée dans les friperies pour trouver les habits qu’il fallait, elle les a retravaillés, puis on a fait un essayage sur les acteurs une semaine avant le tournage.

Pour le maquillage et la coiffure, j’ai pu compter sur Alison Siegenthaler et Romaric Colombini que j’ai rencontrés le matin du tournage. Ils ont fait un travail magnifique.

Sans tous ces gens, le projet ne serait pas ce qu’il est et je les remercie tous pour leur travail.

Il y a une atmosphère très particulière, et beaucoup de scènes en plein air. Quand on sait qu’il a été tourné dans la région, on a tout de suite envie d’en savoir plus sur ces lieux, et sur cette incroyable église en forme de pyramide! Quelques mots là-dessus?

pyramide
Image tirée du clip

Ah je ne veux pas trop en révéler mais après plusieurs weekends de repérages, on a découvert le col du Marchairuz, où la majeure partie des scènes extérieures ont été tournées. C’est un magnifique endroit, et je me réjouis d’y remonter pour me faire une fondue !

La pyramide, quant à elle, se trouve dans la région du Lavaux mais je ne veux pas dire où. C’est assez drôle de découvrir ce genre de lieux dans cette région que je pensais bien connaître.

Ca restera un mystère alors ! Et finalement, comment devient-on réalisateur à Lausanne? Est-ce que tu as assez d’opportunités pour vivre de tes images?

J’ai toujours voulu faire des films et de la vidéo, depuis gamin. L’école m’intéressait peu à cette époque, je suis donc parti le plus vite possible pour des écoles qui pouvaient me permettre de faire de la vidéo : l’eracom de Lausanne en Graphiste et l’émaf (eikon) de Fribourg en Multimedia. Mais c’est surtout en faisant des projets que l’on apprend. J’ai énormément appris des courts-métrages et des vidéos que je faisais avec les copains le weekend après l’école. Maintenant, je travaille comme freelance pour plusieurs boîtes de la région et de plus en plus pour des boîtes aux US. Assez d’opportunités, oui, mais plus en designer/ Direction Artistique, et maintenant de plus en plus en réalisation.

Quels sont tes autres projets?

SimonWannazPas de nouveaux projets pour l’instant. Des envies mais rien de concret. J’ai maintenant plus de temps pour acquérir le Visa US, car j’aimerais m’installer à New York. Et peut-être qu’en mai je partirai en Asie pour réaliser une série de mini-documentaires, dans lesquels je vais suivre plusieurs artistes de musique électro suisses en tournée.

Quelque chose à ajouter?

Patate ! Et encore merci à tous les gens qui m’ont aidé à faire ce clip ! XOXO poke Love

Crédit photo: Laura Morales

2 Responses

  1. Luisa
    | Répondre

    j’avais loupé cet interview. Cool d’en savoir plus sur ce clip.

    ps: attention les fautes d’orthographe, ça le fait quand même moyen 😛

  2. NomNomBurgerZ
    | Répondre

    Je suis fan du clip !
    Pour ceux qui cherchent la pyramide :
    http://goo.gl/maps/NimZT

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