“Il n’y a que les esprits légers pour ne pas juger sur les apparences”, disait Oscar Wilde…

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Interview d'un relookeur Lausannois.

Il y a quelques jours, deux jeunes lausannois (Blaise Dagon et Samuel Pfenninger) ont décidé de se jeter à l’eau en lançant leur propre société de relooking : Citizenlook. Etant quelque peu sceptique quant à l’idée de payer pour que l’on me dise comment m’habiller (ça ne serait pas une mauvaise idée, diront les mauvaises langues), j’ai voulu cuisiner un peu l’un des deux relookeurs en herbe.

LBB : Salut Sam. Une question basique pour commencer, pourquoi le relooking, comment tu en es arrivé à cette décision ? Pourquoi pas le jardinage ? L’élevage d’oursins ? Ou une autre activité à la mode ?

SP : Pour tout t’avouer, quand j’étais gamin, je devais me taper les fringues de mes frangins, souvent trop grandes, avec des couleurs horribles, c’était un calvaire. Je prends ma revanche sur cette époque ! Plus sérieusement, c’est au cours d’un travail sur moi-même que j’en suis venu à vouloir faire évoluer mon image, et cela passe par la façon de s’habiller. Je crois que ce qui m’as fasciné le plus était la possibilité de changer, d’évoluer, de démontrer un certain statut et d’être pris au sérieux. Et à force de passer mon temps sur des forums de relooking, de lire la presse spécialisée j’ai été pris dans le jeu. 

C’est aussi un point d’ancrage qui relie beaucoup de mes intérêts, comme le cinéma, la culture, l’esthétique. L’habillement est un médium qui fait passer un message fort au travers de l’image, des émotions, etc. Lorsque l’on pense à certaines icônes du cinema comme Marlon Brandon ou Steve McQueen, ce qui nous reste en tête c’est leur image, leur charisme, ce qu’ils dégagent. Et cela passe également par leur style. L’idée du relooking est de pouvoir travailler sur cette image, de créer quelque chose qui corresponde à la personne et la mette en valeur.

LBB : Et comment en êtes-vous arrivés à créer votre propre boîte de relooking ? Pourquoi ne pas en être resté à un passe-temps?


SP : On s’est retrouvés à discuter de relooking avec Blaise un soir alors que l’on mangeait une pizza à la Brasserie du Château. Voyant que l’on avait ce virus en commun et que l’on rêvait tous deux de partager cette passion avec plus de monde, ou carrément en vivre, on s’est dit : Pourquoi pas ? C’était une décision grisante, se lancer à l’aventure ! Et dans la foulée, j’ai eu la chance de pouvoir acquérir de l’expérience en travaillant pour une boîte de coaching parisienne qui cherchait un relookeur. Un rêve !



LBB : Mais ça sert à quoi un relooking en fait ?

SP : Cela dépend des cas, mais par exemple pour quelqu’un qui entre dans une nouvelle phase de sa vie, que ce soit suite à une rupture, un changement de travail, de lieu d’habitation ou simplement d’état d’esprit. Il n’est pas toujours facile de s’adapter à ces changements et parfois il est bon d’avoir de l’aide. 



LBB : Vous êtes des sortes de thérapeutes de l’image, c’est ça ?


SP : D’une certaine façon, ça va dans la même direction, celle d’un désir d’évoluer. C’est aussi un moyen de se faire plaisir, de se respecter soi-même et par là même de gagner le respect des autres. C’est un moyen de booster sa confiance en soi, de se mettre en valeur.

LBB : C’est l’inverse d’Actimel, ça agit de l’extérieur vers l’intérieur.


SP : Exactement ! Et plus simplement, beaucoup d’hommes détestent faire les boutiques. Un relooking permet de ne pas perdre de temps et d’argent, à essayer, voire acheter, des dizaines d’habits qui ne vous vont pas et de rentrer chez soi frustré avec un pantalon trop grand. Ce qu’il faut dire c’est que notre service n’est pas forcément destiné à des gens qui s’habillent comme Steve Urkel, ça peut simplement être pour quelqu’un qui n’a pas les connaissances ou le temps pour s’investir dans ce domaine et qui veut un coup de main. 



LBB : Tu ne penses pas qu’il y a un côté malsain à jouer sur cette tendance sociétale qui nous pousse à juger les gens uniquement sur les apparences ? La tyrannie de l’image, tu en penses quoi ?

SP : Je pense qu’il faut être lucide, on vit dans une société de l’image, ce n’est pas un scoop. Le monde est injuste, c’est comme ça. Maintenant, mon sentiment est qu’il vaut mieux accepter ce fait et l’utiliser, le contrôler. Quoi que l’on fasse, on sera jugé malgré nous sur notre apparence, c’est instinctif, c’est humain. On n’a pas le temps de parler à tout le monde pour se faire une idée d’eux, l’image est ce qu’il y a de plus accessible. Si l’on ne prend pas la peine de se positionner, de faire le choix de l’image que l’on projette, les autres le feront pour nous. Mieux vaut agir que subir. Si l’on veut absolument s’habiller avec un style hippie : très bien, mais il faut se rendre compte que cela va nous couper de nombreuses opportunités de travail, de rencontres, etc.

LBB : D’accord, mais mettons que je travaille dans une ferme bio et que la norme ici soit justement d’être habillé comme un hippie, tu fais quoi ?


SP : Notre but n’est pas de faire rentrer nos clients dans un moule pré-établi, c’est aussi de pouvoir s’adapter à leur personnalité, à leur milieu socio-professionnel actuel ou futur. On ne conseillera pas les mêmes choses à quelqu’un qui a l’habitude de sortir au Bourg ou au Mad, par exemple. 




LBB : Un souhait particulier pour le début de cette aventure, mis à part l’argent et les femmes ?

SP : Relooker Daniel Brélaz !

Pour en savoir plus sur le relooking, que vous soyez agriculteur, clubbeur ou éleveur de pingouins, une seule direction :
 www.citizenlook.com



 

 

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Yann Schrag

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