« MÊME SI JE MOUILLE, NON, C’EST NON »

On sait les lausannois poètes à leurs heures, et, comme dans toutes les grandes villes, ils aiment à faire profiter les passants de leurs inspirations lyriques. Impressionné par tant de talent, j'ai décidé de me lancer dans un premier essai de ce qui deviendra peut-être une série dissertations littéraires sur quelques unes des œuvres majeures repérées à travers la ville.

C’est à l’occasion d’une promenade à travers le charmant petit bois de la Borde, tout près du dépôt des bus tl, que j’ai repéré une étrange inscription sur un banc public, il y a quelques mois déjà. Intrigué et amusé par cette petite phrase, je suis allé la prendre en photo l’autre jour afin d’immortaliser cette citation pour la postérité. Il était temps, elle commence à s’effacer et ne survivra vraisemblablement pas à toutes les pluies automnales et hivernales.

Un banc public tout près du dépôt tl de la Borde
Un banc public tout près du dépôt tl de la Borde.

Quelles étaient les motivations de l’auteur(e), quel message a-t-il souhaité transmettre ? Comme tout chef d’œuvre, cette création comporte sa part de mystère impossible à pénétrer, sans mauvais jeux de mots. Et l’érudit prendra éternellement plaisir à se la remémorer, et à laisser mûrir ses réflexions pour tenter de mieux saisir toute la portée de ce morceau unique.

Mouiller et ne pas vouloir, est-ce possible ?

Afin d’arriver à une opinion mieux étayée, un point me paraît important à être précisé : la phrase que nous analysons ne consiste pas à un non-sens. Comme me l’a indiqué Mathilde, experte attitrée en sexualité au Lausanne Bondy Blog (tous ses articles ici), une femme peut effectivement mouiller même si elle ne veut pas. Car non seulement peut-on être excité sexuellement et ne pas vouloir pour autant aller jusqu’au bout. Mais certaines études (voir lien au bas de l’article) tendent à montrer que chez les femmes ça va plus loin : pour elles, la libération d’un liquide destiné à rendre l’accouplement plus aisé semble pouvoir se déclencher automatiquement en situation de proximité corporelle, même lors d’agressions sexuelles et quand elles souhaiteraient réellement prendre leurs jambes à leur cou.

En bref, ces dames ne nous mènent pas en bateau même si elle nous donnent parfois faussement l’impression qu’on va enfin pouvoir mouiller l’ancre !

Hypothèses de lecture

Cela étant précisé, il me semble que nous pouvons poursuivre notre analyse de texte et se risquer à l’énumération d’une série d’hypothèse explicatives. J’en vois principalement trois.

Possibilité n°1 : L’œuvre d’un petit farceur. Cette interprétation est renforcée par la présence de l’expression située juste en dessous sur le même banc, rédigée en vert (et non pas en vers) : « OUI VAS-Y OUI-OUI »… Quelqu’un l’a tracée… On tient peut-être là un échange hautement philosophique entre deux jeunes lettrés bien de chez nous.

Possibilité n°2 : L’œuvre d’une féministe engagée, qui souhaite envoyer comme un avertissement à nous autres les messieurs : Nous ne devons en aucun cas employer la brutalité pour arriver à nos fins, et tout refus oral est à prendre au sérieux, même si madame « mouille ».

Possibilité n°3 : L’œuvre d’une victime sauvagement violée, peut-être sur ce banc même. Par exemple à l’occasion d’une séance de bécotage qui aurait mal tourné. Alors, en forme de vengeance, elle aura voulu faire savoir au public qu’un enfoiré s’est cru tout permis, encouragé qu’il était par un peu d’humidité repérée dans l’entrejambe de madame.

Personnellement, le premier scénario m’apparaît de très loin le plus probable, et je dis bravo au petit farceur. Lausanne tient possiblement son premier lauréat du prix Goncourt. Mention spéciale aussi à l’auteur de l’expression en vert, ce sera peut-être le Renaudot pour lui. Et vous, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à laisser vos commentaires sur la page facebook du blog ou au bas de cet article. Et si les auteur(e)s souhaitent s’identifier, qu’ils écrivent à info@lausannebondyblog.ch, je mènerai volontiers une petite interview qui pourrait être publiée, avec des noms d’emprunt bien-sûr.


Pour aller plus loin

Une réponse

  1. Papètche
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    Pour commencer, ce n’est pas le petit bois de la Borde mais le Bois Mermet. Merci.
    Ensuite je favorise la possibilité N°2 car le tag “Même je mouille…” est longtemps resté le seul et unique sur ce banc. De plus d’autres slogans de la même veine se retrouvent ailleurs en ville de Lausanne avec la même écriture et le même marker…
    Salutations.

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