François Chéraz, directeur du Point d’Eau

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Depuis 2002, François Chéraz est actif au sein du Point d’Eau Lausanne (PEL), une institution qui reçoit les personnes démunies et leur propose de prestations dans les domaines de l’hygiène et de la santé.
François Chéraz, dans le local où les usagers peuvent laver leurs vêtements

Créée en 1998, l’association Point d’Eau Lausanne a pour but d’accueillir des personnes démunies ou défavorisées. Originairement conçu comme un centre dédié principalement à l’hygiène (il est possible de s’y doucher ou d’y laver son linge), le Point d’Eau a rapidement élargi ses prestations en proposant divers soins médicaux et paramédicaux (des médecins, infirmiers, dentistes, ostéopathes et autres podologues ont notamment rejoint l’association pour y proposer leurs services).

Aujourd’hui, le Point d’Eau délivre quelque 18’000 prestations par année à une population d’usagers qui se caractérise notamment par sa diversité ethnique. Des individus originaires d’Amérique latine, des pays du Maghreb, d’Afrique, d’Europe de l’Est ou d’Asie sont accueillis au centre dans une ambiance qui se veut respectueuse de la différence culturelle, empreinte d’un esprit de respect, d’écoute, d’empathie et d’humanité.

Directeur du Point d’Eau, François Chéraz est d’ailleurs à l’image de la multiculturalité des usagers du centre. Binational, amoureux des voyages et de la langue de Cervantès, il chérit les cultures suisse et italienne qu’il a héritées de ses parents. A ses yeux, la différence culturelle n’est pas tant un obstacle insurmontable, mais plutôt une ressource à exploiter en vue d’un enrichissement mutuel.

Evoquant le contexte helvétique des années septante, il nous rappelle que les immigrés venus en Suisse n’était pas une simple force de travail, mais également des individus porteurs de cultures authentiques. A ce propos, il évoque la célèbre citation de Max Frisch à propos de la politique d’immigration de l’époque : « Ils voulaient des bras et ils eurent des hommes ».

Dans le prolongement de cette réflexion, François Chéraz promeut, de manière générale, une politique d’intégration qui ne suppose pas une assimilation culturelle totale des immigrants au sein de la culture suisse, mais implique, dans une perspective interculturelle, une volonté d’ouverture tant du point de vue du migrant que de celui de la société helvétique.

En ce sens, et pour conclure, il se plaît à citer Amin Maalouf, qui, dans Les Identités meurtrières, nous rappelle que « c’est notre regard qui enferme souvent les autres dans leurs plus étroites appartenances, et c’est notre regard aussi qui peut les libérer ».

Point d’Eau, 26 Avenue de Morges, 1004 Lausanne

 

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